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Le Maître du Navire

Chapter 30: ÉPILOGUE
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About This Book

Un groupe de voyageurs, bloqué par un incendie qui arrête leur train au milieu de paysages andins et équatoriaux, voit ses projets de correspondance avec un paquebot compromis. Les rencontres fortuites entre passagers — un jeune avocat observateur, un professeur et une femme à l’allure énigmatique — alimentent conversations, remarques sur la nature et réflexions personnelles. L’intrigue avance par incidents de voyage, descriptions de lieux sauvages et choix improvisés, mêlant suspense lié au départ manqué et méditations sur le hasard, l’identité et les trésors intérieurs que révèle l’épreuve du dérangement.

ÉPILOGUE

Les quatre voyageurs prirent place dans un canot et Halifax, qui les accompagnait, leur montra dans le brouillard un rivage où luisaient quelques maisons peintes à la chaux.

— Voici, dit-il, un poste européen : des Portugais, je crois. Vous trouverez là une hospitalité suffisante et tous les renseignements nécessaires pour votre route.

Le canot aborda au pied de rochers que longeait un banc de sable. Halifax descendit à terre ; puis, clignant de son œil unique, comme s’il s’agissait d’une excellente plaisanterie :

— Bon voyage ! cria-t-il à ses anciens passagers.

Et il sauta dans la barque, qui s’éloigna à force de rames.

Inquiets, Helven et Leminhac prirent les devants et s’en furent frapper à une des maisons. L’aspect crasseux et débonnaire d’un douanier portugais les rassura. Ils n’osèrent s’enquérir du lieu où ils étaient, craignant de passer pour fous, mais ils réclamèrent un abri.

Marie Erikow était restée en arrière, au bras du professeur. Tous deux demeuraient silencieux. Soudain, la jeune femme lâcha le bras de Tramier et, à toutes jambes, courut le long du rivage. Elle agitait désespérément son écharpe, comme pour appeler le canot, déjà à demi happé par la brume. Tramier, qui à la vérité était un peu sourd, crut entendre un cri et courut derrière elle. Mais Leminhac, de loin, avait aperçu la fugitive ; il fut plus prompt.

Dans un accès de désespoir qui paraissait atroce, la Russe s’était jetée sur le sable. L’avocat s’approcha d’elle, souleva doucement le visage où roulaient de grosses larmes.

— Qu’est-ce donc ? murmura-t-il. Le regretteriez-vous ?

— Oh ! gémit Marie Erikow, entre deux sanglots, j’ai perdu mon émeraude.

Et elle ajouta, tout bas, déjà consolée, souriante :

— Mais vous êtes bon, vous, je le savais…


Le Cormoran avait disparu.