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Le vote des femmes

Chapter 20: JEAN MACÉ FÉMINISTE SUFFRAGISTE
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About This Book

L'auteure retrace plus d'un siècle d'efforts en France pour obtenir les droits politiques des femmes, passe en revue les arguments en faveur du suffrage féminin, réfute les objections courantes et expose les avantages sociaux et civiques de l'émancipation électorale. Le texte critique la forme restreinte du suffrage comme illusoire, soutient que le suffrage véritablement universel nécessite l'inclusion des femmes, et explique comment leurs voix et leur éducation politique renforceraient les institutions démocratiques, le bien-être public et la responsabilité civique. Il aborde aussi les objections liées à la maternité et défend l'égalité morale et intellectuelle des femmes pour participer à la vie publique.

JEAN MACÉ FÉMINISTE SUFFRAGISTE


Jean Macé[9] écrivait en 1850:

«Du temps des 200 francs on avait fabriqué contre le suffrage du pauvre toutes sortes de raisonnements qui resteraient sans emploi, si cette question du droit électoral de la femme soulevée à son tour par les esprits logiques, n’était venue à point pour les remettre de service.

«Indifférence, ignorance, dépendance, inaptitude, ce qui s’objectait hier, à propos du pauvre, s’objecte aujourd’hui à propos de la femme.

«Droit égal, intérêt égal.

«Comment faire pour laisser la femme en dehors de la cité, quand on a déclaré qu’on en ouvrait les portes à deux battants? Quand on a écrit dans la loi que l’infamie seule ferait exception et que toute âme humaine apportait au monde en naissant son droit de compter pour un, dans les délibérations de la société?

«Dénier l’égalité des droits à deux êtres égaux, en fait, en vérité c’est se faire rire au nez, si l’on voulait se donner la peine d’y réfléchir cinq minutes; et quand on pense que cette femme soi-disant inférieure de nature à l’homme, condamnée comme telle à l’infériorité de fonctions et de rôle social, quand on pense qu’elle peut, sans qu’on souffle mot, donner sa cuisine à faire et sa chambre à balayer, à tel domestique mâle si barbu qu’il soit et que c’est une question de 400 francs par an avec les étrennes, on se prend à douter de la raison humaine qui se permet une telle débauche d’inconséquence.

«Croyez-moi, ne parlez plus de votre loi de nature, ni du grand principe de l’infériorité de la femme, non plus que de sa destination culinaire, vous mettez le pied sur tout cela à chaque pas, et la femme qui dans cette société est inférieure à l’homme, est celle-là qui n’est pas assez riche pour être sa supérieure.

«Expliquez-moi, comment vous permettez à l’homme qui fait la cuisine que la femme devait faire, de laisser là à un jour donné sa marmite et ses légumes pour aller voter avec vous. Si les détails d’intérieur sont si absorbants qu’ils ne laissent place pour aucune autre idée, pourquoi celui-là vote-t-il? S’ils ne le sont pas, pourquoi celle-là ne vote-t-elle pas?»