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Le Pays de l'Instar cover

Le Pays de l'Instar

Chapter 13: X. — Pour assister à un mariage
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About This Book

A satirical portrait of a bureaucratic provincial realm that maps its social life onto administrative landmarks and institutions—prefecture, treasury, military subdivision, bank, main street, promenade, clubs, cafés, and station—and divides inhabitants into noblesse, military, commerce, and civil servants. It dissects petty hierarchies, jealousies, ceremonial privileges (notably the power of chiefs of service) and the local obsession with proximity to the capital, and supplements the satire with fifteen graded conversational dialogues and a theatrical exercise illustrating typical social situations.

X. — Pour assister à un mariage

— Et votre grande Germaine, quand la marions-nous ?

— L’important n’est pas de marier sa fille, mais de la bien marier.

— Le mariage n’est une loterie que pour les gens qui l’ont bien voulu.

— On ne se marie pas tous les jours.

— C’est un acte assez sérieux pour valoir la peine qu’on y réfléchisse.

— Le divorce est une porte de sortie peut-être commode, mais ce ne sera jamais qu’une porte de sortie.

— Le hasard est un grand maître.

— Neuf fois sur dix, l’homme qu’on épouse ne vous avait jamais fait danser.

— Mariage d’amour, mariage d’argent, voilà des mots : il y a les bons et les mauvais mariages.

— On ne vit pas de l’air du temps.

— Tous les ménages d’officiers ne sont pas heureux.

— Ce n’est pas seulement la situation qu’on épouse.

— Il y a des enfants légers, mais il y a des parents bien coupables.

— Le jour de son mariage, ce n’est pas ma fille qui sera la plus émue.

— Ce n’est pas la peine d’annoncer une cérémonie pour midi, quand on sait parfaitement qu’elle ne commencera qu’à une heure moins le quart.

— Je ne peux pas entendre cette marche nuptiale de Mendelssohn sans avoir envie de pleurer.

— Les libres penseurs auront beau faire, rien ne remplacera l’autel avec les fleurs, et les cierges, et l’orgue, et les suisses.

— Même si j’étais libre-penseur, je n’épouserais pas une femme sans religion.

— Il y a des femmes qui vont à la messe en sortant du bal.

— N’empêche que c’est toujours une garantie.

— Dans un cortège, il est bien rare que toutes les femmes soient jolies.

— Est-ce que c’est un officier de marine, ou des télégraphes ?

— C’est un de leurs cousins qu’ils avaient perdu de vue depuis dix ans.

— Il n’y a pas de beau mariage sans uniforme et sans petits enfants.

— Ce n’était pas une raison pour habiller ce pauvre petit comme un petit singe.

— Avouez que cette institution du lunch est plus commode et plus économique.

— Vous pensez bien que j’ai déjeuné.

— Si nous n’avions pas fait de voyage de noces, à l’heure qu’il est je ne connaîtrais pas l’Italie.

— Les voyages, c’est comme le piano : aussitôt que les bébés arrivent…

— J’ai encore oublié de prendre des pièces de dix sous.