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Les Colons du Rivage, ou Industrie et Probité / Ouvrage destiné a servir de lecture courante dans les écoles primaires cover

Les Colons du Rivage, ou Industrie et Probité / Ouvrage destiné a servir de lecture courante dans les écoles primaires

Chapter 64: 13. — Un consolateur.
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About This Book

Le récit suit une famille modeste installée au bord d'un lac alpin : une mère veuve et ses quatre enfants affrontent la pauvreté après que le père eut dissipé le patrimoine familial. L'aîné cherche du travail en ville tandis que les autres apprennent, au fil des épisodes, le courage, l'industrie et la probité. Présenté comme lecture pour les écoles primaires, l'ouvrage mêle scènes de la vie quotidienne et réflexions morales pour montrer comment l'économie laborieuse, la solidarité familiale et la conduite droite aident à surmonter les difficultés.

13. — Un consolateur.

Il y a six ans que je suis seul au monde avec Philippe. J'ai concentré sur lui toutes mes affections ; j'aime en lui sa mère, sa sœur, et ce frère lui-même, que Dieu a châtié et que je pleure.

Oh! s'il revenait un jour! Mais c'est une chimère ; il faudrait le supposer trop coupable. J'aime presque mieux croire qu'il est auprès de sa mère et de sa sœur.

Pour moi, je conserve, grâce au ciel, une bonne santé malgré mon âge. Une secrète voix me dit que le Tout-Puissant me permettra de remplir ma tâche jusqu'au bout. Encore quelques années et je verrai ce petit dormeur établi, marié, peut-être père de famille! Alors je dirai : « Maintenant, Seigneur, vous laisserez mourir votre serviteur en paix ; » et j'attendrai avec une joie chrétienne le moment où ma poussière reposera auprès de celle de Sophie ; où mon âme, sauvée par la foi en Dieu, aura rejoint mes amis dans les cieux. »

Après un moment de silence et de recueillement, le bon Germain se retourna : les rayons de la lune tombaient en plein sur le visage de Philippe.

— Voyez, me dit-il, comme il dort paisiblement! Puisqu'il ne m'entend pas, je puis vous dire qu'il n'y a pas sur la terre un enfant plus aimable et plus vertueux. Non-seulement il m'aime tendrement, mais il sait me le dire ; il a des mots qui vont au cœur ; il a des caresses charmantes, une gaîté qui triomphe de toutes mes tristesses ; une sensibilité qui sait les partager et les adoucir. Il sait me parler de ce qui me touche et m'intéresse : c'est vous dire combien de fois Sophie, Pierre et Marie reviennent dans nos entretiens.

Mais je pense à son avenir ; je ne veux pas que Philippe ne vive qu'avec moi, qui peux lui manquer d'un jour à l'autre : je lui donne des amis de son âge ; je lui assure des protecteurs, qui ne l'abandonneront pas au besoin. Enfin je tâche de tout prévoir et de tout disposer pour le bien de cet enfant ; mais ma plus ferme espérance est en Celui qui me l'a donné. »