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Les angoysses douloureuses qui procedent damours cover

Les angoysses douloureuses qui procedent damours

Chapter 11: VII. Les approches des deux amans pour parler ensemble
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About This Book

A noblewoman addresses honorable ladies and delivers an extended first-person account of the anguishes produced by love, blending a dedicatory epistle with episodic narrative. She recounts her upbringing and early marriage, her beauty and the attention it draws, and the sorrow that follows her husband's absences and surrounding political troubles. Through rhetorical reflection and mythological allusion she explores constancy, temptation, fate, and the bodily and emotional costs of desire, alternately confessing suffering, warning other women against vain amour, and seeking consolation and moral perspective for her afflictions.

Les approches des deux amans pour parler ensemble.
Chapitre. VII.

Ainsi doncques perseveray tousjours de suyvre la maulvaise partie de mon esprit, & n’eurent puissance les propos & derisions (dont usoyt mon amy) de me sçavoir desmouvoir de ma follie : mais parce que j’avoye les jours precedens observé le commandement de mon mary, en dissimulant l’ardente flamme qui me brusloit & consumoyt, qui est une chose fort difficile, il me fut imparty plus de liberté que je n’avoye eu de long temps : car j’alloye au temple seulement en compaignie de l’une de mes familieres damoyselles, dont j’estoye fort joyeuse, pensant que mon amy auroit opportunité de parler, & pour l’inciter, je me tenoye dedans le temple jusques a ce qu’il estoit vuyde de toutes gens, & continuay ainsi par plusieurs jours, nonobstant il ne se advançoit de parler, dont estoye esmerveillee, & ymaginoye que ce qu’il differoit luy procedoit de pusillanimité, toutesfoys je ne lassay de persister, & ung jour entre aultres, je vey qu’il estoit plus pensif qu’il n’avoit accoustumé, & se promenoit seul tenant son bonnet en sa main, pour me donner recreation en voyant ses beaux cheveux tant bien pignez. Et apres qu’il se fut assez pourmené, il entra en une chapelle ou on commençoit a faire le divin service, parquoy j’eu occasion honneste de me lever, & aller pres de luy. Je veoye qu’il regardoit souvent entour luy, & aussi faisois je pareillement, & croys que noz pensees n’estoient differentes, car tous deux d’ung vouloir unanime avions timeur de la survenue de mon mary : & incontinent le service divin faict & accomply, il commença a se pourmener, mais il ne tarda gueres qu’il ne se vint presenter devant moy, en me saluant & regardant d’ung œil doulx & amoureux, & dict ainsi.