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Le Vaisseau fantôme (Der Fliegende Holländer) cover

Le Vaisseau fantôme (Der Fliegende Holländer)

Chapter 23: SCÈNE V
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About This Book

A cursed, supernatural mariner is driven ashore and entangled with a coastal household, where a local family's encounter with him provokes fascination and dread. A young woman's consuming devotion to his legend becomes the opera's moral and emotional axis as choruses, arias, and orchestral interludes alternate to reveal longing, fate, and the sea's violence. Staging directions and music intensify the contrast between stormy expiation and serene hope, and the plot resolves through a sacrificial act that transforms despair into redemption, fusing poetic drama and musical motifs throughout the three-act structure.

Suis-je perdue, à présent, dans un songe,
Mirage étrange du sommeil?
Jusqu'à ce jour, jouet d'un vain mensonge,
Est-ce l'instant de mon réveil?
Lorsque je vois cette angoisse mortelle
Où tant de maux se lisent à la fois,
De la pitié la voix me trompe-t-elle?
Tel je le vis, et tel je le revois.
Ce feu brûlant dont l'ardeur me dévore,
Ah! de quel nom l'appellerai-je encore?
La grâce, le salut, ton seul espoir,
À mon amour puisses-tu le devoir!

LE HOLLANDAIS, s'approchant de Senta.

Veux-tu, docile aux vœux d'un père,
Céder au choix qu'il a su faire?
Veux-tu donner la main, ta vie entière,
À l'étranger, et pour l'éternité?
Pour obtenir le repos que j'espère,
Puis-je compter sur ta fidélité?

SENTA.

Qui que tu sois, quelque tourment barbare
Que le destin te condamne à subir,
Et quel que soit le sort qu'il me prépare,
Mon père parle, et je veux obéir.

LE HOLLANDAIS.

Quoi! pour toujours tu consens à me suivre?
De mes tourments ainsi s'émeut ton cœur!

SENTA, à elle-même.

De ses tourments, qu'enfin je le délivre!

LE HOLLANDAIS, qui a entendu Senta.

Ô doux accents, au sein de ma douleur!
Ange clément, oui, ton amour céleste
Vaincrait l'enfer et son tourment.
Ah! du salut si quelque espoir me reste,
Qu'il vienne d'elle, ô Dieu puissant!
Si tu savais à quel supplice
Le sort t'expose auprès de moi,
Tu comprendrais quel sacrifice
Tu fais en me donnant ta foi!
À ce spectacle, ta jeune âme
Frissonnerait avec effroi,
Si la vertu qui fait la femme,
Fidélité! ne brille en toi.

SENTA.

Je sais le devoir d'une femme,
Infortuné, rassure-toi!
Que le destin éprouve l'âme
Qui veut braver sa dure loi.
Dans la ferveur d'un cœur sans tache,
Ma foi se donne sans effort.
Oui, je saurai remplir ma tâche:
Fidélité jusqu'à la mort!

LE HOLLANDAIS.

Un baume saint sur ma blessure
Paraît versé par son serment.

SENTA.

Quelle est la voix qui me conjure
De mettre fin à son tourment?

LE HOLLANDAIS.

C'est mon salut, ah! tout enfin le prouve!
Cesse, rigueur d'un triste sort!

SENTA.

Ah! comme en son pays, qu'il trouve
Après l'orage enfin le port!
D'où naît en moi pareille audace,
Et dans mon sein quel feu nouveau?

LE HOLLANDAIS.

L'étoile du malheur s'efface,
L'espoir rallume son flambeau.

SENTA.

Le charme puissant qui m'enflamme,
C'est ton pouvoir, fidélité!

LE HOLLANDAIS.

Vous, anges, faites qu'en son âme
Règne à jamais fidélité!

SCÈNE VI

Les Mêmes, DALAND.

DALAND, rentrant.

Pardon! mes gens sont là, criant bien fort.
Chez nous on fête
Le retour au port.
Et quand s'apprête
Ce jour de plaisir,
Par votre hymen pourra-t-on l'embellir?

(Au Hollandais.)

Tous deux vous avez pu vous connaître à loisir.

(À Senta.)

Parle, Senta, dis, veux-tu consentir?

SENTA, au Hollandais, avec une résolution solennelle.

Voici ma main! à toi mon sort!
Fidélité jusqu'à la mort!

LE HOLLANDAIS.

À moi son cœur jusqu'à la mort!
Enfin, l'enfer est le moins fort!

DALAND.

Pour nous s'annonce un heureux sort!
Allons! Tout est en fête au port!

FIN DU DEUXIÈME ACTE.

ACTE TROISIÈME

Un havre bordé de rochers d'un côté. Sur le devant de la scène, la maison de Daland. Au fond, le navire du Norvégien, et celui du Hollandais assez rapprochés l'un de l'autre. Nuit claire. Le navire norvégien est illuminé, les matelots sont sur le pont, bruyants éclats de joie. L'aspect du navire Hollandais forme avec cette allégresse un contraste sinistre; une nuit fantastique l'enveloppe de toutes parts. Il y règne un silence de mort.

SCÈNE PREMIÈRE

LES MATELOTS HOLLANDAIS.

CHŒUR DE MATELOTS.

Timonier, viens à nous!
Le repos est si doux!
Hiva! matelots, carguez,
Et mouillez!
Nous ne craignons guère
Flots ni vent,
Sachons nous distraire
En chantant.
J'ai ma belle à terre
Qui m'attend,
Un flacon de rack
Et d'excellent tabac.
Hiva!
En narguant
Flots et vent,
Amarrez
Et mouillez!

(Ils dansent gaîment sur le tillac en frappant du pied.)

SCÈNE II

LES MATELOTS, LES JEUNES FILLES.

Les jeunes filles arrivent apportant des corbeilles pleines de vivres et de liqueurs.

LES JEUNES FILLES.

Ah! regardez! ils dansent tous,
Ils n'ont pas besoin de nous!

(Elles s'approchent du vaisseau hollandais.)

LES MATELOTS.

Les belles, où donc allez-vous?

LES JEUNES FILLES.

Quoi! ne pensez-vous donc qu'au vin?
Avec vous seuls loin d'être aimables,
Faisons la part pour le voisin.

LES MATELOTS.

C'est vrai! donnez aux pauvres diables,
Ils sont mourants de soif, de faim.

(Examinant le vaisseau hollandais.)

J'écoute en vain!
Mais nul fanal! voyez, sur leur bord nul marin!

LES JEUNES FILLES, se dirigeant vers le vaisseau hollandais.

Eh! matelot! veux-tu du feu?
Où donc es-tu? on y voit peu!

LES MATELOTS, riant.

Laissez-les donc! ils dorment tous!

LES JEUNES FILLES.

Holà marins! réveillez-vous!

(Long silence.)

LES MATELOTS.

Ah! ah! je pense qu'ils sont morts!
Ils n'ont besoin de rien alors!
Allons! qu'on s'apprête
Marins paresseux!
N'est-ce donc pas fête
Aujourd'hui pour eux?
Ils restent tous muets encor
Comme un dragon gardant de l'or.
Holà! hé! marin
Veux-tu du bon vin?
Quoi, rien ne te tente,
Tu fuis tout régal,
Pas un ne boit, pas un ne chante,
À bord ne brille aucun fanal.
N'as-tu sur la plage
Aucun rendez-vous?
Viens sur le rivage
Danser avec nous.
Ils sont tous vieux et tous perclus,
Leurs amoureuses ne sont plus.
Marins! marins! réveillez-vous!
Voilà des fruits et du vin doux!

(Long silence.)

LES JEUNES FILLES, surprises et effrayées.

C'est bien certain! ils sont tous morts!
Ils n'ont besoin de rien alors!

LES MATELOTS, plaisantant.

Sachez-le bien, ce vaisseau qu'on nomma
«Le vaisseau Fantôme» il est là!

LES JEUNES FILLES.

Ah! n'éveillez pas l'équipage!
Ce sont, je gage,
Des esprits!

LES MATELOTS.

Combien sur vos têtes
De siècles enfuis?
Des vents, des tempêtes
Vous narguez les bruits!

LES JEUNES FILLES.

Ils n'ont besoin d'aucun régal
À bord ne brille aucun fanal.

LES MATELOTS.

N'est-il pas de lettre
Que, depuis le temps,
Il faudrait remettre
À vos grands parents?

LES JEUNES FILLES.

Ils sont tous vieux et tous perclus,
Leurs amoureuses ne sont plus.

LES MATELOTS.

Hé! montrez-nous comme,
Les voiles au vent,
Le Vaisseau Fantôme
S'enfuit promptement!

LES JEUNES FILLES, s'éloignant avec effroi du navire hollandais.

Pas un n'entend! Ah! quel frisson!
Les appeler... Mais à quoi bon?

LES MATELOTS.

Allons! laissez les morts en paix.
Gardez pour nous ces gais apprêts.

LES JEUNES FILLES, tendant leurs corbeilles par-dessus le bord.

Prenez sans gêne, l'autre dort.

LES MATELOTS.

Quoi! ne venez-vous pas à bord?

LES JEUNES FILLES.

Il n'est pas temps, non, pas si vite.
C'est pour plus tard; buvez à flots,
Et, s'il vous plaît, dansez ensuite,
Mais ne troublez pas leur repos.
Laissez le voisin en repos!

(Elles s'en vont.)

SCÈNE III

LES MATELOTS, LE TIMONIER.

LES MATELOTS, vidant les corbeilles.

Hurrah! la bonne aubaine!
Ah! cher voisin, merci!

LE TIMONIER.

Buvons, amis, à tasse pleine.
Merci, voisin! Buvons à lui!
Voisin, s'il te reste la voix,
Éveille-toi! viens, chante et bois!

(À partir de ce moment, le mouvement commence sur le vaisseau hollandais.)

LES MATELOTS NORVÉGIENS.

Éveille toi! viens! chante et bois!
Hurrah!

(Ils boivent et choquent fortement leurs gobelets.)

Timonier, viens à nous
Le repos est si doux!
Hiva!
Matelots, carguez,
Et mouillez!
De la mer profonde
Plus d'un grain
Nous fit goûter l'onde,
C'est malsain.
Chantons à la ronde,
Verre en main.
Plus chaude liqueur
Va nous donner du cœur
Hiva!
En narguant
Flots et vent,
Amarrez
Et carguez.
Timonier viens à nous
Le repos est si doux,
Hiva!
Timonier, bois, avec nous,
En narguant
Flots et vent!

SCÈNE IV

LES MARINS NORVÉGIENS, LES MARINS HOLLANDAIS.

L'équipage du Vaisseau fantôme paraît sur le pont du navire. La mer, qui reste calme partout ailleurs, s'agite soudainement autour du Vaisseau fantôme. Une lueur bleuâtre et sinistre flamboie sur le navire comme un fanal de garde. Un vent de tempête se met à siffler dans les cordages. L'équipage qui, auparavant, n'avait pas donné signe de vie, commence à s'animer et exécute avec rapidité les diverses manœuvres.

LES MARINS DU VAISSEAU FANTÔME.

Ah! Hiva! Hui! Hiva! L'ouragan pousse au port!
Voile au vent, ancre à bord!
Et dans l'anse
On s'élance!
Noir marin, allons, descends!
Déjà sont passés sept ans,
Fais la cour à blonde enfant.
Blonde enfant tiens ton serment!
Quelle fête!
Ô fiancés, la tempête
Et le vent
Des noces c'est le chant!
Capitaine, es-tu de retour?
Voile au vent! mais ta belle
Où donc est-elle?
Vite en mer! Tu n'as pas de bonheur en amour!

Hiva! ah!
Que mugissent vents et flots!
Pour nos voiles nul repos!
Satan même les tissa,
Nul orage n'y mordra!
Ah! Hiva! ah!
Rien n'y fera!

Les matelots norvégiens observent d'abord avec surprise, ensuite avec épouvante ce qui se passe à bord du Vaisseau fantôme.

Pendant le chant des Hollandais leur navire est ballotte par les flots. Un vent horrible se fait sentir à travers les cordages et les voiles qui s'agitent avec un bruit lugubre et menaçant.

Par un contraste surnaturel le calme le plus parfait règne dans l'air et sur la mer, partout, excepté autour du Vaisseau fantôme.

LES MATELOTS NORVÉGIENS.

Ah! quels cris
Des esprits!
Je frémis!
Répétons hardiment
Notre chant!
Timonier, viens à nous
Le repos est si doux
Répétons
Nos chansons!

LES HOLLANDAIS.

Hiva! ah!
Que mugissent vents et flots,
Pour nos voiles nul repos!
Satan même les tissa,
Nul orage n'y mordra.
Non! rien n'y fera,
Ah! Hiva!

Le chant des Hollandais est devenu de plus en plus sauvage, les Norvégiens cherchent vainement à le dominer par leur chanson. Le tumulte de la mer et le mugissement d'une tempête surnaturelle les réduisent an silence. Au comble de l'épouvante ils s'enfuient en abandonnant le pont de leur navire. Les Hollandais qui les voient fuir, poussent un cri strident de moquerie. Tout à coup un silence profond règne de nouveau sur le Vaisseau fantôme, la mer et la tempête se calment également.

SCÈNE V

SENTA, ÉRIK.

Senta sort tout émue de la maison. Érik la suit dans une vive agitation.

ÉRIK.

Que viens-je d'entendre!
Ô fatalité!
Est-ce mensonge ou vérité?...

SENTA, se détournant avec une émotion douloureuse

Ah! laisse-moi! je n'ai rien à t'apprendre.

ÉRIK.

Ô juste Dieu! nul doute... plus d'erreur!
Par quel pouvoir fatal fus-tu séduite
Et quel attrait t'a fait céder si vite?
C'est en riant que tu brisas mon cœur.
Ton père, lui, guida le fiancé!
Je le connais!... J'avais tout annoncé!...
Mais toi, quand j'y pense,
À peine est-il venu, soudain,
À l'étranger donner ta main...

SENTA, en proie à une lutte intérieure.

Silence!...
Ah! je le dois!...

ÉRIK.

Aveugle obéissance
Et plus aveugle choix!
Sans hésiter je te vis te soumettre,
Du même coup tu m'ôtes tout espoir!...

SENTA.

Assez! va-t'en! il ne faut plus nous voir,
Ni nous connaître.
C'est là mon devoir!

ÉRIK.

Et quel devoir? Eh quoi! ta foi chancelle!...
Tu m'as promis naguère amour fidèle!...

SENTA, avec vivacité.

Quoi! ce serment aurait pu nous lier?

ÉRIK, avec douleur.

Parle! Senta! Dis! peux-tu le nier?

Te souvient-il du jour où dans la plaine
Auprès de toi tu m'appelais alors,
Ou sur un pic cherchant la fleur lointaine,
Je la cueillais au prix de mille efforts.
Songe à ce jour ou de ce roc qui penche
Nous avons vu ton père fuir le port?
Nous regardions au loin sa voile blanche,
Et c'est à moi qu'il confia ton sort.

Sur mon épaule alors jetant ton bras,
De tes serments ne te souviens-tu pas?
Ta main tremblait dans la mienne, et ce jour
Me présageait le plus fidèle amour!

SCÈNE VI

Les Mêmes, LE HOLLANDAIS.

(Le Hollandais, qui depuis un moment écoutait, accourt dans une violente agitation.)

LE HOLLANDAIS.

C'en est fait! Ô misère!...
Ah! tout salut me fuit!...

ÉRIK, reculant épouvanté.

Que vois-je! Dieu!...

LE HOLLANDAIS.

Senta, je pars! adieu!...

SENTA, se jetant devant le Hollandais.

Arrête, malheureux!

ÉRIK.

Senta! que veux-tu faire?...

LE HOLLANDAIS.

En mer! En mer! et pour l'éternité...

(À Senta.)

Oui, c'en est fait de ta fidélité...
L'espoir du salut m'est ôté.
Adieu! Je veux au péril te soustraire.

ÉRIK.

Son aspect fait frémir!...

SENTA, au Hollandais, le retenant.

Attends! d'ici tu ne dois plus partir!...

LE HOLLANDAIS, donnant le signal à son équipage.

Voile au vent!
En avant!
Et pour jamais renoncez à la terre!

SENTA, au Hollandais.

Peux-tu douter d'un cœur sincère?
Tu dois encor compter sur moi!
Attends! en notre hymen espère,
Car je saurai garder ma foi!

LE HOLLANDAIS.

La mer encor, la mer m'appelle,
Doutant de toi, doutant de Dieu!...
Jamais, jamais d'amour fidèle
Et tes serments ne sont qu'un jeu!...

ÉRIK.

Qu'entends-je, ô ciel! Terreur soudaine
Qu'entends-je et qu'est-ce que je vois!
Senta, ta perte est trop certaine...
Reviens! Satan est avec toi!

LE HOLLANDAIS, à Senta.

Apprends de quel destin je veux te garantir:
Victime, hélas! d'un sort inexorable,
La froide mort voilà mon seul désir.
Seule, de me sauver une femme est capable,
Un cœur, qui soit jusqu'au trépas constant.
Déjà j'ai reçu ton serment,
Mais tu n'as rien promis encore au tout-puissant!
Apprends quel est l'horrible châtiment
Que le destin réserve à l'infidèle:
Damnation éternelle!
Plus d'une a dû subir cette inflexible loi
Mais je veux l'écarter de toi!
Adieu! Je pars et pour l'éternité!

(Il remonte.)

ÉRIK, criant et courant avec agitation de la maison au vaisseau. À Senta.

Suis-moi!
À l'aide! Dieu! pitié pour elle.

SENTA, arrêtant le Hollandais.

Je te connais, je connaissais ton sort
Je savais tout quand je t'ai vu d'abord
De tes tourments voici la fin!
Oui, ma fidélité rend ton salut certain.

ÉRIK.

À l'aide! elle est perdue!

SCÈNE VII

Les Mêmes, DALAND, MARIE, les Jeunes Filles, les Matelots.

(Aux cris d'Érik sont accourus Daland, Marie et les Jeunes Filles, les matelots sont descendus du navire.)

DALAND.

Ah! Dieu!...

TOUS.

Dieu! qu'ai-je vu!

LE HOLLANDAIS, à Senta.

Tu ne sais rien! mon sort t'est inconnu!

(Il montre son vaisseau, dont les voiles rouges sont déployées et dont l'équipage est en train d'appareiller avec une agitation effroyable.)

Demande aux flots, d'un pôle à l'autre,
Au matelot vieilli qui partout navigua,
Ils te diront quel navire est le nôtre
Car le Vaisseau Fantôme, le voilà!

LES MATELOTS HOLLANDAIS.

Hohé! Hé! Hiva! Hiva!...

(Le Hollandais, avec la rapidité de l'éclair, monte sur son vaisseau qui s'éloigne à l'instant au bruit des cris de l'équipage; Senta veut suivre le Hollandais, Daland, Érik et Marie la retiennent.)

DALAND, ÉRIK,

Senta! reviens à toi!...

(Senta s'est dégagée par un violent effort, elle atteint une pointe de roches qui s'avance dans la mer, de là elle crie au Hollandais qui s'éloigne.)

SENTA.

Gloire à ton ange! Gloire à sa loi!
Jusqu'à la mort je suis à toi!...

(Elle se jette dans la mer. Au même moment le navire du Hollandais s'abîme avec son équipage au milieu des flots. Au fond on voit s'élever au-dessus de la mer le Hollandais et Senta transfigurés. Il la tient embrassée.)

FIN

ÉMILE COLIN—IMPRIMERIE DE LAGNY