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Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe

Chapter 9: Comment olivier se partit tout troublé des requestes que la dame luy avoit faictes.
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About This Book

The narrative presents a medieval chronicle of noble lineage and chivalric deeds, opening with the death of a queen and the birth and baptism of her son, whose presence consoles a grieving king. Courtly counselors urge the king to remarry to secure succession, leading to embassy, negotiation, and agreement with a lordly widow whose own son promises a future alliance. Scenes alternate between mourning, ceremonial rites, diplomatic exchange, and preparations for marriage, while the text frames these episodes as exempla intended to recall courage, loyalty, and virtue and to rouse noble hearts to emulate ancestral conduct.

Comment olivier se partit tout troublé des requestes que la dame luy avoit faictes.

Olivier a qui il ne plaisoit pas d’estre en ces devises avec sa belle mere fist signe a son compaignon/ qu’il l’appellast ce qu’il fist si luy dist mon frere l’eure se passe d’aller la ou vous sçavez Et pour ce je le vous metz en memoire Olivier luy respondit qu’il estoit vray Et lors prinst congié de la royne laquelle luy serra les dois au partir dont il fut tresdesplaisant de ce qu’il la cogneut estre en tel estat Mais nul semblant n’en ousa faire a son compaignon pour doubte qu’il ne le prinst trop mal en gré Quant ilz furent hors de la chambre des dames la royne se retira en une petite garde robbe et se gecta sus ung lit En disant mon amy vous n’estes pas si fol que vous ne cognoissés l’affaire en quoy je suys Et certes il ne demourera pas ainssi/ car vous sçaurés demain toute ma voulenté. Et olivier estoit en grant pensee/ et la roygne n’en avoit pas mains Et olivier retourna en son hostel et seul en sa chambre disoit mon benoist createur tu m’as formé a ta semblance et m’as donné plus de beaulté que ne suys digne d’avoir/ laquelle sera cause de ma destruction se tu n’y més remede par ta tresgrande pitié & bonté si te prie que tu vueillez garder l’onneur de monseigneur mon pere et de moy/ et que je ne soye cause de bailler a sa femme la voulenté en quoy je la voy de present laquelle n’acepteroye pour morir Et pour ce te requiers que tu la vueilles ouster hors de ceste dampnable oppinion et la vueilles ramener et reduire en tel estat et volenté que bonne et lealle espouse puist estre envers son seigneur et mary.