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Le livre des visions et instructions de la bienheureuse Angèle de Foligno / Traduit par Ernest Hello avec avertissement de Georges Goyau, de l'Académie française cover

Le livre des visions et instructions de la bienheureuse Angèle de Foligno / Traduit par Ernest Hello avec avertissement de Georges Goyau, de l'Académie française

Chapter 28: VINGT-TROISIÈME CHAPITRE LA SAGESSE
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About This Book

Recueil de visions et d'instructions mystiques dans lequel une mystique relate ses expériences intérieures, ses révélations sur la Passion et ses méditations sur l'amour divin. Le texte articule récits visionnaires, méditations contemplatives et conseils pratiques sur la pénitence, la purification de l'âme et la progression spirituelle vers l'union avec Dieu. Des passages insistent sur la dimension rédemptrice de la douleur et sur l'intériorité du cheminement spirituel, tandis que prologues et notes contextualisent les révélations. Le ton varie entre extase, douleur et humilité, offrant un guide destiné aux âmes cherchant une vie plus contemplative.

VINGT-TROISIÈME CHAPITRE
LA SAGESSE

Un jour, une personne me demanda de prier Dieu pour obtenir certaines connaissances qu’elle voulait avoir. J’hésitais, sa demande me paraissait pleine de sottise et d’orgueil.

Pendant que j’étais dans cette pensée, je fus ravie en esprit. Je fus posée dans ce ravissement près d’une table sans commencement ni fin ; je ne voyais pas la table, mais je voyais ce qui était placé sur elle. C’était une plénitude divine, une plénitude inénarrable, qui n’a aucun rapport avec aucune expression ; c’était la plénitude, la Sagesse divine et le souverain bien.

Et dans la vision de la divine Sagesse, je voyais qu’il n’est pas permis de l’interroger sur certaines voies futures et secrètes qu’elle choisira dans l’avenir ; car il y a un manque de respect à vouloir marcher devant elle. Quand j’aperçois des hommes livrés à ces investigations, leur erreur est visible pour moi. Le mystère que j’aperçus, sous la ressemblance d’un objet étendu sur une table, m’a laissé une intelligence profonde qui discerne, au premier mot que j’entends, les personnes et les choses spirituelles. Je ne juge plus comme autrefois de mon ancien jugement, qui était erreur et péché. Je juge d’un jugement vrai, qui me permet d’entrevoir le défaut de mon ancien jugement. Je ne peux pas raconter cette Vision ; car la table est le seul objet sensible dont l’idée où le nom m’ait été présenté à l’esprit. Quant au mystère même de la vision, il échappe à la parole.