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Les aventures du jeune Comte Potowski, Vol. 2 (of 2) / Un roman de coeœur par Marat, l'ami du peuple cover

Les aventures du jeune Comte Potowski, Vol. 2 (of 2) / Un roman de coeœur par Marat, l'ami du peuple

Chapter 44: LXXXX GUSTAVE A SIGISMOND.
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About This Book

A series of letters and dispatches traces the collapse of order during a brutal civil conflict and the intimate tragedies it causes. Correspondence describes widespread pillage and remorse over enforced violence, the battlefield death of a devoted soldier, and the consuming bereavement of his beloved. Family members attempt consolation while one relative resorts to a falsified letter to manipulate grief, and other missives record fear, repentance, and evacuation. The narrative weaves themes of love, mourning, deception, and the corrosive effects of violence on private lives.

LXXXX
GUSTAVE A SIGISMOND.

A Pinsk.

Nous nous sommes retirés au château de Minsko pour y faire les préparatifs de la noce, et jouir de plus de tranquillité.

Les soucis fuient de ces lieux; aucune sombre pensée n'ose en approcher; une douce paix coule au fond de nos cœurs; rien ne peut plus troubler ma joie.

Lucile a recouvré la fleur de la santé, la fraîcheur de sa jeunesse, son enjouement, sa gaîté; toutes ses grâces se sont ranimées: elle est même embellie; ses yeux ont je ne sais quoi de céleste, sa voix, je ne sais quoi d'angélique, sa personne, je ne sais quoi de divin.

Sa flamme est toujours également pure: mais à présent, Lucile accorde à l'amour tout ce que permet la pudeur. Elle ne s'oppose plus à mes tendres caresses, elle se prête à mes tendres désirs et partage mes transports.

Si je la serre dans mes bras amoureux, je sens son cœur palpiter de plaisir; si je lui presse tendrement la main, cette main douce répond tendrement à la mienne: si je lui dérobe un baiser, ses lèvres vermeilles me le rendent.

O doux abandon de deux cœurs qui se donnent l'un à l'autre! Charmes des âmes sensibles! aujourd'hui seulement j'apprends à vous connaître. Auprès d'elle, cher Panin, mes vœux les plus chers paraissent remplis; mon cœur se fond d'allégresse, les jours s'écoulent comme des instants; et dans les transports de mon ravissement, je crois les Dieux jaloux de mon sort.

Bientôt ces habits de deuil vont se changer en habits de fête: bientôt je m'unirai à Lucile pour ne plus m'en séparer; bientôt je la placerai sur le lit nuptial.

Mon bonheur commencera pour ne plus finir qu'avec ma vie.

L'idée d'une union si douce me transporte: tous les moments d'une vie délicieuse et les ravissements de deux cœurs amoureux se présentent à mon âme enivrée.

Viens, cher ami, viens partager ma joie, et[1]……

[1] Le manuscrit finit ici. Les cinq lignes suivantes, qui terminaient l'ouvrage et se trouvaient sur la dernière page, ont été lacérées à l'époque où il faisait partie de la bibliothèque d'Aimé-Martin. Cette mutilation est d'ailleurs peu importante sous le rapport du sens, puisque le dénoûment est complet. Ainsi elle a été commise, selon toute probabilité, nous a-t-on dit, par quelque autographomane, qui ne craignait pas de pousser jusqu'au larcin l'amour de l'inédit. (Note de l'Éditeur.)

FIN.

COULOMMIERS.—IMPRIMERIE DE A. MOUSSIN.