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Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe

Chapter 4: De l’ambassade que le roy de castille envoya devers la royne d’algarbe.
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About This Book

The narrative presents a medieval chronicle of noble lineage and chivalric deeds, opening with the death of a queen and the birth and baptism of her son, whose presence consoles a grieving king. Courtly counselors urge the king to remarry to secure succession, leading to embassy, negotiation, and agreement with a lordly widow whose own son promises a future alliance. Scenes alternate between mourning, ceremonial rites, diplomatic exchange, and preparations for marriage, while the text frames these episodes as exempla intended to recall courage, loyalty, and virtue and to rouse noble hearts to emulate ancestral conduct.

De l’ambassade que le roy de castille envoya devers la royne d’algarbe.

La roygne soy voyant acompaignié de la plus grant part de ses amis & ceulx en qui elle se fioit le plus leur dist messaigiers vous cognoissez & sçavez la cause pour quoy le roy de castille a envoyé son ambassade par deça/ et pour ce vous prie que sur ce que avez oÿ d’eulx aiés regart et advis/ car je suys celle qui par voustre bon conseil vueil user et prestre de faire ce que a vous tous semblera bon Sa parolle finee prist congié d’eulx & s’en alla a sa chambre les laissant la entre eulx pour besoingner sur ceste matiere Et pour abregier eulx tous estoient tout d’ung commun accord a ce mariaige Et retournerent devers la royne disans qu’ilz leur sembloit que nagueres de prince de plus hault lieu et de grant auctorité que le roy de castille elle ne pourroit estre assencee Et en effait luy remonstrerent le jeusne eaige en quoy encores elle estoit Et aprés la jeunesse de son filz qui estoit encore maindre d’ans Et pour ce luy conseilloient de accepter la requeste faicte par le roy de castille qui gueres n’estoit loing de celuy pays La royne leur respondit mes amis je vous ay ja dit et encore dis je de rechief que vostre bon conseil et advis est bien ma volenté Et pour ce faictes la responce a ceste ambassade de par moy tel que bon vous semble/ car je vous en croy Adonc iceulx la remercierent/ partirent de la et par .v. ou .vi. des plus notables qui a ce faire furent commis/ fut la responce faicte aus ambassadeurs de castille Dirent que la royne de sa grace et humilité s’estoit deliberee faire non pas a sa volenté/ mais au plaisir et advis de ces parens ausquelz il sembloit la chose estre tresutille pour le bien des deux parties Et pour ce s’en povoient retourner quant bon leur sembleroit/ et dire a leur seigneur que toutesfois que bon leur sembleroit ilz la pourroient mander ou y venir en sa personne et s’atendoit a sa noble discrecion toutesfoys s’ilz estoient creuz veu que chascune des parties endroit soy estoit vefve Plus honneste seroit qu’il venist la et qu’il l’espousast sans gueres grandes nopces faire que aultrement fut fait et du sourplus fist a sa vouleenté.