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Le parfum de la Dame Noire cover

Le parfum de la Dame Noire

Chapter 22: CONCLUSION
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About This Book

L'ouvrage rassemble une série de croquis humoristiques et pseudo‑ethnographiques portant sur les coutumes amoureuses et sexuelles observées lors de voyages en Afrique occidentale. Les récits se présentent comme axiomes, anecdotes et notes cliniques d'un observateur européen installé parmi les populations locales, qui confronte ces usages aux normes sentimentales européennes. Les vignettes, mêlant ironie et commentaire social, opposent des pratiques communautaires et fonctionnelles à des idéaux romantiques, tout en laissant entrevoir des constantes humaines élémentaires. Le ton oscille entre satire et détachement prétendument scientifique, et le texte privilégie la caricature et l'anecdote pour explorer relations de genre, rituels et normes sociales.

CONCLUSION

Et maintenant il ne me reste qu’à m’excuser auprès du lecteur pour lui avoir fait respirer aussi longuement le Parfum de la dame noire. Je n’espère pas en avoir fait un adorateur de la Vénus africaine, et mon but sera mieux atteint si, au sortir de cette lecture, il se sent un élan plus ardent et plus conscient vers celles dont la peau blanche est transparente et nacrée comme un rayon d’aube, celles qui sont nos aimées, nos maîtresses et nos épouses. Le monde n’a jamais connu qu’une Ève véritable, et la Noire est à celle-ci ce qu’est l’ombre à la lumière.

Mais l’ombre aussi a sa douceur, surtout aux terres lointaines qu’embrase le soleil. C’est pourquoi nous vous disons quand même adieu avec un peu de regret, petites épouses noires aux grands yeux de gazelle. Il faut vous pardonner votre somnolence de cœur, l’apathie de vos sens et aussi vos ruses, vos infidélités, votre docilité à céder à tous sans révolte comme sans plaisir, parce que vous n’avez jamais été traitées qu’en femelles et que vous êtes faibles et sans défense devant la brutale ruée du mâle. Quand, fallacieusement, vous invoquez le viol pour excuser vos écarts conjugaux, vous ne mentez qu’à demi, car, depuis que le monde est monde, vous n’avez fait que subir des volontés qui ont à jamais paralysé la vôtre. Aussi n’est-il pas étonnant que vous ignoriez l’art divin des baisers et des caresses. Et qui sait si le deuil éternel que vous portez sur votre peau si douce au toucher n’est pas celui de l’amour ?