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Le vote des femmes

Chapter 15: LA LOI SALIQUE
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About This Book

L'auteure retrace plus d'un siècle d'efforts en France pour obtenir les droits politiques des femmes, passe en revue les arguments en faveur du suffrage féminin, réfute les objections courantes et expose les avantages sociaux et civiques de l'émancipation électorale. Le texte critique la forme restreinte du suffrage comme illusoire, soutient que le suffrage véritablement universel nécessite l'inclusion des femmes, et explique comment leurs voix et leur éducation politique renforceraient les institutions démocratiques, le bien-être public et la responsabilité civique. Il aborde aussi les objections liées à la maternité et défend l'égalité morale et intellectuelle des femmes pour participer à la vie publique.

LA LOI SALIQUE


Les Francs-Saliens en leur législation barbare rédigée en latin et publiée sous Clovis, Dagobert, Charlemagne, déclarèrent que la propriété allodiale (héréditaire) ou terre salique, ne pouvait être dévolue aux femmes, et que, par conséquent, celles-ci étaient inhabiles à succéder au trône de France.

Les Etats-Généraux de 1317 interprétèrent cette disposition des anciennes coutumes des Francs-Saliens, dite loi salique, au détriment de Jeanne fille de Louis X, en faveur de Philippe V. Et depuis, fussent-elles reconnues supérieures aux fils de France, toutes les filles de France furent exclues de la royauté.

Pourtant, si les femmes ne pouvaient régner elles gouvernaient parfois, en qualité de régentes, le royaume.

Richilde, femme de Charles-le-Chauve, eut à la mort de son mari la régence de l’empire (870). Elle prit place dans l’assemblée des évêques et présida même un concile.

Louis VI traitait sa femme Adélaïde en associée. Il voulait que son nom figure avec le sien dans la rédaction des chartes et de tous les actes publics (1120).

Jeanne de Navarre, épouse de Philippe IV, gouverna fort bien la Champagne et la Navarre qui lui appartenaient. Douée d’une intelligence supérieure et d’une rare énergie, elle empêcha le comte de Bar d’envahir la Champagne, le battit et le ramena prisonnier à Paris (1297).

Jeanne de Bourgogne femme de Philippe de Valois était associée aux actes les plus importants de l’Etat. Son mari l’autorisait à tout signer (1328).

Anne de Beaujeu, fille aînée de Louis XI fut régente du royaume pendant six ans, en raison de la minorité de son frère Charles VIII. Elle prouva tellement qu’elle était une politique consommée, que la régence et le pouvoir lui furent maintenus par les Etats de Tours (1484) à l’exclusion du duc d’Orléans.

Anne de Bretagne, qui épousa successivement Charles VIII et Louis XII, prenait aux affaires publiques la part la plus active, elle recevait les ambassadeurs et les princes dans de véritables cours plénières.

Catherine de Médicis gouverna le royaume pendant les règnes de François II, Charles IX et Henri III.

Marie de Médicis fut régente. Anne d’Autriche fut régente.

Les impératrices Marie-Louise et Eugénie de Montijo furent régentes.