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Les confessions d'un converti cover

Les confessions d'un converti

Chapter 35: VIII
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About This Book

Le narrateur raconte son passage de l'anglicanisme au catholicisme, retraçant son éducation religieuse dans une famille ecclésiastique, ses doutes et ses hésitations, les étapes intellectuelles et spirituelles de sa conversion et les épreuves intérieures qui l'ont accompagné. Il décrit les impressions premières de culte et d'enseignement, l'attrait pour la liturgie et la présence sacramentelle, les difficultés à comparer les anciennes croyances à la foi adoptée, et la transformation progressive de sa vie intérieure. Le texte tient d'une série d'essais personnels mêlant mémoire, réflexion théologique et méditation sur la nature de la foi.

VIII

En second lieu, il y avait la question générale de la catholicité. La théorie anglicane m’apparaissait simplement extravagante, maintenant que je la considérais d’un point de vue moins « provincial ». Je n’avais aucune idée, par exemple, de celui qui se trouvait être l’évêque légitime de Zanzibar : cela dépendait surtout, dans ma théorie d’alors, de la question de savoir quelle communion, la romaine ou l’anglicane, avait par hasard débarqué la première sur la côte d’Afrique ! En fait, la juridiction religieuse se présentait à moi comme une espèce de course au clocher pieuse. En Irlande, je savais fort bien que j’étais en communion avec des personnes qui, d’après mes vues individuelles, étaient absolument des hérétiques, et hors de communion avec des personnes dont les vues religieuses étaient exactement les miennes. Au contraire, la théorie romaine était, simplement, la même partout. Tout catholique romain pouvait dire avec saint Jérôme : « Je suis en communion avec le Christ, représenté par la chaire de Pierre. Sur ce rocher est construite toute l’Église. » Ici encore, la théorie romaine était logique et agissait, tandis que ma théorie anglicane n’avait ni consistance, ni action pratique.

Après cela, il va sans dire que ces considérations ne résolvaient pas le problème. On me rappelait que Notre-Seigneur aimait à parler par paraboles, et se refusait volontiers à trancher les nœuds par des réponses simples et directes. Il n’y avait rien d’impossible à ce que le fil doré de Son plan divin passât précisément à travers ces fourrés qui me semblaient impénétrables, et que la grande route toute droite ne fût qu’un monument de l’impuissance et de l’erreur humaines.

Aussi, bien que ces points me prédisposassent en faveur de l’Église de Rome, estimais-je qu’il m’était encore nécessaire de beaucoup lire et de beaucoup réfléchir avant de me décider. Sans compter que d’autres points dérivaient de ceux-là, qui exigeaient également une élucidation minutieuse. Par exemple, comment se pouvait-il que des dogmes qui contraignaient aujourd’hui la conscience des fidèles ne l’eussent pas contrainte il y a cent ans ? Que penser de dogmes nouvellement proclamés, comme celui de l’Immaculée-Conception — qui d’ailleurs, comme matière d’opinion privée, me paraissait parfaitement acceptable — et comme celui de l’infaillibilité papale ? Et puis enfin, il restait toujours encore le vieux problème, vainement étudié, des textes relatifs à saint Pierre et des commentaires patristiques à leur sujet.