WeRead Powered by ReaderPub
Le livre des visions et instructions de la bienheureuse Angèle de Foligno / Traduit par Ernest Hello avec avertissement de Georges Goyau, de l'Académie française cover

Le livre des visions et instructions de la bienheureuse Angèle de Foligno / Traduit par Ernest Hello avec avertissement de Georges Goyau, de l'Académie française

Chapter 43: TRENTE-HUITIÈME CHAPITRE LES ANGES
Open in WeRead

About This Book

Recueil de visions et d'instructions mystiques dans lequel une mystique relate ses expériences intérieures, ses révélations sur la Passion et ses méditations sur l'amour divin. Le texte articule récits visionnaires, méditations contemplatives et conseils pratiques sur la pénitence, la purification de l'âme et la progression spirituelle vers l'union avec Dieu. Des passages insistent sur la dimension rédemptrice de la douleur et sur l'intériorité du cheminement spirituel, tandis que prologues et notes contextualisent les révélations. Le ton varie entre extase, douleur et humilité, offrant un guide destiné aux âmes cherchant une vie plus contemplative.

TRENTE-HUITIÈME CHAPITRE
LES ANGES

C’était en septembre, à la fête des saints anges. J’étais à l’église de Foligno et je voulais communier. Je priais les anges, surtout saint Michel et les séraphins, et je disais :

« O anges administrateurs, qui avez reçu de Dieu l’office et le pouvoir de le communiquer par la connaissance et l’amour, je vous supplie de me le présenter tel que le Père des miséricordes l’a donné aux hommes, tel qu’il veut lui-même être reçu et adoré, pauvre, souffrant, méprisé, blessé, ensanglanté, crucifié et mort. »

Les anges me répondirent avec une douceur et une complaisance indicible :

« Puisque tu as trouvé grâce devant le Seigneur, le voici ; tu le possèdes. Nous te le présentons ; et par-dessus ce que tu as demandé, nous te donnons la puissance de le présenter et de le communiquer aux autres. »

En effet, je vis, dans le saint Sacrement, avec les yeux de l’esprit, la présence réelle ; je vis Celui que j’avais voulu voir, tel que j’avais voulu le voir, souffrant, ensanglanté, crucifié et mort ; je ressentis une telle douleur que mon cœur me sembla prêt à éclater ; et, de l’autre côté, la présence des anges m’inonda d’une telle joie, que si je ne l’avais pas sentie, je n’aurais pas cru la vue des anges capable de la donner.

Pendant ces temps-là, une messe se disait. Le prêtre approchait de la communion. Comme il rompait l’hostie pour la prendre, j’entendis une voix lamentable qui disait :

« Oh ! combien il y en a qui, rompant l’hostie, font couler le sang de mes veines ! »

Je pensai que ce prêtre n’était peut-être pas ce qu’il aurait dû être, et je dis : « Seigneur, que ce pauvre frère ne soit plus ainsi. »

La voix me répondit :

« Il ne sera pas ainsi pendant l’éternité. »