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Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe

Chapter 74: Comment le chevalier heut pitié de olivier ayant cognoissance de sa loyaulté et le tint quicte. Et puis se fist cognoistre a luy ainssi que vous orrés.
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About This Book

The narrative presents a medieval chronicle of noble lineage and chivalric deeds, opening with the death of a queen and the birth and baptism of her son, whose presence consoles a grieving king. Courtly counselors urge the king to remarry to secure succession, leading to embassy, negotiation, and agreement with a lordly widow whose own son promises a future alliance. Scenes alternate between mourning, ceremonial rites, diplomatic exchange, and preparations for marriage, while the text frames these episodes as exempla intended to recall courage, loyalty, and virtue and to rouse noble hearts to emulate ancestral conduct.

Comment le chevalier heut pitié de olivier ayant cognoissance de sa loyaulté et le tint quicte. Et puis se fist cognoistre a luy ainssi que vous orrés.

Le chevalier voyant ceste piteuse adventure ne laissa pas devaler l’espee tout bas/ car il retint les bras Et dist attens roy que j’aye parlé a toy/ et a toy royne Escoucte moy parler Puis commença a dire et a demander au roy s’il avoit point de souvenance d’ung chevalier nommé sire jhean de talbot. Lequel estoit mort en sa compaignie en sentence et excommunicacion Et si luy souvenoit pas comment il poia la doibte au bourgois et le fist enterrer Le roy respondit que oÿ Et je te dy dist le chevalier que je suis celuy la Et celuy qui t’a servi au tournoy d’angleterre Et pource que tu m’as fait plaisir je te redonne tout ton argent Et tout ce entierement que tu m’avois donné de ta chevance Et pareillement je te rens ton filz et quicte la moictié de ta femme Ce que je en ay fait n’a esté que pour toy esprouver et ta franchise Au sourplus je te diray pour quoy au premier jour du tournoy je t’abillay de noir Ce donnoit a entendre les tenebres obscurs en quoy j’estoie Le second jour qui fut de rouge si signifioit les paines et le feu qui me bruloit en purgatoire Le derrain jour qui fut de blanc fut signifiance de ma salvacion Car ainssi comme couleur blanche est vierge/ car oncques ne fut violee par taincture/ par quoy elle est pure et naite Et pareillement il le resemble a present Car par toy et par ta cause/ je suis allegé de toute douleur Et m’en voys en la saincte gloire de paradis veoir la presence de mon createur qui est la bieneureté des sauvés Pource je prens congié de toy Car la ou je vois tu ne peulz venir Mais soies seur que je priray pour toy/ puis s’esvanouit d’eulx Et en la presence du roy et de la royne monta es cieulx glorieusement/ en gectant tousjours la raix de sa clarté sur la fenestre A laquelle le roy et la royne estoient apoiés Lesquelz en peu de temps en perdirent la veue Puis se jecterent a genoulx En rendant graces au createur Et aprés ce qu’ilz heurent faictes leurs oraisons en remerciant dieu/ ilz commencerent l’ung a l’aultre a faire trespiteuse recognoissance tout et par telle maniere que se la royne eust esté morte que elle fust resucitee de peu de temps Le roy de castille qui oncques n’avoit heu ung bien qui n’eust dix maulx au contraire Vesquit en grant liesse avecques sa tresaymee compaignie ne oncques puis n’eut desplaisir fors que toutes joyes jusques a l’eure de son trespas Ce ne fut que la royne fut tresfort malade de la paour et de la freur que elle avoit heu Et durant laquelle maladie/ artus roy d’algarbe vint en castille pour veoir son compaignon Auquel le roy fist tresjoyeuse chiere Et peu de temps aprés helaine regarit de sa maladie qui fut cause de plus grant resjoïssement/ par quoy toute liesse estoit au royaulme de castille On ne parloit que de faire bonne chiere. Le filz et la fille du roy estoient ja tous grans Et tant que la fille estoit preste a marier Pour quoy le roy dist ung jour a part au roy d’algarbe Mon frere je n’ay que ung compaignon au monde. Et c’estes vous Car vous vous povez vancter que vous estes parsonnier de ce que dieu m’a donné. Et pource comme a mon frere je vous vueil declarer mon cas et mon advis Finablement vous estes a marier et n’avés encore femme dont je m’en donne grant merveilles que si longuement avez attendu J’ay deux enfans filz et fille. Et par ma foy je pensoie que vous feissiés compte de marier et que par raison je vous peussés donner tous les deux enfans a mariaige. Et pource regardés se ma fille vous plaist et s’il vous semble que ce soit voustre fait/ je la vous donne Et s’il vous semble mieulx si la pregnés Vous me povez dire priveement voustre fait. Car ce que je vous ay aymé le m’a fait faire.