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Le songe d'une femme: roman familier cover

Le songe d'une femme: roman familier

Chapter 52: PIERRE BAZAN A PAUL PELASGE
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About This Book

An intimate epistolary exchange among correspondents examines desire, beauty, happiness and the hazards of self-revelation. Alternating letters set impulsive surrender against cautious reserve as the writers debate love, dignity and the small pleasures that sustain life. Lyrical passages of sensual joy coexist with sober reflections on melancholy, memory and appearance, while misunderstandings and shifting affinities emerge through candid counsel. The book privileges introspective observation and conversational nuance, tracing how generosity and self-protection shape emotional experience without resolving the tensions between them.

PIERRE BAZAN A PAUL PELASGE

Havoque, 14 octobre.

Mon cher Pelasge, tu as bien fait de brûler mes lettres, puisque tu ne les croyais pas exactes. Je ne sais plus. Ai-je mêlé des imaginations d'amant à des réalités de peintre? C'est possible. En tout cas, la question ne m'intéresse plus du tout; et moi je ne me souviens jamais du passé. Fais de même. Laisse reposer la source que tu as troublée; oublie le goût de l'eau fraîche, trop fraîche, où tu plongeas la main un jour de chaleur. Voilà l'automne. Bois du champagne. Laisse aux cœurs simples la douceur de leur chagrin innocent. Le goût des larmes ne te convient pas. Il faut pouvoir pleurer soi-même pour être ému par une femme qui pleure.

Oui, je suis sibyllin; mais pour que tu comprennes très bien mon oracle, je te dirai que je ne crois pas plus à l'histoire de tes jeux amoureux avec A. que tu ne veux croire à ma métamorphose en cygne. Je t'offre ceci contre cela. Adieu.