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Le Pays de l'Instar

Chapter 82: SCÈNE DERNIÈRE
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About This Book

A satirical portrait of a bureaucratic provincial realm that maps its social life onto administrative landmarks and institutions—prefecture, treasury, military subdivision, bank, main street, promenade, clubs, cafés, and station—and divides inhabitants into noblesse, military, commerce, and civil servants. It dissects petty hierarchies, jealousies, ceremonial privileges (notably the power of chiefs of service) and the local obsession with proximity to the capital, and supplements the satire with fifteen graded conversational dialogues and a theatrical exercise illustrating typical social situations.

AUTRE DÉNOUEMENT
SI L’ON JUGE A PROPOS DE FINIR LA PIÈCE AU SECOND ACTE

ACTE DEUXIÈME

SCÈNE DERNIÈRE

GÉRÔME.

Canette ne voit personne, voilà qu’il s’installe !

CALFA.

Ne le troublez pas : la noce continue. Seulement je me vois forcé de garder Madame, bien entendu, et Jeunhomme à ma disposition.

JEUNHOMME.

Mais c’est la préfète !

AMÉLIE.

Vous arrêtez la préfète !

TOUS.

La préfète ?

AMÉLIE.

La nouvelle préfète arrivée ici d’hier soir : et je viens de lui apprendre à jouer au trou !

Mme BÉDU.

Bédu, Bédu ! notre fille est l’amie de la préfète ! Mais présente-nous donc, petite dinde ! La mère, Madame la Préfète, je suis la mère ! Et M. Bédu, mon mari, vingt-cinq ans de service !…

LA PRÉFÈTE, à part.

Allons, c’était trop beau, cela ne pouvait pas durer, ça recommence ! (Présentations.)

CALFA.

La préfète, c’était la préfète ! Pour une fois où j’aurais eu quelque chose d’intéressant à apprendre au préfet !

AMÉLIE, à M. Ramage.

Alors une préfète peut être prise pour une grue ?

M. RAMAGE.

Ce serait le salut de l’administration !

CALFA, à Jeunhomme.

Vous qui étiez au courant, vous n’auriez pas pu me prévenir ? Mais, parbleu, j’aurais dû me méfier : anarchiste, autant dire que vous êtes agent de la sûreté ; vous briguez ma place !

LA PRÉFÈTE.

Allons, Monsieur le Commissaire, ne vous troublez pas ; je vous dois un peu d’imprévu, c’est si rare dans la vie d’une préfète : je parlerai de vous au préfet.

CALFA.

Je voudrais tant être nommé à Paris…

LA PRÉFÈTE.

Comment donc ! à la façon dont vous arrêtez les femmes, votre vraie place est à Paris.

TOUS.

Ah ! Paris !

CALFA.

Oui, Paris ! Car, en province, vous voyez qu’on a beau faire : il ne se passe jamais rien.

RIDEAU