WeRead Powered by ReaderPub
Le livre des visions et instructions de la bienheureuse Angèle de Foligno / Traduit par Ernest Hello avec avertissement de Georges Goyau, de l'Académie française cover

Le livre des visions et instructions de la bienheureuse Angèle de Foligno / Traduit par Ernest Hello avec avertissement de Georges Goyau, de l'Académie française

Chapter 37: TRENTE-DEUXIÈME CHAPITRE LES CLOUS
Open in WeRead

About This Book

Recueil de visions et d'instructions mystiques dans lequel une mystique relate ses expériences intérieures, ses révélations sur la Passion et ses méditations sur l'amour divin. Le texte articule récits visionnaires, méditations contemplatives et conseils pratiques sur la pénitence, la purification de l'âme et la progression spirituelle vers l'union avec Dieu. Des passages insistent sur la dimension rédemptrice de la douleur et sur l'intériorité du cheminement spirituel, tandis que prologues et notes contextualisent les révélations. Le ton varie entre extase, douleur et humilité, offrant un guide destiné aux âmes cherchant une vie plus contemplative.

TRENTE-DEUXIÈME CHAPITRE
LES CLOUS

Une autre fois je songeais à la douleur incommensurable de Jésus-Christ sur la croix, et je pensais à ces clous qui, d’après une certaine parole, avaient porté la chair des mains et des pieds dans l’intérieur du bois, et je désirais voir au moins cette petite partie de la chair du Christ que ces clous avaient portée dans l’intérieur du bois. Cette souffrance du Christ me donna une telle douleur, que je ne fus plus capable de me tenir debout. Je baissai la tête et je tombai. Alors je vis Jésus-Christ incliner sa tête sur mes bras, qui étaient étendus à terre ; il me montra les siens, et en même temps son cou. Aussitôt ma douleur se changea en une joie telle, que je perdis le sentiment et la vue de tout ce qui n’était pas lui. Le cou était d’une beauté à faire mourir la parole humaine. Je compris que cette beauté inouïe était le rejaillissement de la divinité, et cependant mes yeux ne voyaient que son cou, dans une splendeur merveilleuse. Beauté incomparable, qui n’a pas de pareille en ce monde, couleur qui ne ressemble à aucune couleur connue, si quelque chose se rapproche de vous, c’est la lumière dans laquelle quelquefois à la messe j’aperçois le corps du Christ, à l’élévation !