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Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe

Chapter 30: Comment olivier fut prins par les chevaliers que le roy y avoit commis.
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About This Book

The narrative presents a medieval chronicle of noble lineage and chivalric deeds, opening with the death of a queen and the birth and baptism of her son, whose presence consoles a grieving king. Courtly counselors urge the king to remarry to secure succession, leading to embassy, negotiation, and agreement with a lordly widow whose own son promises a future alliance. Scenes alternate between mourning, ceremonial rites, diplomatic exchange, and preparations for marriage, while the text frames these episodes as exempla intended to recall courage, loyalty, and virtue and to rouse noble hearts to emulate ancestral conduct.

Comment olivier fut prins par les chevaliers que le roy y avoit commis.

Le roy et les dames s’en retournerent et tout homme se retira/ et le corps de ce roy fut prins & emporté par ses gens a londres ou il fut enseveli/ fut mis en une litiere couverte de noir/ et en cest estat en grans pleurs fut remené en son païs. Olivier estoit encore en la place ou il crioit aprés son chevalier et son cheval/ mais nul ne luy respondit Car il ne veoit homme de ceulx qui l’avoient amené/ dont il se donnoit grant merveilles/ et en fut en si grant desplaisir qu’il ne se sçavoit conseiller Toutesfois tout honteux ainssi armé qu’il estoit se mist a chemin pour cuider retourner en son hermitaige disant qu’il veoit bien sa malle adventure/ et que toute fortune luy estoit contraire Et pource delibera de soy habandonner le bien qui luy povoit advenir a cause de ce tournoy et de non soy donner jamais a cognoistre a creature vivant Ainssi comme il s’en alloit pensant a sa malle adventure les .xx. chevaliers qui de par le roy estoient commis et ordonnez d’avoir regart aprés luy le requeroient de toutes pars Et tant firent qui le choisirent Lors ferirent chevaulx des esperons et firent tant qu’ilz l’ataindirent Et luy dirent gentil chevalier ne vous vueille tourner a desplaisir se nous faisons ce que de par le roy nous est commandé Car il nous a commandé de vous retenir/ lequel vous prie qu’il vous plaise estre a cest vespre aus dances et bancquet Et pource mectons de par luy la main en vous Il fut force que olivier obeist au commandement que on luy faisoit de par le roy Et pource tout honteux s’en retourna avecques lesdis chevaliers Mais ce ne fut pas sans foison penser a son chemin Car quant il luy souvenoit des grans ponpes et grans habillemens qu’il avoit eu durant les trois jours passés/ & puis qu’il se trouvoit seul et incogneu de toutes gens et que force luy estoit d’estre au bancquet avecques les aultres sans avoir robbe nulle/ ne aultre habillement que son harnoys/ s’il ne trouvoit quelch’un qui luy prestast robbe il estoit en si grant desplaisir qu’il heust voulu estre mille lieus loing se possible luy eust esté En cest estat s’esploicterent tant qui vindrent a londres Et desloga l’ung des .xx. chevaliers pour luy bailler son logis/ et luy demanda en quel lieu ses gens seroient trouvez pour les envoyer querir. Le povre olivier tout honteux dist certes mon amy je ne sçay ou il en y a pié ne la ou ilz sont tournez ne allés pour ceste nuyt/ je seray maistre et varlet Ainssi qu’ilz estoient en ces devises l’ostesse vint a la personne de olivier Et luy dist bas monseigneur l’ung de voz serviteurs est nagueres venu a moy et m’a baillé cest petit fardel/ et si m’a dit que voz habillemens sont dedens/ et si a mis voustre bojecte dessoubz le chevet de voustre lit Au sourplus trouverez des serviteurs nouveaulx Car toutes voz gens s’en sont allés et ne les trouverez plus. Et m’a dit que le chevalier que vous sçavez se recommande a vous et qu’il vous met en memoire de la promesse que luy avez faicte/ lequel vous prie que vous l’aiés tousjours en souvenance Olivier oyant son hostesse fut plus esbahy que oncques n’avoit esté/ et faingnant qu’il cogneut bien que ce vouloit estre Vint premier au chevet de son lit/ et trouva la bojecte que l’ostesse luy avoit dit/ et la clef en la serreure il atasta il cogneut bien qu’elle pesoit et la defferma & en regardant dedens choisit que ce n’estoit que or et tous beaulx nobles d’angliterre.