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Les angoysses douloureuses qui procedent damours cover

Les angoysses douloureuses qui procedent damours

Chapter 32: XXVIII. Conclusion du livre
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About This Book

A noblewoman addresses honorable ladies and delivers an extended first-person account of the anguishes produced by love, blending a dedicatory epistle with episodic narrative. She recounts her upbringing and early marriage, her beauty and the attention it draws, and the sorrow that follows her husband's absences and surrounding political troubles. Through rhetorical reflection and mythological allusion she explores constancy, temptation, fate, and the bodily and emotional costs of desire, alternately confessing suffering, warning other women against vain amour, and seeking consolation and moral perspective for her afflictions.

Conclusion du livre.
Chapitre. XXVIII.

Trescheres & honnorees Dames, admiration aulcune voz chastes cueurs demouve, en considerant dont me procede la hardiesse de me ingerer d’intituler l’œuvre presente, faisant mention D’amours impudicques, ce que selon l’opinion d’aulcunes dames timides se pourra juger plus digne d’estre conservé en profonde silence, que d’estre publié ne vulgarisé : mais si bien sçavez avecq quelle force Amour m’a contraincte & parforcee, de nulles je ne seroys increpee, & avecq ce (comme j’ay predict,) & ayant par plusieurs foys laissé & infaicte la plume, l’affectueulx desir que j’ay envers vous, mes nobles dames a esté occasion que je me suis evertuee de vous declarer le tout, sans riens reserver : car par l’experience de ma furieuse follie, vous puis adviser & donner conseil qui vous sera utile & proffitable pour de tel embrasement vous conserver. Bien suis certaine que ceste mienne petite œuvre se trouvera de rude & obnubilé esperit, au respect de celles que pouez avoir leu, qui sont composees par les orateurs & Hystoriographes, lesquelz par la sublimité de leurs entendementz composent livres, dont les matieres ne sont moins jocundes que difficiles & ardues : mais en cela me doibt servir d’excuse, que nostre condition fœminine n’est tant scientifique que naturellement sont les hommes. Et encores ne suis ny ne veulx estre si presumptueuse que j’estime superer, ne seulement a apparier aulcunes Dames en science de literature : car comme je croys il y en a qui sont de si hault esperit douees, qu’elles composeroient en langaige trop plus elegant, qui rendroit (aux benevolles Lecteurs) l’œuvre plus acceptable. Mais si mon debile sçavoir est cause qu’il n’est en langaige plus aorné & modeste, a luy se doibt attribuer la faulte, & non au deffault de mon vouloir & aspirant desir, comme celle qui totallement est studieuse & affectee pour vous faire congnoistre mon affection. Et pour ce (mes Dames) je supplie & requiers L’altitonant plasmateur qu’il vous octroye a toutes la continence de Penelope, le conseil de Thetis, la modestie D’argia, la constance de Dido, la pudicité de Lucrece, la sobrieté & espargne Illarité de Glandia, affin que par les moyens de ces dons de grace puissiez demourer franchez & liberes, sans que succumbez en semblables inconveniens.

FINIS.