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Le vote des femmes

Chapter 14: LES FEMMES ONT VOTÉ EN FRANCE
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About This Book

L'auteure retrace plus d'un siècle d'efforts en France pour obtenir les droits politiques des femmes, passe en revue les arguments en faveur du suffrage féminin, réfute les objections courantes et expose les avantages sociaux et civiques de l'émancipation électorale. Le texte critique la forme restreinte du suffrage comme illusoire, soutient que le suffrage véritablement universel nécessite l'inclusion des femmes, et explique comment leurs voix et leur éducation politique renforceraient les institutions démocratiques, le bien-être public et la responsabilité civique. Il aborde aussi les objections liées à la maternité et défend l'égalité morale et intellectuelle des femmes pour participer à la vie publique.

LES FEMMES ONT VOTÉ EN FRANCE


Le sexe féminin qui est aujourd’hui annulé dans la commune et dans l’Etat, intervenait parfois jadis dans les affaires publiques.

Tacite nous apprend, que les femmes Gauloises étaient appelées dans toutes les assemblées délibérantes où les plus graves questions étaient traitées et où elles discutaient et votaient.

Les historiens, parlent de la sagesse du Sénat des femmes Gauloises.

Plutarque nous dit, que les femmes Lyguriennes furent investies d’une autorité politique supérieure à celle des hommes, à l’occasion d’interminables querelles qui amenaient les Lyguriens à une guerre civile. Déjà, les deux partis avaient couru aux armes, ils se mesuraient des yeux sur le champ de bataille, lorsque les femmes se précipitant entre eux voulurent connaître le sujet de leur discorde. Elles le discutèrent et le jugèrent avec tant d’équité et de raison, qu’une amitié de tous avec tous régna dès lors, non seulement dans chaque cité, mais dans chaque famille. De là, naquit l’usage d’appeler les femmes aux délibérations sur la paix et la guerre.

Les Gaulois prenaient les femmes pour arbitres de leurs différends.

Quand les soldats d’Annibal, venant d’Espagne, voulurent passer les Alpes pour envahir l’Italie, les Gaulois, qui se demandaient si ils laisseraient le général Carthaginois traverser leur pays, prirent les femmes pour arbitres et les chargèrent de régler les difficultés qui pourraient surgir. Il fut stipulé dans le traité passé entre Annibal et les Gaulois: «Que si les Carthaginois avaient à se plaindre de leurs hôtes, ils exposeraient leurs griefs au tribunal des dames Gauloises lesquelles en seraient juges.» (Fauchet)

Annibal reconnut cette autorité féminine si nouvelle pour un Carthaginois. Quelques femmes siégeant au bord du Tet, prononcèrent en dernier ressort sur la demande et les plaintes de celui qui allait ébranler Rome. Il n’eut, paraît-il, jamais qu’à se féliciter des arrêts du tribunal féminin.

Les Celtes ou Germains délibéraient aussi avec leurs femmes sur la paix et la guerre; c’était avec les femmes—auxquelles ils attribuaient une divination sacrée et prophétique—qu’ils éclaircissaient tous les différends qui s’élevaient entre eux.

Sous le règne de Cécrops, premier roi d’Athènes, les femmes avaient voix dans les délibérations publiques.

Dès les temps les plus reculés les femmes des populations de races diverses habitant le territoire des Gaules étaient considérées et jouaient un grand rôle.

On attribuait aux Gauloises des lumières surnaturelles, l’art de la divination. Les Druidesses Gauloises étaient célèbres: Velléda passait pour une divinité 71 ans après J.-C.

Mais la Gaule est envahie par les Francs, les Wisigoths; et le vainqueur substitue aux lois et mœurs Gauloises, les siennes.