XXIV
VOTI SOLUTIO
XXIV
LE VŒU ACCOMPLI
C’est fait, ma Colombe m’est rendue. O sombres élégies, adieu donc pour longtemps ! Mais vous, vers tendrelets, venez ! Je chante le retour de ma Colombe, — ah ! je l’aimais certes plus que mes yeux, — et ses baisers, ses soupirs charmants, ses jeux, ses caresses assez hardies, et ses morsures laissaient, bec palpitant, loin derrière elle, le moineau de Catulle.
Car elle était douce comme miel[15], gracieuse, jolie, belle, toute fraîche et mignonne. Non ! rien ne pouvait être plus mignon, et rien plus doux, ou plus gracieux. Malheur à vous, donc[16], effrontés méchants, larrons si fourbes et si peu gracieux, puisque vous m’avez si longtemps privé de ma belle et toute fraîche et mienne Colombe ! Mais vous, hendécasyllabes nombreux, vers tendrelets et pleins de grâce, venez à moi, je vous en prie ; et tous, tant que vous êtes, il vous faut, à l’admirable Vénus et aux dieux bienveillants, accomplir le vœu que j’ai fait pour ma Colombe.