WeRead Powered by ReaderPub
Le livre des visions et instructions de la bienheureuse Angèle de Foligno / Traduit par Ernest Hello avec avertissement de Georges Goyau, de l'Académie française cover

Le livre des visions et instructions de la bienheureuse Angèle de Foligno / Traduit par Ernest Hello avec avertissement de Georges Goyau, de l'Académie française

Chapter 50: QUARANTE-CINQUIÈME CHAPITRE LE 2 FÉVRIER
Open in WeRead

About This Book

Recueil de visions et d'instructions mystiques dans lequel une mystique relate ses expériences intérieures, ses révélations sur la Passion et ses méditations sur l'amour divin. Le texte articule récits visionnaires, méditations contemplatives et conseils pratiques sur la pénitence, la purification de l'âme et la progression spirituelle vers l'union avec Dieu. Des passages insistent sur la dimension rédemptrice de la douleur et sur l'intériorité du cheminement spirituel, tandis que prologues et notes contextualisent les révélations. Le ton varie entre extase, douleur et humilité, offrant un guide destiné aux âmes cherchant une vie plus contemplative.

QUARANTE-CINQUIÈME CHAPITRE
LE 2 FÉVRIER

C’était le jour de la Purification de la Vierge. J’étais à Foligno, dans l’église des Frères Mineurs. Et la voix parla, elle me dit : « Voici l’heure où Marie, Vierge et Reine, vint au temple avec son Fils. »

Mon âme écouta avec un grand amour, et, ayant écouté, elle fut ravie ; et dans son ravissement elle vit entrer la Reine, et elle alla au-devant d’elle, tremblante de respect. J’hésitais pourtant ; je craignais d’approcher. Elle me rassura, et tendit vers moi Jésus, et me dit : « O toi qui aimes mon Fils, reçois celui que tu aimes. » Elle le déposa dans mes bras ; il était enveloppé de langes ; il avait les yeux fermés comme dans le sommeil.

La Reine s’assit, comme une femme fatiguée. Ses gestes étaient si beaux, son attitude si merveilleuse, sa personne si noble, sa vue si sublime, que mes yeux ne pouvaient se fixer sur Jésus seul, et étaient forcés de regarder sa mère. Tout à coup l’enfant s’éveilla dans mes bras : ses langes étaient tombés, il ouvrit et leva les yeux. Jésus me regarda ; dans ce coup d’œil il me surmonta, il me vainquit absolument. La splendeur sortait de ses yeux, et sa joie brillait comme une flamme aveuglante.

Alors il apparut dans sa majesté immense, ineffable, et il me dit :

« Celui qui ne m’aura pas vu petit ne me verra pas grand. » Il ajouta : « Je suis venu à toi, et je m’offre à toi pour que tu t’offres à moi. »

Alors mon âme s’offrit à lui par un mode d’oblation étonnant, sans rapport avec les paroles : je m’offris tout entière : j’offris mes fils avec moi d’une oblation entière et parfaite, ne gardant rien pour moi, rien de leurs personnes, et rien de leurs choses.

Mon âme eut l’intelligence de son oblation bien reçue, et la joie de Dieu, en l’agréant, ne me resta pas inconnue. Quant à la mienne, je n’essaierai pas d’en dire un mot. Quand je sentis mon oblation agréée, la délectation intime que j’éprouvai fut trop grande, trop immense et trop douce pour que la parole approche d’elle. Une autre fois je vis la Vierge ; elle m’exhorta à la connaître plus profondément elle me bénit, et me montra la douleur qu’elle souffrit pendant la Passion.