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Les amours de Faustine

Chapter 21: IX Pourquoi il en veut au mari de Faustine
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About This Book

A sequence of Latin love poems rendered into French that recount a Roman liaison between the poet and a married woman named Faustine. The verse mixes elegiac lyricism and classical allusion with candid personal feeling, portraying Faustine’s striking beauty, the obstacles of her marriage, and the lovers’ furtive meetings. Short elegies and epigrams shift in tone from ardent admiration to rueful reflection, charting the affair’s intimacy, its moral tensions, and its ultimately brief, bittersweet outcome.

IX
CUR SIT IRATUS MARITO FAUSTINÆ

Non te ideo (ne forte aliquis nos dicat ineptos)
Damnamus nostris, impie, versiculis,
Quod tu Faustinam nuper de nocte silenti
Materno sævus traxeris e gremio,
Quodque illi miseræ, et duro sub carcere clausæ,
Omnia crudelis gaudia sustuleris.
Novimus et leges, et quæ sint jura mariti,
Nec venit ex vero nostra querela toro.
Sed quod frigidulus conjux, turpisque, senexque
(Ne quicquam de te durius ipse loquar)
Tam bellam et lepidam, tali nec conjuge dignam,
Externi cogas jura subire tori :
Hoc inquam est sævum quod te facit, improbe, quodque
Damnamus nostris, impie, versiculis.

IX
POURQUOI IL EN VEUT AU MARI DE FAUSTINE

Non, (car il ne faut pas qu’on dise que je suis absurde), si je te condamne, scélérat, dans mes petits vers,

ce n’est point parce que, récemment, par une nuit de silence, tu as, inhumain, arraché Faustine des bras de sa mère,

et parce qu’à cette malheureuse, enfermée en un rude cachot, tu as, cruel, supprimé tous les plaisirs.

Je connais aussi les lois, et quels sont les privilèges du mari, et ce n’est point parce que les droits du lit t’appartiennent que je te cherche querelle.

Mais c’est, époux un peu trop froid, et laid, et vieux, (car il ne faut pas que je parle de toi en termes trop rudes),

c’est parce qu’ayant une femme si charmante et aimable, et qui mérite mieux qu’un tel époux, tu la forces à se soumettre aux privilèges du lit d’un autre.

Voilà, dis-je, ce qui te fait inhumain, ô fourbe, et voilà pourquoi je te condamne, scélérat, dans mes petits vers.