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Les Colons du Rivage, ou Industrie et Probité / Ouvrage destiné a servir de lecture courante dans les écoles primaires cover

Les Colons du Rivage, ou Industrie et Probité / Ouvrage destiné a servir de lecture courante dans les écoles primaires

Chapter 58: 7. — Germain répare sa maison. — Bons conseils aux voisins.
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About This Book

Le récit suit une famille modeste installée au bord d'un lac alpin : une mère veuve et ses quatre enfants affrontent la pauvreté après que le père eut dissipé le patrimoine familial. L'aîné cherche du travail en ville tandis que les autres apprennent, au fil des épisodes, le courage, l'industrie et la probité. Présenté comme lecture pour les écoles primaires, l'ouvrage mêle scènes de la vie quotidienne et réflexions morales pour montrer comment l'économie laborieuse, la solidarité familiale et la conduite droite aident à surmonter les difficultés.

7. — Germain répare sa maison. — Bons conseils aux voisins.

Avec le secours de Sophie, je parvins à faire quelques épargnes. Aussitôt les gens me conseillèrent d'acheter du terrain. Quand même je ne payerais pas tout comptant, je pourrais achever de m'acquitter plus tard.

— Non, leur dis-je, les hypothèques me font peur. On est sûr d'avoir à payer la rente, on ne l'est pas de tirer le produit. D'ailleurs, il faut toujours aller au plus pressé ; notre maison a besoin de réparations urgentes ; je veux aussi la couvrir de tuiles. Il ne faudrait qu'un malheur dans le village, et nos maisons, couvertes de bardeaux, flamberaient comme des allumettes.

Je mis aussitôt la main à l'œuvre. J'eus lieu de m'en féliciter : dès l'année suivante, la maison d'un voisin prit feu pendant la nuit ; elle fut consumée tout entière, et les étincelles communiquèrent l'incendie aux trois maisons voisines. La mienne fut seule préservée.

Ce malheur réduisit plusieurs familles à l'indigence : il fallut venir à leur secours. Je pris chez moi un jeune garçon en apprentissage ; d'autres firent ce qu'ils purent, chacun selon sa position.

— Voilà qui est bien, dis-je à mes voisins ; nous réparons de notre mieux les maux passés ; mais, cette fois, me croirez-vous et couvrirez-vous de tuiles ou d'ardoises vos maisons? Il y a d'autres pierres, dans nos montagnes, qui se détachent par feuilles : vous pouvez vous en servir, si vous trouvez l'ardoise trop chère.

J'eus la satisfaction de voir mes conseils écoutés ; mais j'obtins un autre succès, qui me fit encore un grand plaisir. Je décidai la commune à se pourvoir d'une pompe à incendie. Ce fut une grosse dépense ; aussi, quand nous eûmes acheté cet instrument de salut, je veillai à ce qu'on le maintînt toujours en bon état et prêt à servir. Nous avions près de nous l'exemple d'un village où l'on possédait deux pompes à incendie, qui, à quatre reprises différentes, s'étaient trouvées sans usage, parce qu'on les avait négligées. Une fois que la dépense est faite, n'est-ce pas une folie de la rendre inutile par défaut de soins?