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Le Pays de l'Instar

Chapter 10: VII. — Pour attendre de la famille
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About This Book

A satirical portrait of a bureaucratic provincial realm that maps its social life onto administrative landmarks and institutions—prefecture, treasury, military subdivision, bank, main street, promenade, clubs, cafés, and station—and divides inhabitants into noblesse, military, commerce, and civil servants. It dissects petty hierarchies, jealousies, ceremonial privileges (notably the power of chiefs of service) and the local obsession with proximity to the capital, and supplements the satire with fifteen graded conversational dialogues and a theatrical exercise illustrating typical social situations.

VII. — Pour attendre de la famille

— Ce train de 11 h. 57 est bien incommode.

— Pour peu qu’il ait du retard, ça fait déjeuner à des heures impossibles.

— Surtout, quand on habite comme vous un peu loin de la gare.

— Il y a presque toujours du retard en cette saison.

— Les Compagnies en prennent à leur aise.

— Je me demande comment il n’arrive pas plus fréquemment d’accidents.

— Ce sont des cousins de mon mari, voilà six ans qu’ils nous promettaient de nous faire signe en allant à Vichy.

— Non, il n’est pas fonctionnaire, il est à la tête d’une grande industrie.

— Son père était dans la magistrature, et lui-même a échoué à Polytechnique.

— Il y a toute une branche de la famille de mon mari dans la magistrature.

— Ce sont eux qui avaient envoyé à Marcel ce joli cinématographe.

— Est-ce que M. Girard est arrivé à bout de le faire marcher ?

— C’est un meurtre de donner à des enfants des objets de ce prix, c’est de la folie !

— Ils ont chevaux, voitures, bien entendu, et tout ce qui s’ensuit.

— J’ai entendu un jour un fabricant de soieries demander au général le chiffre de ses appointements, et il ajouta : — C’est ce que je donne à mon caissier.

— Il est certain que, dans l’industrie, quand ça se met à aller, ça va vite.

— Maintenant il faut dire que, nous autres fonctionnaires, nous avons pour nous la sécurité, et la retraite.

— Il est regrettable de gagner peu, mais être sûr de le gagner, c’est quelque chose.

— Nous comptons bien leur faire faire quelques jolies promenades.

— Ce sont des occasions pour nous de visiter le Musée.

— Vous avez une installation qui vous permet de recevoir.

— Notre cousine emmène toujours sa femme de chambre en voyage.

— On ne se gêne pas avec de la famille comme avec des étrangers.

— Je n’aime pas à être gêné chez les autres, je ne veux pas qu’on soit gêné chez moi.

— Je ne conçois pas qu’on puisse éprouver un plaisir quelconque à venir se peser au milieu d’une gare.

— Il y a des gens tellement désœuvrés !