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Le Pays de l'Instar cover

Le Pays de l'Instar

Chapter 11: VIII. — Pour faire un voyage d’agrément
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About This Book

A satirical portrait of a bureaucratic provincial realm that maps its social life onto administrative landmarks and institutions—prefecture, treasury, military subdivision, bank, main street, promenade, clubs, cafés, and station—and divides inhabitants into noblesse, military, commerce, and civil servants. It dissects petty hierarchies, jealousies, ceremonial privileges (notably the power of chiefs of service) and the local obsession with proximity to the capital, and supplements the satire with fifteen graded conversational dialogues and a theatrical exercise illustrating typical social situations.

VIII. — Pour faire un voyage d’agrément

— Le Français ne sait pas voyager.

— Il est certain qu’à ce point de vue nos voisins d’outre-Manche nous sont joliment supérieurs.

— Qu’est-ce que vous voulez ? Nous nous trouvons trop bien chez nous.

— Oui, mais ce sont les étrangers qui connaissent le mieux notre pays.

— Sans aller plus loin, voyez ce qui s’est passé en 70.

— Tous les ans, nous nous absentons pendant les vacances.

— On ne peut pas non plus rester toujours chez soi.

— On a quelquefois à sa porte des merveilles que l’on ne soupçonne même pas.

— Il y a de ces petits coins de France qui sont ravissants.

— On se demande vraiment ce que l’on va chercher en Suisse.

— Qu’est-ce qu’il y a de plus joli que toute cette région du plateau Central ?

— Les stations d’eaux sont agréables surtout quand on n’est pas malade.

— Moi, ce que j’aime dans les villes d’eaux, c’est cette société cosmopolite…

— Cette nourriture des hôtels est si fatigante !

— Ce n’est pas tant le chemin de fer qui coûte cher…

— Quand on sait s’organiser avec les billets circulaires…

— Malgré tout, pour peu qu’on ait de la famille, ça chiffre encore vite !

— Naturellement, vous emportez vos bicyclettes ?

— On n’a pas besoin de faire des tours de force comme les professionnels.

— Ce qu’il y a d’agréable surtout avec la bicyclette, c’est de pouvoir se dire : Je veux partir, je pars…

— Un jour viendra où tout le monde aura son automobile.

— La photographie, c’est autre chose.

— Même, si on ne réussit pas très bien, cela fixe des souvenirs.

— L’année prochaine, nous avons l’intention d’aller au bord de la mer.

— Ah ! la mer… c’est encore le spectacle dont on se lasse le moins !

— Moi, je resterais des heures au bord de la mer, sans avoir besoin de penser à rien.

— Cependant certaines personnes préfèrent la montagne.

— Très beau, la montagne, mais je trouve cette beauté un peu monotone.

— Et puis ce sont des choses qui se sentent, mais qui ne se discutent pas.

— Le mieux serait d’avoir, à la fois, la mer et la montagne.