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Le songe d'une femme: roman familier cover

Le songe d'une femme: roman familier

Chapter 31: PIERRE BAZAN A PAUL PELASGE
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About This Book

An intimate epistolary exchange among correspondents examines desire, beauty, happiness and the hazards of self-revelation. Alternating letters set impulsive surrender against cautious reserve as the writers debate love, dignity and the small pleasures that sustain life. Lyrical passages of sensual joy coexist with sober reflections on melancholy, memory and appearance, while misunderstandings and shifting affinities emerge through candid counsel. The book privileges introspective observation and conversational nuance, tracing how generosity and self-protection shape emotional experience without resolving the tensions between them.

PIERRE BAZAN A PAUL PELASGE

Paris, 10 septembre.

… Me voilà bien guéri, cher Pelasge, car c'était ce que je croyais, quoique la fugue ait été fort atténuée par l'attitude dont se vante, avec une certaine drôlerie, la petite Patraque. Elle m'est arrivée, ce matin, comme j'allais partir, et je l'ai assez mal reçue, pour la punir de la journée qu'elle me fait perdre. Patraque prétend avoir résisté à la séductrice. Elle a eu un mot superbe: «Cela, c'est de la passion, ça ne se paie pas!» Cette noblesse de tenue dans la débauche me réjouit beaucoup; cependant je ne crois pas à l'histoire. Patraque est très jalouse et j'imagine quelque scène prodigieuse avec une femme de chambre, une amie, je ne sais… Enfin, je pars. Je ne peindrai même pas de Bretonnes; je peindrai la mer. Mais la mer est une femme et j'ai peur de ne pouvoir la contempler sans dégoût.