WeRead Powered by ReaderPub
Les angoysses douloureuses qui procedent damours cover

Les angoysses douloureuses qui procedent damours

Chapter 27: XXIII. Depart de Helisenne du lieu ou elle aymoit
Open in WeRead

Explore more books like this:

About This Book

A noblewoman addresses honorable ladies and delivers an extended first-person account of the anguishes produced by love, blending a dedicatory epistle with episodic narrative. She recounts her upbringing and early marriage, her beauty and the attention it draws, and the sorrow that follows her husband's absences and surrounding political troubles. Through rhetorical reflection and mythological allusion she explores constancy, temptation, fate, and the bodily and emotional costs of desire, alternately confessing suffering, warning other women against vain amour, and seeking consolation and moral perspective for her afflictions.

Depart de Helisenne du lieu ou elle aymoit.
Chapitre. XXIII.

Peu de temps apres mon mary feist retour au logis : lequel avoit donné ordre a ses affaires, affin que je peusse partir le lendemain, dont je fuz incontinent advertie, & voyant qu’il persistoit en telle deliberation en grande anxieté & douleur je continuay mes pleurs, accompaignez de dolentz souspirs, & pour le travail que je souffroye ne pouoye parler ne rendre voix : mais seulement avec la veue aux assistentz signifioye l’extreme douleur que mon triste cueur sentoit. En telles destresse & amaritude, passay le jour & la nuyct. Le portier de Phebus de sa venue indice faisoit, quand par mes damoyselles je fuz advertie & solicitee : affin de me preparer a la douloureuse departie, a quoy je ne vouloye aulcunement entendre : mais voyant que mon mary me perforçoit de ce faire, Apres plusieurs regretz, en grande & labourieuse peine commençay a m’appareiller : & n’estois moins dolente que ceulx qui au dernier supplice sont condemnez. Toutesfoys pour ne pouoir plus differer, accompaignie de desespoir, me vins presenter devant mon mary : lequel je trouvay prest, parquoy sans dilation nous partasmes : & quand je fuz aux champs, je commençay a regarder le lieu dont j’estoye partie, & alors toute fondue en larmes avecq aulcuns souspirs en basse voix commençay a dire.