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Le roman de Confucius

Chapter 2: AUX HOMMES D’OCCIDENT
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About This Book

Le récit retrace la jeunesse et la trajectoire d’un maître chinois légendaire, depuis une naissance modeste entourée de signes prodigieux jusqu’à l’exercice de son enseignement, en enchaînant épisodes biographiques, anecdotes populaires et scènes d’instruction. L’auteur met en parallèle deux figures de sagesse contemporaines, oppose rites et raison, et interroge la lutte contre les superstitions, la fonction des cérémonies et la transmission morale par l’éducation. Le ton allie évocation mythique, portraits de disciples et méditation sur la transformation sociale par la sagesse.

AUX HOMMES D’OCCIDENT

Hommes d’Occident, écoutez-moi ! J’ai traversé des millénaires ; j’ai vu des planètes qui ont disparu et j’ai fait la première moisson quand la terre était limoneuse et sortait à peine des eaux primitives.

Hommes d’Occident, j’ai appris l’écriture et l’art de composer des livres avec des tablettes de bambou quand vous marchiez à quatre pattes et mangiez la chair de vos morts.

Hommes d’Occident, j’ai cherché la vérité et je l’ai aimée avec mille fois plus d’ardeur que vous, et s’il y a des joueurs de harpe, des hommes qui comptent les étoiles et d’autres qui tracent des figures dans la pierre, c’est à cause de la sueur que j’ai répandue.

Hommes d’Occident, vous vous enorgueillissez de vos navires et de vos machines, de vos inventions et de votre Dieu. Il y a bien longtemps que je transforme la matière de mille façons, et quand j’ai connu Dieu, je suis demeuré immobile.

Hommes d’Occident, vous ignorez tout de moi, parce que ma science est secrète et que ma sagesse se tait. Prenez garde au malheur que cause celui qui révèle trop vite ce qui doit demeurer caché.

Hommes d’Occident, ne vous hâtez pas. Sur la montagne de Tai-Chang, je me suis assis et j’attends. Je vous vois venir de très loin. Le sable s’élève et retombe. Tous les peuples sont dispersés. La parole des sages demeure.

Hommes d’Occident, écoutez les sages, les grands sages de l’antique Chine. De leur vivant ils furent petits et nul ne sut qu’ils étaient les sages. Car telle est la loi. La vérité est invisible et nous l’aspirons sans la connaître.

Hommes d’Occident, la vérité est invisible mais elle est née sur la terre jaune, elle a mangé le grain de riz, sommeillé sous le mûrier bleu et nous la transmettons modestement. Hommes d’Occident, écoutez les sages, les grands sages de l’antique Chine.