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Le livre des visions et instructions de la bienheureuse Angèle de Foligno / Traduit par Ernest Hello avec avertissement de Georges Goyau, de l'Académie française cover

Le livre des visions et instructions de la bienheureuse Angèle de Foligno / Traduit par Ernest Hello avec avertissement de Georges Goyau, de l'Académie française

Chapter 45: QUARANTIÈME CHAPITRE PLÉNITUDE
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About This Book

Recueil de visions et d'instructions mystiques dans lequel une mystique relate ses expériences intérieures, ses révélations sur la Passion et ses méditations sur l'amour divin. Le texte articule récits visionnaires, méditations contemplatives et conseils pratiques sur la pénitence, la purification de l'âme et la progression spirituelle vers l'union avec Dieu. Des passages insistent sur la dimension rédemptrice de la douleur et sur l'intériorité du cheminement spirituel, tandis que prologues et notes contextualisent les révélations. Le ton varie entre extase, douleur et humilité, offrant un guide destiné aux âmes cherchant une vie plus contemplative.

QUARANTIÈME CHAPITRE
PLÉNITUDE

Un jour je m’approchais de la sainte table, et j’entendis la voix, et elle me disait :

« Bien-aimée, tout bien est en toi, et tu vas recevoir tout bien. »

Je me dis intérieurement : « Si le bien est en toi, pourquoi vas-tu le recevoir ? »

Et la voix répliqua :

« L’un n’empêche pas l’autre. »

Le moment de la communion approchait, et j’entendis :

« Le Fils de Dieu est maintenant sur l’autel, et selon son humanité et selon sa divinité. La multitude des anges est unie à lui. »

Je désirai voir, et je vis. Je ne voyais Jésus sous aucune forme ; mais je voyais une plénitude et une beauté ; je voyais le souverain Bien.

« O bien-aimée, dit la voix, tu seras ainsi devant lui pendant l’éternité. »

Je renonce encore une fois à raconter ma joie.

Depuis peu, quand je communie, l’hostie s’étend dans ma bouche ; elle n’a ni la saveur du pain, ni celle d’aucune chair connue ; mais une certaine saveur de chair inconnue, saveur très prononcée et délicieuse, qui ne peut se comparer absolument à rien. L’hostie n’est pas dure comme autrefois, et ne descend pas par fragments, suivant l’ancienne habitude. Mais elle reste entière, et sa suavité est tellement divine que, si on ne m’avait recommandé de l’avaler sans tarder trop, je la garderais longuement dans ma bouche. Et elle descend tout entière, et elle a la saveur inconnue dont j’ai parlé, sans en rien dire. Quand elle descend, elle me donne un plaisir inexprimable, qui se manifeste même au dehors. Mon corps tremble, et l’immobilité m’est extrêmement difficile.

Maintenant, quand je fais le signe de la croix, quand je porte la main au front, disant : Au nom du Père, je ne sens rien de nouveau. Mais quand je porte la main à la poitrine, disant : Et du Fils, j’éprouve un tel amour et une telle joie, qu’il se révèle et que je le sens là.

Sans ordre, je n’aurais ni dit, ni permis d’écrire, ni tout le reste, ni ceci.