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Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe

Chapter 46: Comment olivier aprés plusieurs parolles envoya noncier sa venue au roy d’angliterre/ et de l’onneur que on luy fist.
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About This Book

The narrative presents a medieval chronicle of noble lineage and chivalric deeds, opening with the death of a queen and the birth and baptism of her son, whose presence consoles a grieving king. Courtly counselors urge the king to remarry to secure succession, leading to embassy, negotiation, and agreement with a lordly widow whose own son promises a future alliance. Scenes alternate between mourning, ceremonial rites, diplomatic exchange, and preparations for marriage, while the text frames these episodes as exempla intended to recall courage, loyalty, and virtue and to rouse noble hearts to emulate ancestral conduct.

Comment olivier aprés plusieurs parolles envoya noncier sa venue au roy d’angliterre/ et de l’onneur que on luy fist.

Aprés plusieurs parolles on apporta vin et espices et s’en alla chascun coucher jusques a l’endemain que tout homme par le commandement des capitaines s’apresta de partir Et ainssi tout prest et toutes bagues troussees se misdrent a chemin pour retourner vers londres Et lors olivier appella ung tresvaillant chevalier Et l’ung des principaulx capitaines anglois Auquel il pria moult courtoisement qu’il allast devers le roy noncier leur venue/ et que mieulx luy sçauroit dire toutes choses que on ne pourroit escripre Le chevalier en acomplissant la volenté de olivier se mist au chemin/ et fist tant que en peu de temps arriva a londres et salua le roy Et luy fist les recommandacions treshumblement de par olivier et de tous ses compaignons Puis luy commença a conter comment ilz estoient sus le retour/ et que les .vii. royaulmes d’irlande estoient conquis et mis a obeissance de son septiesme Et que olivier luy amenoit tous les .vii. roys prisonniers pour en faire sa voulenté. Et luy commença a deviser la merveilleuse vaillance qu’il avoit fait et veu en olivier et que a paine estoit il creable que homme mortel peulst faire ce qu’il avoit veu acomplir audit olivier Et disoit sire aprés dieu et sa tressaincte mere rendés graces au tresvaillant chevalier olivier. Car par son bras destre avez obtenu victoire contre les anemis. Et certes je ne cuide pas que dieu donnast oncques plus de bien a creature qu’il a fait a celuy Le roy oyant ces joyeuses nouvelles fut si rempli de liesse qui fut longue espasse sans povoir sonner mot Toutesfois a chief de prece il embrassa le chevalier Et luy dist mon amy vous soiés le bien venu/ je loue dieu et les bras et l’espee du tresgentil chevalier des joyeuses nouvelles que vous m’aportés Puis luy commanda le dire tout hault Si commença encore a conter plus au long qu’il n’avoit fait a la personne du roy Et tousjours en louant la prouesse et vaillance de olivier Disant que c’estoit chose de l’aultre monde et non a croire a ceulx qui ne l’avoient veu Ces nouvelles vindrent en la chambre des dames et jusques aus oreilles de la belle helaine qui estoit bien joyeuse de ce que elle en ouoit dire. Et luy sembloit que quant elle eust esté royne que tout le monde si eust bien valu olivier. Par quoy son couraige blasmoit son pere de ce que a si gentil chevalier oustoit ce que luy estoit deu Le roy enquist et demanda du jour qu’il viendroit et ordonna aus maistres d’ostelz de faire une bien grant feste a leur venue Il commanda a tous les grans seigneurs et princes de son païs pour estre mieulx acompaignié Et quant vint que olivier approucha pres de la ville tous les princes allerent a l’encontre de luy et n’y eut celuy qui ne luy feist honneur/ et reverence Le roy avoit ordonné qu’il fust amené en triumphe par la ville/ pource furent tendues les rues/ et feuz alumez/ et sonnerent les cloches de toutes pars Aussi les processions vindrent de toutes pars a l’encontre de luy jusques a la porte Et quant olivier apperceut les collieges et processions il mist pié a terre/ et consequanment les grans seigneurs qui luy firent ces honneurs Et en cest estat vindrent jusques a l’esglise ou ilz rendirent graces et louenges a dieu Et puis moncterent a cheval et envoya olivier les roys d’irlande es hostes qui pour eulx estoient ordonnez. Et luy tout armé vint vers le roy/ lequel il salua treshumblement Quant le roy l’apperceut il marcha contre luy le chappeau ousté/ et le commença a embrasser et le baisa de joye/ en disant mon tresdoulx amy benoist soit le pere par qui tu fus engendré/ et la mere qui te porta Et loué soit mon benoist createur quant oncques vous donna voulenté de venir en ce royaulme/ lequel est a present tant honnoré par la craincte de vous et de voustre espee/ je prie a dieu qui le me laisse deservir/ et me doint puissance de le vous guerdonner. Olivier luy respondit Sire remerciés noustre seigneur/ et aprés les vaillans hommes que m’avez baillés et non pas moy Car pregnez que j’aye fait le mieulx que j’ay peu/ si n’ay je pas deservi l’onneur que vous me faictes Le roy luy respondit qu’il estoit bien adverti de tout et luy commanda qu’il s’en allast desarmer Et quant l’eure du soupper seroit venue qu’il revinst Et qu’il amenast les roys d’irlande/ car il vouloit soupper avecques eulx/ et en son hostel Olivier s’en alla vers sa maistresse/ a laquelle le roy avoit commandé que tout l’onneur que elle luy pourroit faire que elle luy fist. Et pource quant elle le vit venir elle le prist par la main et le baisa en luy disant que fust le bien venu. Mais pource qu’il estoit tart et l’eure de soupper approuchoit. Que olivier debvoit mener ces roys prisonniers il ne fut gueres vers les dames Mais prinst congié et s’en alla en son hostel.