WeRead Powered by ReaderPub
Le Salut par les Juifs cover

Le Salut par les Juifs

Chapter 22: XX
Open in WeRead

About This Book

The author advances a theological and exegetical argument that Christian salvation proceeds from the Jewish people, asserting that Christ and the sacramental life are intimately bound to Hebrew origins. Through close readings of Scripture, critiques of contemporary anti-Jewish polemics, and fervent moral exhortation, he urges recognition of the Jews' role in redemption. The text blends biblical exegesis, rhetorical denunciation of prejudice, and impassioned apologetics to reframe Christian–Jewish relations as central to understanding salvation.

XX

Les désolations et les terreurs de l'Évangile étaient ambiantes à tel point pour ces bonnes gens d'autrefois, que leur aversion à l'égard des Juifs empruntait à la nature même de leur sensibilité quelque chose de prophétique.

Non seulement les Juifs avaient crucifié Jésus ; que dis-je? non seulement ils le crucifiaient actuellement devant eux, mais encore ils refusaient de le faire descendre de sa Croix en croyant en lui.

Car tous les mots du Texte sont vivants.

Pour ces âmes profondes et amoureuses, il ne pouvait être question de rhétorique ou de vaine littérature, quand il s'agissait de la Parole de Dieu.

Les faiseurs de livres, qui ont tout dilapidé, dormaient encore dans les limbes des maternités futures, et l'horreur eût été grande, si quelqu'un s'était avisé de supposer que l'Esprit-Saint avait pu raconter une anecdote ou relater un incident accessoire, élagable sans inconvénient.

On ne trouvait pas, dans le Livre, une syllabe qui ne se rapportât, en même temps, au passé et à l'avenir, au Créateur et aux créatures, à l'abîme d'en haut et à l'abîme d'en bas, — enveloppant tous les mondes à la fois d'un unique éclair, comme le tournoyant esprit de l'Ecclésiaste qui « passe en considérant les univers in circuitu, et qui revient en ses propres cercles ».

Ce fut d'ailleurs, à toute époque, l'infaillible pensée de l'Église qui retranche d'elle, ainsi qu'un membre pourri, quiconque touche à cette Arche sainte remplie de tonnerres : la Révélation par les Écritures, — éternellement actuelle au sens historique et universelle, absolument, au sens des symboles.

En d'autres termes, la Parole divine est infinie, absolue, irrévocable de toute manière, itérative surtout, prodigieusement, car Dieu ne peut parler que de Lui-même.

Ces âmes simples étaient donc « raisonnablement » persuadées que la Raillerie juive, consignée par les deux premiers Évangélistes, n'est rien moins qu'une échéance prophétique de l'histoire de Dieu racontée par Dieu, et leur instinct les avertissait que le « Règne terrestre » du Crucifié et la fin glorieuse de son permanent Supplice dépendaient, en quelque inexprimable façon, de la bonne volonté de ces infidèles.