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Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe

Chapter 75: Comment olivier de castille donna sa fille a artus roy d’al[gar]be Et de la mort de olivier et helaine sa femme.
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About This Book

The narrative presents a medieval chronicle of noble lineage and chivalric deeds, opening with the death of a queen and the birth and baptism of her son, whose presence consoles a grieving king. Courtly counselors urge the king to remarry to secure succession, leading to embassy, negotiation, and agreement with a lordly widow whose own son promises a future alliance. Scenes alternate between mourning, ceremonial rites, diplomatic exchange, and preparations for marriage, while the text frames these episodes as exempla intended to recall courage, loyalty, and virtue and to rouse noble hearts to emulate ancestral conduct.

Comment olivier de castille donna sa fille a artus roy d’al[gar]be Et de la mort de olivier et helaine sa femme.

Le roy d’algarbe qui ouoit ainssi le roy de castille parler humblement le remercia En luy disant qui luy faisoit de honneur plus qu’il ne valoit. Et puis que son plaisir estoit de luy donner sa fille il seroit bien mal gracieulx de la reffuser Quant le roy de castille entendit que son compaignon avoit grant volenté de parvenir a ce mariaige il manda les nobles hommes de son païs Et quant ilz furent assemblés il fist les nopces de son compaignon et de sa fille si grandes et si plantureuses de tous biens qu’il ne pourroit plus Et dura ceste feste long temps Pendant laquelle nouvelles vindrent en castille que le roy de chippres estoit assiegé des infidelles et qu’il requeroit aide et secours au roy de castille et aus aultres princes chrestiens. Quant cestes nouvelles vindrent a la cognoissance du jeusne prince filz du roy Il fist requeste a son pere qui luy pleust y aller ce qui luy accorda Et luy bailla une grosse armee pour y aller. Mais oncques puis n’en revint Comme traictent plus au long les cronicques qui en font mencion Car aprés qu’il heut delivré le royaulme de chippres de ses anemis Il alla en la terre des mescreans la ou il conquist plusieurs royaulmes qu’il fist christienner. Et si ne fusse mort jeusne il estoit pour conquerre la pluspart du monde. Le roy d’algarbe enmena sa femme en son païs Et trois ans aprés son partement une tresgriefve maladie print au roy de castille par la voulenté de noustre seigneur qui de ses choses dispose a sa voulenté. Et fut si griefvement malade helaine la royne sa femme comme celle qui n’attendoit que jamais se deust lever Manda le roy d’algarbe et si ne fut pas si toust venu que le roy de castille trespassa de ce monde A la tresgrant plaincte de ses subgez/ et de tous ceulx qui de luy avoient heu cognoissance Et quant les nouvelles furent nommees a helaine malgré ceulx qui en avoient la garde de vouloir venir veoir son seigneur mort Et quant elle fut entree en la chambre et qu’elle s’approucha du corps/ elle s’escria en hault. A tresvaillant roy comme je voy celle face taincte et apalie par l’angoisse de la mort Et ces furieulx bras amatis Et en ce disant elle se laissa cheoir sus le corps Ne oncques puis ne s’en releva Car de douleur le cuer luy creva et morut Par quoy la douleur fut redoublee. Le povre roy d’algarbe menoit si grant dueil que c’estoit pitié a veoir Et faisoit regrez innumerables tant que long seroit a racompter. Pareillement la royne d’algarbe vint/ voiant son pere et sa mere mors mena si grant dueil que a paine la povoit on reconforter Tous les deux trespassés furent ensevelis et portés en terre tous deux ensemble Et enterrés en une seulle fosse qui fut chose trespiteuse a veoir.