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Les Colons du Rivage, ou Industrie et Probité / Ouvrage destiné a servir de lecture courante dans les écoles primaires cover

Les Colons du Rivage, ou Industrie et Probité / Ouvrage destiné a servir de lecture courante dans les écoles primaires

Chapter 3: 1. — Introduction.
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About This Book

Le récit suit une famille modeste installée au bord d'un lac alpin : une mère veuve et ses quatre enfants affrontent la pauvreté après que le père eut dissipé le patrimoine familial. L'aîné cherche du travail en ville tandis que les autres apprennent, au fil des épisodes, le courage, l'industrie et la probité. Présenté comme lecture pour les écoles primaires, l'ouvrage mêle scènes de la vie quotidienne et réflexions morales pour montrer comment l'économie laborieuse, la solidarité familiale et la conduite droite aident à surmonter les difficultés.

LES
COLONS DU RIVAGE

1. — Introduction.

Au bord d'un lac des Alpes, vivait, à la fin du siècle passé, une humble famille, dont l'histoire peut servir de leçon à beaucoup de gens, et montrer combien la pauvreté industrieuse sait trouver encore de ressources au milieu de la société. Un récit abrégé, mais fidèle, de la vie et des travaux de cette famille ne sera pas sans utilité, en un temps où l'on se plaint sans cesse qu'il est presque impossible de se faire un sort dans le monde et de trouver une place au soleil ; erreur décourageante qui serait moins répandue si l'on savait se contenter de ce qui est vraiment nécessaire, et profiter soigneusement des secours que l'équitable Providence ménage à ses enfants en apparence les plus délaissés.

Susanne Baudry, veuve après dix-huit ans de mariage, avait quatre enfants. L'aîné, nommé Charles, venait d'accomplir sa dix-septième année, mais il était très-avancé et très-fort pour son âge. Isabelle, l'aînée des filles, avait près de treize ans. André et Juliette en avaient onze ; ils étaient jumeaux. Leur père, Thomas Baudry, avait connu l'aisance. Il avait recueilli de ses parents un petit héritage, fruit de leur travail et de leurs épargnes pendant quarante années. Les petites fortunes sont, comme les grandes, sujettes à se perdre par le désordre et par le vice. Thomas, d'ailleurs assez bon ouvrier, s'étant adonné au vin, vendit peu à peu ce qu'il possédait, pour satisfaire sa honteuse passion. Il s'était vu propriétaire d'une petite maison et de quelques terres : il vécut assez pour ne laisser à sa veuve et à ses enfants qu'un chétif mobilier.

Sa mort était une délivrance pour sa famille, et cependant il fut pleuré, parce qu'il avait une bonne femme et des enfants pieux. Il avait montré, dans ses derniers moments, un profond repentir, demandant pardon à sa femme, consolant ses enfants, auxquels il disait avec humilité : « Vous ne faites pas une grande perte ; cependant, si Dieu l'avait permis, j'aurais tâché de réparer mes torts. »

Il mourut, et l'on oublia le mal qu'il avait fait ; on lui tint compte du bien qu'il aurait voulu faire. Malheureux le père de famille qui n'a connu son devoir que le dernier jour de sa vie, et qui a besoin d'indulgence pour obtenir des regrets!