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Le Pays de l'Instar cover

Le Pays de l'Instar

Chapter 5: II. — Pour rendre les premières visites
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About This Book

A satirical portrait of a bureaucratic provincial realm that maps its social life onto administrative landmarks and institutions—prefecture, treasury, military subdivision, bank, main street, promenade, clubs, cafés, and station—and divides inhabitants into noblesse, military, commerce, and civil servants. It dissects petty hierarchies, jealousies, ceremonial privileges (notably the power of chiefs of service) and the local obsession with proximity to the capital, and supplements the satire with fifteen graded conversational dialogues and a theatrical exercise illustrating typical social situations.

II. — Pour rendre les premières visites

— Monsieur est sans doute le nouvel inspecteur des contributions ?…

— Nous étions dans les meilleurs termes avec votre prédécesseur, quel homme charmant !

— Je sais que je prends une succession difficile.

— Il est certain qu’il sera très regretté…

— C’est ce que tout le monde veut bien nous dire.

— Quel dommage que sa pauvre petite femme était toujours malade !…

— Je crois que l’air du pays ne lui convenait pas.

— Pourtant on s’acclimate généralement ; — vous êtes en famille ?

— Nous avons eu le malheur de perdre un petit garçon…

— Ah !…

— Et vous êtes complètement installés dans la maison Taupin ?

— C’est bien difficile pour trouver exactement ce qu’on voudrait…

— Nous avons beaucoup de meubles : la bibliothèque de mon mari…

— Trois déménagements valent un incendie.

— C’est l’ennui de cette vie de fonctionnaires…

— Ne m’en parlez pas ! — A qui le dites-vous !

— Vous étiez à Gap ? Je me souviens que, quand je me suis mariée, mon mari fut sur le point d’y être nommé…

— A Gap ? Attendez donc : ne connaissez-vous pas là-bas un médecin, qui est conseiller d’arrondissement, qui a deux grandes filles à marier… un nom en eau

— Le docteur Camus ?…

— Précisément ; c’est un bon ami d’Adolphe !

— Voyez, nous nous retrouvons presque en pays de connaissance.

— La ville n’est pas très gaie, mais il y a la montagne.

— La ville n’est pas très gaie, mais il y a la mer…

— La ville n’est pas très gaie, mais il y a la proximité de Lyon…

— D’ailleurs, ce qui fait qu’on s’attache à une ville, ce sont plutôt les relations.

— Quand on peut trouver un petit noyau de gens aimables…

— L’important est de se créer un petit noyau.