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Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe

Chapter 31: Comment olivier fut amené au bancquet et a la court en grant reverence par les chevaliers qui l’avoient prins.
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About This Book

The narrative presents a medieval chronicle of noble lineage and chivalric deeds, opening with the death of a queen and the birth and baptism of her son, whose presence consoles a grieving king. Courtly counselors urge the king to remarry to secure succession, leading to embassy, negotiation, and agreement with a lordly widow whose own son promises a future alliance. Scenes alternate between mourning, ceremonial rites, diplomatic exchange, and preparations for marriage, while the text frames these episodes as exempla intended to recall courage, loyalty, and virtue and to rouse noble hearts to emulate ancestral conduct.

Comment olivier fut amené au bancquet et a la court en grant reverence par les chevaliers qui l’avoient prins.

Olivier qui se trouva seul en sa chambre/ car les .xx. chevaliers avoient pris congié de luy et s’estoient allez desabillés pour estre a la feste/ et voiant qu’il estoit encore grant heure en lieu de rien faire commença a compter son argent et trouva qu’il y avoit cinq mille nobles dont il en mercia dieu et le chevalier qui si bonne souvenance de luy avoit heu Tandis qu’il rebouctoit son argent entrerent en la chambre .v. gentilz escuiers vestus de satin blanc/ et aultres .x. varlés vestus de drap blanc Iceulx saluerent olivier/ & luy dirent Monseigneur voustre maistre d’ostel est venu ceste aprés disgnee vers nous/ et nous a donné a chascun une robbe/ et nous a dit que ce estoit voustre livree et que vous nous retenés a voustre service Et venons devers vous sçavoir se c’est voustre volenté Car il n’y a celuy de nous qui n’ait bon maistre les ungs au conte de flandres les aultres a celuy de sombresset Ainssi chascun endroit soy comme je vous ay dit a maistre/ lesquelz ont bien autant de serviteurs que besoing leur est A ceste cause & aussi pour les biens que avons veuz en vous nous nous retournons voz serviteurs se vostre plaisir est Olivier tresjoyeulx leur respondit mes amys de vostre grace vous dictes des biens de moy plus que n’y en a Et ad ce que j’entens de vous n’y a celuy qui n’ait bon maistre et meilleur que moy Mais se c’est voustre volenté je vous retiens tous Et demain puis que vous estes gens de cognoissance/ je enquerray de vostre estat/ et puis a chascun de vous bailleray estat tel que appartiendra L’ung des varlés luy dist monseigneur vostre maistre d’ostel m’a ordonné d’estre pallefranier pource vous me dirés s’il vous plaist quelle chose j’ay affaire de voz chevaulx. J’ay cinq bons coursiers et deux petiz tresbeaulx desquelz il m’a dit que j’en pense bien Et pource qu’il y a loing d’icy a la court je ne cuide pas que y vueillez aller a pié s’il vous plaist a dire/ lequel de voz chevaulx vous voulés avoir/ et que je le selle & quel harnoys je mectray dessus ou celuy de velours cramoisi ou celuy d’orfaverie et s’il vous plaist que voz quatre paiges viengnent devers vous Olivier s’esbahit plus que oncquesmais et fist le signe de la croix et luy dist mon amy/ va de par dieu Et si me selle celuy des deux petis roussins que tu aymes le mieulx et luy més le harnois d’orfaverie/ et si fais venir les paiges a tout deux torches pour moy mener a la court Et aprés olivier commanda que ce petit fardeau fust descousu/ ce qui fut fait et y trouva habillemens pour luy de trois paires/ que durant les trois jours avoit porté c’est assavoir noir rouge et blanc Les chausses estoient d’escarlate/ les robbes de velours/ le pourpoint de drap de damas noir figuré/ et le chapperon noir bien decouppé Auquel avoit une tresgente et riche bouffe de pierrerie tresgenctement ouvree. Et une e et ung o coupplés ensemble pource le commença a baisier. Et puis dist bas beau sire dieu se ta grace estendois tant sus moy que mon heure fust telle que olivier et helaine pensant ainssi pres ensemble venus comme ces deux lettres Je seroie bien tenu de regracier ta majesté. En ceste parolle se habilla olivier et trouva ses habillemens tant bien fais a sa mesure que rien n’y avoit a dire Il ne fut pas si toust abillé que son cheval ne fust prest luy atendant a l’uis et ses quatre paiges/ et en peu d’eure aprés les chevaliers qui amené l’avoient le vindrent querir et luy dirent qu’il estoit haulte heure d’aller a la court Lors monterent a cheval et furent torches alumees qui les menerent jusques a la court.