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Le songe d'une femme: roman familier cover

Le songe d'une femme: roman familier

Chapter 55: CLAUDE DE LA TOUR A PAUL PELASGE
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About This Book

An intimate epistolary exchange among correspondents examines desire, beauty, happiness and the hazards of self-revelation. Alternating letters set impulsive surrender against cautious reserve as the writers debate love, dignity and the small pleasures that sustain life. Lyrical passages of sensual joy coexist with sober reflections on melancholy, memory and appearance, while misunderstandings and shifting affinities emerge through candid counsel. The book privileges introspective observation and conversational nuance, tracing how generosity and self-protection shape emotional experience without resolving the tensions between them.

CLAUDE DE LA TOUR A PAUL PELASGE

Nice, 15 novembre.

… Ne soyez pas surpris si je suis absente en ce moment. Une femme n'est pas toujours maîtresse de certains mouvements tumultueux. Mon amitié pour vous était plus vive que je ne le croyais, et je n'ai pu consentir à être témoin d'un mariage qui va diminuer et peut-être réduire à rien la cordialité déjà tendre, je l'ai imaginé, de nos relations. Prenez cela comme une crise de nerfs, comme une faiblesse féminine. Il faut s'évanouir parfois, pour ne pas crier. Quand je serai revenue à moi, je connaîtrai la qualité de ma souffrance; j'espère que je pourrai sourire. Je suis évanouie, je ne suis pas disparue. On me reverra, toujours la même, témoin indulgent des bonheurs que je n'ai pas su réduire en esclavage. Il faut donner tout pour avoir tout. Je n'ai jamais voulu échanger que des rêves et des paroles: c'est pourquoi je me promène seule sous le soleil de l'automne…