WeRead Powered by ReaderPub
Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe cover

Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe

Chapter 7: Comment la roygne de castille se enamoura de olivier son beau filz.
Open in WeRead

About This Book

The narrative presents a medieval chronicle of noble lineage and chivalric deeds, opening with the death of a queen and the birth and baptism of her son, whose presence consoles a grieving king. Courtly counselors urge the king to remarry to secure succession, leading to embassy, negotiation, and agreement with a lordly widow whose own son promises a future alliance. Scenes alternate between mourning, ceremonial rites, diplomatic exchange, and preparations for marriage, while the text frames these episodes as exempla intended to recall courage, loyalty, and virtue and to rouse noble hearts to emulate ancestral conduct.

Comment la roygne de castille se enamoura de olivier son beau filz.

Ces deux jouvenceaulx aprés la feste faillie & le congié pris s’en allerent couchier. Olivier penssant qu’il ne se tiendroit pas a tant/ et artus a l’aultre costé disoit qu’il feroit tant s’il povoit que une aultre foys il auroit le pris Non pas qu’il heust envye de l’onneur ne du bien fait de son compaignon Mais bon couraige et bonne voulenté luy faisoient ces pensees et en cest estat allerent jusques en leurs hostelz/ d’aultres par le roy estoient ja retrais qui se deshabilloient pour aller coucher et la roygne d’aultre part qui fort pensoit a la dicte feste que le jour passé avoit veue Et sus toutes choses luy souvenoit de la beaulté et bonté de ces deux compaignons Dont l’ung estoit son filz qui pas ne luy desplaisoit et disoit en elle mesme/ saincte marie que de durs et aspres coups Je leur ay veu donner et recepvoir a ce jour que gentement seoit le dancer au filz du roy et l’abillement qui portoit/ Certes celle dame ou damoisselle qu’il le vouldroit ou daigneroit aymer seroit bien eureuse En ces pensees se coucha la roygne et s’endormit/ mais se ne fust pas que en son dormant advis ne luy fust que elle veoit par sa chambre dancer celuy qui tant le jour devant luy avoit pleu Or commença la royne a entrer en grant folye qui jamais ne luy fauldra dont ce fut dommaige et pitié comme vous orrés Le jour vint et l’eure que on avoit acoustumé de se lever a court Olivier et son compaignon se leverent et s’abillerent par ainssi qu’ilz avoient de coustume et en cest estat vindrent a la court La royne qui les vit leur fist chiere plusgrant qu’elle n’avoit acoustumé en accollant le filz du roy leur dist bon jour Et dist bas entre ses dens Olivier mon amy je cuide que dieu vous ait fait en ce monde pour vous regarder Olivier l’ouyt bien qui se donna grant merveille pour quoy elle l’avoit dit/ car il ne sçavoit penser se attendoit ce regart en bien ou en mal Toutesfois il le mist a non chailloir et n’y pensa plus/ car ne sçavoit pas ce a quoy elle vouloit venir.