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Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe

Chapter 55: Comment artus se partit et se mist en chemin pour trouver son compaignon Et des adventurez qu’il heut.
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About This Book

The narrative presents a medieval chronicle of noble lineage and chivalric deeds, opening with the death of a queen and the birth and baptism of her son, whose presence consoles a grieving king. Courtly counselors urge the king to remarry to secure succession, leading to embassy, negotiation, and agreement with a lordly widow whose own son promises a future alliance. Scenes alternate between mourning, ceremonial rites, diplomatic exchange, and preparations for marriage, while the text frames these episodes as exempla intended to recall courage, loyalty, and virtue and to rouse noble hearts to emulate ancestral conduct.

Comment artus se partit et se mist en chemin pour trouver son compaignon Et des adventurez qu’il heut.

Ainssi que vous oués partit le vaillant et gentil roy de son païs Et entra en enqueste de son leal compaignon comme celuy qui pas n’avoit voulenté de jamais arrester si n’en avoit nouvelles. Le premier royaulme ou il arriva fut en celuy de portingal/ auquel il ne trouva chose qui plaisant luy fust Puis sercha le demourant des espaignes/ et vint a celuy de france Et tant erra d’ung costé et d’aultre qu’il arriva a calais ou il trouva gens qui alloient en engleterre. Et pource moncta en mer pour y aller Vous povés penser qui fut longuement en serchant les païs que par dessus avez oÿ. Pendant le temps olivier son compaignon estoit tousjours en prison au pain et a l’eau et tressouvent bastu comme celuy qui jamais n’atendoit d’en partir. Et ne desiroit que la mort Et encore més luy advint. Car ainssi que artus estoit sus la mer pour tirer en engleterre vint fort temps et contraire se leva sus la mer Et tant que leur basteau arriva en une marche que les mariniers ne cognoissoient pour la premiere fois Mais quant ilz heurent longuement regardé ilz apperceurent que c’estoit l’ung des païs et royaulmes d’irlande le plus loingtain a celuy d’angleterre. Quant artus oÿt dire que c’estoit l’ung des royaulmes d’irlande il pria qu’il fust mis a terre Car comme il luy sembloit aussi de legier povoit il la ouyr nouvelles de ce qu’il queroit que en aultre païs Comme il fist par la voulenté de noustre seigneur/ ainssi que vous orrés Artus qui se trouva sus terre chemina de pié en priant noustre seigneur qui luy voulsist par sa grace adressier son chemin Il fut bien l’espasse de deux moys en ce païs Et quant il vouloit avoir quelque chose il failloit qu’il feist signe ou aultrement n’eust pas esté entendu Il n’avoit cheval ne mulle sus quoy il peulst aller Et couvint qu’il allast de pié par les païs Tant que ung jour se trouva en une grande et espesse forest en laquelle plusieurs bestes sauvaiges avoient leur demaine On luy avoit bien fait signe qu’il ne s’i boutast pas/ mais il n’en avoit riens entendu/ il alla tout le jour au long de la forest sans trouver adventure/ que la nuyt le prinst/ par quoy force luy fut de dormir Et quant vint le lendemain qu’il vit le jour il se mist au chemin tresmal desjeuné Et n’eut pas loing allé quant il apperceut venir vers luy ung grant et orrible lion fort oppressé de fain Car nulle proie n’avoit trouvee passé long temps. Par quoy quant artus le choisit qu’il venoit vers luy il s’apresta de se deffendre Car il estoit armé a la descouverte et si avoit bonne espee Il ousta son manteau et l’entortilla en tour son bras pour soy targier/ puis tira son espee hors du fourrel en baisant la croix et soy recommandant a noustre seigneur/ mercha contre le lion qui ne le cremoit guere Car quant ce vint a l’aproucher y luy donna si grant coup de sa pate qui luy deschira sa robbe/ et plus de cent mailles de son haubergon. Et fut force a artus de cheoir a terre Mais comme vaillant chevalier se redressa sus piés Commença a assaillir le lion par quoy la bataille estoit tresaspre Et ainssi quant le lion cuidoit de rechief ruer sa pate Artus l’assena si bien qui le fist voler en la place Quant le lion se sentit affollés il commença a gecter ung grant cry que toute la forest en retentist Et artus recouvra son coup Et si bien l’assena que d’ung seul coup luy trencha la teste par quoy le lion fut occis.