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Les fleurs animées - Tome 2 cover

Les fleurs animées - Tome 2

Chapter 81: D
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About This Book

A frame narrative presents a gathering of personified flowers stranded in a wood who pass the time by recounting their past lives among humans, gardens, and exotic climates. Each tale—ranging from a wistful sweet-pea's disappointment with human preferences to a cactus's complaint about European cold—mixes botanical detail, playful anthropomorphism, and pointed social satire. The collection alternates light fable, travel anecdote, and moral observation, contrasting natural habit and human caprice while showcasing vivid imagery and witty commentary.

ÉDUCATION DES PLANTES

De graine, de rejeton, marcotte ou autrement, la plante est née. C’est maintenant surtout que la tendresse et les soins maternels lui sont nécessaires: un coup de vent peut suffire pour renverser, anéantir ces pauvres petits individus sortis de la terre pour sourire au soleil. Le mouvement de locomotion dont ils ne sont pas doués est pourtant indispensable à un grand nombre d’entre eux. C’est le moment, Mesdames, de leur tendre une main secourable pour leur faire quitter ce berceau où ils sont mal à l’aise, maintenant qu’ils commencent à grandir. Mais, prenez garde! quelque tendre que soit votre cœur, quelque douce que soit votre blanche main, il suffirait de la plus légère distraction pour que vous ayez à vous reprocher la mort de ces frêles enfants.

Dès que la plante obtenue par un des moyens indiqués plus haut, à l’exception de la greffe, a atteint une certaine force, il s’agit de la placer, soit en pleine terre, soit en caisse-parterre, ce qui est à peu près la même chose, soit en caisse ou en pot; c’est ce qu’on appelle repiquage, une des plus importantes opérations d’horticulture.

Repiquage.—Soit que l’on ait semé en pleine terre, sur couches ou sur capot, ce qui est la même chose; soit, ainsi que nous venons de le dire, que le sujet vienne de marcotte, bouture, etc., il arrive un moment où il faut l’enlever pour le mettre plus à l’aise, à la place qu’il doit orner. Si les sujets à repiquer sont en pot, on casse ce dernier avec précaution, on divise la terre qu’il contient en autant de parties qu’il y a de sujets; on enlève chacun de ceux-ci avec la partie de terre qui lui est adhérente, on le met dans le trou préparé à le recevoir, et on arrose sur-le-champ. Lorsque le sujet qu’il s’agit de repiquer est en pleine terre, on l’enlève avec le transplantoir; mais si les plants n’étaient pas assez espacés, on les enlèverait collectivement en passant la houlette dessous, sauf à les séparer ensuite comme ceux semés en pot.

Les plantes robustes se transplantent à nu, c’est-à-dire qu’on les arrache tout simplement du lieu où elles sont pour les placer symétriquement dans un autre. Dans ces plantes, on retranche quelquefois le pivot de la racine, lorsqu’il est trop long, ce qui nuit à la reprise, et l’on ôte une partie du chevelu, quand il est trop abondant. Mais la règle est difficile à poser sur ce point, et le plus sage est de laisser les racines entières et de ne pas les blesser.

Il est bien entendu que chaque plante doit être repiquée dans la terre qui lui convient, laquelle aura été ameublie, et que les arrosements seront fréquents jusqu’à ce que la reprise soit complète.

Transplantation.—On procède pour la transplantation à peu près de la même manière que pour le repiquage. Cette opération ne se fait avec succès que vers la fin de novembre. S’il s’agit de transplanter un arbuste ou un arbrisseau, on en coupe les branches; mais il ne faut pas toucher aux racines, et si, par accident, on en avait blessé quelques parties, il faudrait amputer sur-le-champ les parties lésées avec un instrument bien tranchant. Le mal, de cette manière, serait moins grand, mais il ne serait pas entièrement réparé. Les arbres toujours verts se transplantent en enlevant avec les racines la motte de terre qui les environne; on ne coupe pas les branches.

Arrosements.—Nous devons répéter ici que l’eau n’est pas moins nécessaire aux plantes que l’air et la lumière; mais toutes n’ont pas un égal besoin d’humidité, et il y a un grand nombre de gradations entre la plante qui naît, vit et est fécondée au fond des fleuves et celle qui végète sur les plus arides rochers. Nous ne pouvons indiquer qu’une règle générale qui consiste à n’arroser que fort peu les plantes grasses, charnues, spongieuses, et à arroser davantage, mais sans excès pourtant, les plantes fibreuses et ligneuses.

Dans l’hiver, on arrosera après le lever du soleil, afin que l’eau ne puisse être saisie par la gelée; dans l’été, au contraire, il faut arroser le soir, après le soleil couché, pour que l’eau ne s’évapore pas avant d’avoir pénétré dans la terre.

L’eau dont on se sert pour arroser doit avoir le même degré de chaleur que la température; si donc on se servait de l’eau d’un puits profond, il faudrait, avant de l’employer, l’exposer à l’air pendant plusieurs heures. L’eau de pluie est la plus favorable à la végétation. Ce n’est pas seulement le pied des plantes qu’il faut arroser, mais encore les tiges, les rameaux, les feuilles; les fleurs seules ne doivent pas recevoir d’eau.

Rencaissage.—Rencaisser ou rempoter, c’est enlever une plante du vase où elle se trouve pour la placer dans un autre, afin d’en renouveler la terre. Une plante peut demeurer sans danger pendant deux ans dans le même vaisseau, et au maximum trois ans; mais alors il faut la rencaisser, ce qui se fait avec le plus de succès au commencement du printemps. Après avoir laissé un peu sécher la terre, on enlève la plante, on en secoue doucement les racines, on les ébarbe légèrement avec un instrument bien tranchant, puis on les enterre dans un autre vase préparé à cet effet; on arrose, et l’opération est terminée. Une autre opération, appelée demi-rempotage, consiste à enlever chaque année, au printemps, avec une houlette, le tiers ou la moitié de la terre contenue dans le pot, et à la remplacer par de la terre nouvelle de même espèce.

Lorsqu’une plante dépérit sans cause apparente, il faut la dépoter sur-le-champ, en examiner les racines, les laver soigneusement, et si l’on y découvre quelque plaie, retrancher la partie malade en la coupant le plus nettement possible. On rempote ensuite la plante, et si elle est délicate, on la met sur capot et sous cloche jusqu’à ce qu’elle ait repris assez de vigueur pour supporter l’air libre.

INSECTES

MOYENS DE LES DÉTRUIRE

Quatre sortes d’insectes sont particulièrement redoutables aux fleurs: ce sont les pucerons, les fourmis, les kermès et les tiquets... Les pucerons sont surtout abondants dans les années humides; ils s’établissent à l’extrémité des rameaux, détruisent les feuilles et souvent les fleurs. S’ils n’apparaissent pas en trop grand nombre, on peut les détruire en les faisant tomber à l’aide d’une petite brosse, et même avec la barbe d’une plume; s’ils sont abondants, il faut arroser les rameaux dont ils se sont emparés avec une eau de savon légère.

Les fourmis sont plus difficiles à détruire, à cause de leur activité, qui fait qu’elles sont ici, là et ailleurs presque en même temps; mais il est facile de les empêcher d’envahir les plantes à tige: ce moyen consiste à entourer la tige, vers le milieu de sa hauteur, d’un assez large anneau de coton cardé qu’elles ne peuvent franchir. Lorsque le contact de l’air, de l’eau, de la poussière commence à durcir le coton, on le change. Cela n’est nécessaire que pour les plantes en pleine terre; quant à celles en pots et en caisses, il suffit de les placer dans un lieu que l’on environne d’eau.

Les kermès sont une sorte de punaises qui attaquent particulièrement les orangers; le meilleur et le plus sûr moyen pour s’en débarrasser est de laver la tige et les branches avec de l’eau claire et une brosse rude, et d’arroser les feuilles avec de l’eau de savon.

Les tiquets sont des insectes qui se logent le plus communément sur les lis; on les détruit en arrosant les plantes avec une décoction de tabac. Cette décoction seule suffirait pour détruire tous les insectes qui nuisent aux fleurs; mais il est un grand nombre de plantes qui ne pourraient supporter cet arrosement, qu’on ne doit employer que modérément et avec précaution.

TAILLE DES ARBUSTES
ARBRISSEAUX ET ARBRES

L’opération de la taille n’est importante que pour les arbres fruitiers; quant aux arbrisseaux et arbustes d’agrément, on ne les taille qu’en vue de leur donner la forme la plus agréable, et dans certains cas aussi pour accélérer la végétation. Il suffira donc ici d’en exposer les principes généraux que voici:

Les petites branches se taillent avec une serpette bien tranchante; la coupure doit être nette, sans mâchure ni égratignure sur les bords. L’endroit où s’est faite la solution de continuité doit être plane et être, autant que possible, à l’exposition du nord. Pour les grosses branches on peut employer la scie à main; mais on doit ensuite unir la surface avec la serpette ou tout autre instrument tranchant.

Quand on coupe une branche, il faut qu’il y ait au moins un œil au-dessous de l’endroit où se pratique l’amputation.

Il est important surtout de s’attacher à retrancher ce qu’on appelle les branches gourmandes, qui ne produisent rien, n’ont pas d’yeux et se développent avec rapidité aux dépens des branches productives.

L’époque la plus convenable pour la taille est la fin de février ou les premiers jours de mars.

Plus les branches d’un arbre ou arbrisseau croissent rapidement, moins elles donnent de fleurs et de fruits; la séve, montant trop vite, n’agit plus sur les boutons; on dit alors que l’arbre s’emporte en bois. Dans ce cas, il ne faut pas avoir recours à la taille, il est trop tard; cette opération ne pouvant jamais être faite avec succès que lorsque la séve est en repos. Mais il est un moyen bien simple d’empêcher que les rameaux prennent un trop grand développement: il suffit pour cela de pincer avec les ongles l’extrémité des rameaux qui ont une tendance à s’emporter. Cela ne diminue pas l’énergie de la séve, mais l’oblige à refluer sur les boutons.

Il arrive quelquefois que l’on est dans la nécessité de couper toutes les branches d’un arbrisseau, soit parce qu’on en veut changer la direction, soit qu’à la suite d’une maladie l’arbre n’ait plus assez de vigueur pour les supporter. Cette opération doit être faite avec beaucoup de soin, et de manière à ne pas arrêter tout à fait la végétation. Il faut, dans ce cas, laisser au sommet de la tige quelques-unes de ces petites branches appelées brindilles, garnies de boutons, sauf à supprimer ces brindilles plus tard, lorsque l’arbre aura repris une vigueur suffisante. Il est aussi nécessaire, après avoir coupé les plus grosses branches, de couvrir avec de la cire à greffer la place où l’amputation a été pratiquée.

L’opération appelée tonte demande moins de soin; elle consiste à donner à un arbre ou arbuste une forme quelconque, à l’aide de grands ciseaux avec lesquels on coupe symétriquement les extrémités des branches. C’est par la tonte que les orangers du jardin des Tuileries, à Paris, et des principaux jardins publics, ont pris et conservent tous la même forme et ressemblent à des boules de feuillage. On peut par le même procédé avoir des arbustes en forme de pyramide, de gobelet, etc. Mais nous sommes loin d’approuver cette régularité, cette symétrie qui change l’aspect naturel des plantes, et leur enlève tout ce qu’elles ont d’agreste et de capricieux. C’est de la tyrannie, et aussi de la barbarie et de la cruauté, puisqu’en agissant ainsi on substitue sa volonté à celle de la nature, et qu’on fait souffrir l’opprimé en même temps qu’on lui enlève une partie de ses charmes. Taillez donc, mesdames, et ne tondez point; car tailler c’est guérir, et tondre c’est blesser.

Tels sont, belles lectrices, les éléments de cette science ou de cet art si facile à acquérir, et source intarissable de tant de pures jouissances dont tous les artifices de style seraient impuissants à donner une juste idée. Véritables Fleurs animées, c’est à vous qu’il appartient de faire vivre, de diriger et d’embellir ces sœurs, ces frêles et délicieuses compagnes que vous a données le ciel, après vous avoir douées de cette intime délicatesse qui vous en fait sentir tout le prix. L’amour des fleurs est inné dans le cœur de la femme, et nous ne doutons pas que beaucoup d’entre vous, mesdames, ne possèdent par intuition l’art de les cultiver. Nous ne laisserons pas néanmoins de vous donner quelques conseils sur la culture particulière de chacune des plus belles. Un bon avis est un œil dans la main, dit la sagesse des nations, et il n’est pas impossible qu’à la plus savante un peu d’aide fasse grand bien.

SECONDE PARTIE

CULTURE SPÉCIALE
DES PRINCIPALES FLEURS
INDIQUÉE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE

Nous faisons ici l’abstraction de la botanique; nous ne rangeons donc pas les fleurs par tribus, par familles, par genres, mais simplement par ordre alphabétique. Il ne s’agit plus de compter les pistils, les étamines, les pétales; mais bien de savoir ce qu’il faut faire pour obtenir les plus belles variétés d’un individu, à quelque tribu, famille et genre qu’il appartienne. C’est ici de la science facile, dans laquelle on peut pénétrer avec le même succès, soit que l’on commence par la fin, le milieu ou le commencement; c’est un dictionnaire, ou plutôt un conseiller toujours disposé à rendre un bon office sans s’inquiéter de formes ou de méthodes.

Il ne serait pas impossible pourtant que la lecture s’en fît tout d’une haleine: nous vous avons raconté de plus grands miracles que celui-là, et encore ici trouverez-vous peut-être quelquefois le conteur sous l’écorce du jardinier. Espérons donc et commençons.


A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

A

ACONIT.—On cultive trois variétés de cette plante, qui fleurit en juin; l’aconit napel, qui, sur une tige haute communément de plus d’un mètre, porte des fleurs en épi d’un beau bleu; l’aconit à grandes feuilles, dont les fleurs sont d’un bleu plus vif, et l’aconit tue-loup, qui donne des fleurs jaunes. Plantes à racines fibreuses.—Terre de bruyère.—Se multiplient par éclats.

ADONIDE D’ÉTÉ.—Plante annuelle qui se multiplie par graines semées en place, et donne, en juillet, de petites fleurs blanches, jaunes ou rouges, selon la variété. L’adonide printanière est une autre espèce qui est vivace, fleurit en juillet et donne de très-belles fleurs jaunes. Cette dernière peut se multiplier par éclats; la terre de bruyère convient à toutes deux.

AIRELLE.—Arbuste dont on cultive plusieurs variétés. La plus remarquable est l’airelle myrtille, arbuste de soixante à soixante-dix centimètres de hauteur, donnant en mai des fleurs en grelot d’un rose pâle, et en août des baies semblables au raisin d’un goût très-agréable.—Terre de bruyère. On peut le reproduire par graines, rejetons et marcottes; mais ce dernier procédé est celui qui réussit le mieux. Des autres variétés remarquables de cette plante sont l’airelle corymbifère, qui atteint communément une hauteur d’un mètre et demi; l’airelle veinée, arbuste plus petit que le premier. La culture est la même pour toutes les variétés.

AMARANTE.—Charmante fleur annuelle dont on cultive deux variétés, l’amarante en queue, qui donne en juin des fleurs en épi très-allongé, et amarante tricolore, dont les fleurs sont réunies en paquet. Ces deux variétés se reproduisent par graines semées à la fin de mars sur couches ou sur capot.—Terre de bruyère mêlée de terre franche et de terreau.

AMARYLLIS.—Plante à oignons, fleurissant en septembre.—Terre de bruyère, multiplication par caïeux que l’on sépare des oignons tous les deux ans. Nombreuses variétés, dont les principales sont l’amaryllis jaune, la seule variété qui puisse s’accommoder d’une autre terre que celle de bruyère; l’amaryllis dorée, l’amaryllis à fleurs en croix, et l’amaryllis de Guernesey, admirable plante du Japon, jetée sur les côtes de l’île de Guernesey par une tempête, ainsi que nous l’avons dit plus haut, dans la Botanique des Dames.

AMÉTHYSTE.—Plante annuelle, qui donne en juin des fleurs bleues très-jolies. Multiplication par graines, semées aux premiers jours d’avril, en terre de bruyère mêlée de terreau.

AMOMON.—Joli arbrisseau dont la hauteur varie d’un mètre à un mètre et demi. Il donne en août des fleurs blanches, et en septembre des fruits rouges qui ont la forme de cerises, mais qui ne sont pas mangeables.—Terre légère.—Multiplication par marcottes et par semis faits fin de mars.—Beaucoup d’air; terre ameublie; arrosements modérés.

ANCOLIE.—On cultive l’ancolie commune et l’ancolie du Canada. Toutes deux fleurissent en mai; la première donne des fleurs très-jolies, bleues ou roses; les fleurs de la seconde sont d’un beau jaune.—Terre de bruyère mêlée de terre franche. Multiplication par éclats, et par graines, qui doivent être semées aussitôt qu’elles sont mûres.

ANÉMONE.—Cette belle plante compte un grand nombre de variétés; les plus jolies sont celles dont les nuances sont pures et bien tranchées, depuis le bleu du ciel jusqu’au nacarat. On ne peut obtenir ces belles variétés que par le semis fait au commencement de mars sur terre franche recouverte de terreau. On arrose fréquemment. La plante, cette année, ne donne pas de fleurs. En juin ou au commencement de juillet, les feuilles se fanent; alors on déterre les pattes, et après les avoir fait sécher à l’ombre, on les replante en octobre, en observant de laisser entre chacune une distance de trois à quatre centimètres. Au mois d’avril suivant on obtient des fleurs; on forme alors une collection, qu’on plante chaque année en octobre. Il est mieux encore de faire deux collections et d’alterner la plantation, de sorte que la même collection ne donne des fleurs que tous les deux ans. Loin de nuire à la plante, ce repos d’une année la fortifie, et elle donne ensuite des fleurs admirables.—Terre franche.—Déterrer la plante en juillet et en séparer des tubercules nouveaux.

Les anémones cultivées en pots, dans les appartements, peuvent donner des fleurs au milieu de l’hiver; mais celles que l’on force ainsi ne se reproduisent plus; il faut donc se bien assurer des richesses que l’on possède avant de tuer ainsi la poule aux œufs d’or.

APOCYN.—Plante à racines fibreuses, qui donne en juillet de petites fleurs roses et blanches en forme de cloche. On nomme aussi cette plante gobe-mouche, parce que la fleur, exhalant une odeur de miel, attire les mouches qui se trouvent prises dans la matière visqueuse dont est enduit l’intérieur de la corolle.—Terre légère; multiplication par éclats en octobre, et par semis en mars.

ARMOISE ou CITRONELLE.—Joli arbuste de soixante à soixante-quinze centimètres de haut, donnant en août de charmantes petites fleurs en grappes, et dont les feuilles exhalent une odeur de citron des plus agréables. Se cultive en pots qu’il faut rentrer aux premiers froids.—Arrosements modérés. Terre franche mêlée de terre de bruyère.—Multiplication par semis; mais plus facilement par éclats au mois de mars.

ASCLÉPIADE.—Plante à racines fibreuses. En juillet, petites fleurs rouges exhalant un parfum de vanille assez prononcé.—Terre de bruyère; arrosements fréquents.—Multiplication par graines, et plus facilement par éclats, fin octobre.—Plusieurs variétés; même culture.

AUBÉPINE.—Il n’est personne qui ne connaisse ce charmant arbrisseau dont, vers la fin d’avril, le parfum embaume nos champs. Il n’y a presque rien à dire sur la culture de l’aubépine, qui croît spontanément dans toutes sortes de terre, au milieu des haies vives, sur la lisière des forêts, sur les coteaux les plus escarpés. Toutes les terres lui conviennent sous un climat tempéré; mais la terre franche est celle dans laquelle elle se plaît le mieux.

L’aubépine, cependant, ne peut être convenablement placée que dans un jardin d’une certaine étendue: les soins qu’on lui donne n’ajoutent rien à la délicieuse odeur qu’elle exhale; mais ses fleurs sont plus nombreuses; ses rameaux prennent un plus grand développement. C’est encore un emblème de l’innocence; mais c’est l’innocence agitée par l’espérance et la crainte; c’est l’innocence sous les armes.—Peu d’eau, beaucoup d’air.—Multiplication par boutures, marcottes, et plus facilement par graines semées aussitôt qu’elles sont mûres.

AZALÉE.—Très-bel arbrisseau dont la hauteur dépasse quelquefois un mètre et demi, fleurissant en mai. Ses fleurs, d’un doux parfum, ressemblant un peu à celles du chèvrefeuille, sont de différentes couleurs, selon la variété.—Terre de bruyère; arrosements fréquents.—Multiplication par semis, par marcottes et rejetons, en mars.

B

BAGUENAUDIER.—Grand arbrisseau de pleine terre, de trois à quatre mètres de haut, qui ne se cultive que dans les jardins d’une certaine étendue. Nous en avons pourtant vu quelquefois de fort jolis dans de grandes caisses-parterres.—Fleurs jaunes en grappes en juin.—Terre franche.—Multiplication par rejetons œilletons, marcottes; arrosements modérés.—Plusieurs variétés; même culture.

BALSAMINE.—Plante à racines tubéreuses, annuelle, dont les jolies fleurs, de toutes couleurs, selon la variété, s’épanouissent en juillet.—Terre franche; arrosements modérés.—Multiplication par graines semées fin mars et repiquées en mai.

BASILIC.—Plante annuelle, remarquable seulement par son odeur agréable. Fleurit en mai et se multiplie par graines semées en avril sur terreau.—Plusieurs espèces; même culture pour toutes.

BELLE-DE-JOUR.—Charmante plante annuelle qui fleurit en juillet. Fleurs nombreuses, jaunes à la gorge, blanches au milieu et bleues sur les bords.—Multiplication par graines semées en place en avril.—Arrosements modérés. Cette fleur s’ouvre dès que le jour paraît, et se ferme un peu après le coucher du soleil, phénomène auquel elle doit son nom, et qu’on a vainement tenté d’expliquer.

BELLE-DE-NUIT.—Fleurit en juillet, fleurs nombreuses et de diverses couleurs, odorantes ou inodores, selon la variété. C’est une des plus jolies plantes annuelles. On la sème à la fin de mars en place.—Terre légère; arrosements modérés. Ses fleurs, qui présentent la forme d’un entonnoir, s’ouvrent à la fin du jour et se ferment au soleil levant.

BIGNONE.—Ce joli arbuste atteint assez communément une hauteur d’un mètre et demi; les fleurs, qui s’épanouissent en juin, sont brunes en dehors et d’un beau jaune en dedans. Il n’est pas impossible de le multiplier par graines, mais cela est très-difficile, et le semis ne lève que la deuxième année; encore faut-il le tenir sur capot et en avoir les plus grands soins. Le plus sûr et le plus simple est de le multiplier par éclats, par boutures ou par marcottes.—Terre légère; arrosements fréquents.—Deux variétés; même culture.

BOULE DE NEIGE.—Très-bel arbrisseau, fort commun dans les jardins d’agrément; il donne, en mai, de jolies fleurs en boule et d’un blanc de neige.—Terre franche; de l’ombre et un peu d’arrosement.—Multiplication facile par rejetons et boutures.

BOUTON D’OR.—Charmante petite fleur de la famille des renonculacées, qui s’épanouit en juin, et présente la forme d’un bouton du plus beau jaune. Elle se multiplie le plus communément par l’éclat des racines.—Terre franche, arrosements fréquents.

BRUYÈRES.—Jolis arbustes, d’un effet très-agréable dans les appartements. Culture en pot ou en caisse mobile; en orangerie ou en serre pendant l’hiver.—Multiplication par éclats ou par marcottes.—Nombreuses variétés, même culture.

BUGLOSE.—Plante à racines fibreuses, donnant en avril de petites fleurs bleues d’un aspect très-agréable.—Multiplication par graines, ou mieux par éclats.—Terre de bruyère; arrosements modérés.

C

CAMÉLIAS.—Les camélias, qu’on appelait d’abord roses du Japon, sont aujourd’hui la fleur la plus en vogue dans l’aristocratie.

Le camélier ou camélia est un très-bel arbrisseau toujours vert, donnant, en février, des fleurs superbes, rouges, blanches ou roses, selon la variété; mais parfaitement inodores.—En serre, d’octobre en mai.—Terre de bruyère mélangée d’un tiers de terre franche et d’un peu de terreau. Il faut le tenir près des fenêtres, car le défaut de lumière le ferait infailliblement périr. Beaucoup d’eau en été et peu en hiver.—Multiplication par graines sur capot et sous cloche; par boutures, qui reprennent très-facilement, et par marcottes qu’on ne peut serrer qu’au bout de deux ans.

Bien que cette fleur soit réellement très-belle, mérite-t-elle la vogue dont elle jouit? Nous pensons, en conscience, qu’elle ne doit cette faveur qu’à la difficulté de la culture. Quoi qu’il en soit, les camélias sont devenus une partie indispensable des toilettes de bal, et certains amateurs ont renouvelé de nos jours, à propos de cette plante, les folies des amateurs de tulipes du siècle précédent. Tout récemment, un procès s’est engagé devant le tribunal de commerce de Paris à propos de deux camélias vendus ONZE MILLE FRANCS. L’acquéreur n’avait acheté ces arbustes, alors à la Nouvelle-Orléans, que sur les dessins qui lui en avaient été donnés: le marché conclu, les camélias arrivèrent à grands frais de l’Amérique. Ils étaient en fleurs, l’acquéreur refusa de les recevoir, prétendant que les fleurs différaient de celles qui lui avaient été montrées sur le papier; mais il fut condamné à prendre livraison et à payer. Cœurs sensibles, ne vous hâtez pas trop de le plaindre: le procès avait eu du retentissement; tous les journaux en avaient rapporté les détails; tout le monde voulut voir ces deux arbustes déposés au Jardin-d’Hiver des Champs-Élysées; les recettes, pour droit d’entrée dans cet établissement doublèrent, et les fleurs que portaient ces deux camélias, vendues au détail, produisirent quatre mille francs! Dans dix ans, les mêmes arbrisseaux se donneront pour trente sous sur les marchés aux fleurs de Paris; dans le pays des roses, le règne du camélia ne peut être que passager.

CAMPANULE.—Plante vivace, à racines fibreuses, se multipliant par graines ou par éclats, et donnant en juin de très-jolies fleurs en forme de cloche, de toutes couleurs, selon les variétés.—Terre franche, mêlée de terre de bruyère. Arrosements fréquents en été.

CAPUCINE.—Jolie plante grimpante qui, à cause du peu de soin qu’elle demande, est l’ornement ordinaire de la fenêtre du pauvre.—Belle verdure, charmantes fleurs. Multiplication par graines, semées en place, au mois d’avril. Il suffit de l’arroser fréquemment pour qu’elle réussisse, à quelque exposition qu’elle soit.

Bien plus jolie que beaucoup d’autres, cette modeste fleur est dédaignée des heureux du jour; il est vrai que la pauvreté a de grands torts: ses faveurs sont à qui les veut, et elles ne coûtent rien!

CENTAURÉE ODORANTE.—En août, fleurs grosses, ayant la forme du bleuet; de couleurs diverses, selon la variété.—Terre franche, multiplication par graines, en février.—Quelques variétés sont vivaces, comme la centaurée de montagne, la centaurée blanche, et quelques autres. Ces dernières se multiplient par éclats séparés au mois d’octobre.

CHÈVREFEUILLE.—Charmant arbuste grimpant, hôte des forêts, où il prodigue son délicieux parfum en récompense de l’appui des arbres à hautes tiges autour desquels il s’enroule, et dont la mort seule peut le séparer. Il fait aussi l’ornement des plus beaux jardins; mais si la culture ne lui ôte rien, elle n’augmente pas non plus ses qualités.—Terre légère, peu d’eau. Multiplication par boutures et marcottes, en automne.—Plusieurs variétés; même culture pour toutes.

CHRYSANTHÈME.—Arbuste qui commence à fleurir en avril, et qui ne cesse de donner, pendant la plus grande partie de l’année, des fleurs à rayons blancs.—Terre de bruyère mêlée de terre franche et d’un peu de terreau. Arrosements fréquents.—Reproduction difficile par graines, mais très-facile par boutures, de mai en septembre.

CIERGE DU PÉROU.—Fleurs superbes en août, blanches ou rouges, selon la variété, n’ayant pas moins de cinquante centimètres de circonférence, et exhalant une odeur des plus agréables.—Terre franche; arrosements dans les plus grandes chaleurs de l’été seulement. Multiplication par boutures, qu’il faut couper huit ou dix jours avant de les planter.

CLÉMATITE.—Joli arbuste grimpant, donnant, de juillet en septembre, des fleurs innombrables, d’un doux parfum, et ne demandant point de soins particuliers. Au centre de la France, la clématite est le principal ornement extérieur de la chaumière du pauvre; on la sème sans façon dans le premier coin venu, et dès la première année elle s’attache aux murailles de la demeure à l’abri de laquelle on l’a placée; puis elle s’élève doucement, semblant caresser les modestes murailles qui la protègent, et elle finit par couvrir le toit rustique, d’où ses délicieuses émanations s’étendent au loin. La clématite est une de ces fleurs qu’il est impossible de ne pas aimer. Qui croirait qu’une si douce et si innocente fleur ait pu être la cause première d’un grand crime!

C’était en 1808. Mme la baronne de Cauville, entièrement ruinée par la Révolution, vivait avec son jeune fils, âgé de douze ans, dans une modeste chaumière, au village de Bazincourt (Eure). Le curé du village, noble et digne vieillard, fort instruit, avait pris en amitié le jeune de Cauville, et s’était chargé de faire son éducation; il venait en outre de son mieux à l’aide de la mère, qui ne possédait plus qu’un revenu de quelques centaines de francs, insuffisant pour subvenir à ses besoins. Mais le bon curé était pauvre lui-même, et la baronne souffrait; elle était d’ailleurs frappée au cœur par de cuisants chagrins: l’échafaud avait dévoré son père, son mari, la plus grande partie de sa famille, dont les derniers membres étaient morts sur la terre d’exil.

Le mal faisait des progrès rapides; Mme de Cauville fut bientôt dans un tel état de faiblesse qu’elle dut garder le lit. C’était au mois de juin; Arthur de Cauville ne quittait le chevet du lit de sa mère que pour préparer les remèdes prescrits par le médecin, et aller chercher pour la malade les fleurs qu’elle aimait.

—Mon Dieu! dit un jour cette dernière, que ce monsieur Guiron est heureux d’avoir cette belle clématite que je vois d’ici grimper sur le toit de sa maison, et dont le doux parfum arrive jusqu’à mon lit! Que j’aurais de plaisir à voir et sentir de plus près une branche de cette jolie plante!

Un quart d’heure après, Arthur sollicitait de son voisin Guiron la permission de cueillir quelques branches de sa clématite. Mais Guiron était un de ces hommes sans cœur, ne comprenant que les plaisirs matériels en rapport avec ses appétits grossiers.

—Autrefois, monsieur le baron, répondit-il avec ironie, un personnage comme vous ne m’eût rien demandé; il eût pris mon bien sans se donner la peine de dire gare!... Aujourd’hui que les choses sont changées, chacun doit garder ce qu’il a: la clématite m’appartient, et je défends à tous les barons du monde d’y toucher.

—Monsieur, je vous en prie, dit le jeune homme dont deux larmes qu’il n’avait pu retenir sillonnaient les joues, c’est un désir de malade, de mourante peut-être!...

—Eh bien! est-ce que c’est un brimborion comme ça qui l’empêchera de mourir?... Laissez-moi donc tranquille avec vos singeries.

Arthur se retira la rougeur sur le front et le désespoir dans le cœur. Il ne dit rien à sa mère de l’humiliation qu’il venait de subir, et comme la baronne continuait à manifester le désir d’avoir une branche de clématite, il lui dit qu’il irait voir M. Guiron, leur voisin, vers la fin du jour, et que probablement il obtiendrait la permission de couper quelques tiges de ce joli arbuste.

Le soir venu, le jeune homme sort de sa demeure; il monte sur un petit mur, du faîte duquel il peut atteindre la clématite tant enviée: il en coupe promptement plusieurs branches, et, heureux de cet innocent larcin, il se dispose à se retirer par le même chemin, lorsque Guiron, qui a entendu quelque bruit, sort armé d’un fusil, et fait feu sur le jeune homme. Pas un cri, pas un gémissement ne se fait entendre; Arthur regagne la chambre de sa mère; il remet entre les mains de la malade les branches de clématite qu’il vient de dérober, et presque aussitôt il tombe sans avoir pu prononcer un mot. Exaltée par l’amour maternel, Mme de Cauville recouvre assez de force pour s’élancer hors du lit: elle essaie de relever son fils; elle l’interroge en lui prodiguant les noms les plus tendres; mais Arthur ne peut l’entendre: atteint d’une balle en pleine poitrine, c’était par un effort surhumain qu’il avait pu arriver jusqu’à sa mère; en tombant il avait rendu le dernier soupir.

En reconnaissant toute l’étendue de son malheur, l’infortunée ne fit point retentir sa chaumière de cris et de sanglots; elle s’assit près du corps inanimé de son fils, le prit dans ses bras, le serra contre son cœur, et expira. Ce fut en cet état que, le lendemain, les deux cadavres furent trouvés par le digne curé, seul ami qui restât à ces infortunés.

Le meurtrier, livré à la justice, fut absous comme s’étant trouvé en cas de légitime défense!

COBÆA.—Plante grimpante dont le beau feuillage vert couvre admirablement les berceaux des jardins, ou forme des tonnelles de l’aspect le plus pittoresque. De juin en septembre, fleurs jaunes et violettes, très-belles, mais qui sont presque aussitôt fanées qu’épanouies. C’est encore une des consolatrices du pauvre; c’est aux fenêtres des mansardes et des greniers qu’elle se montre le plus communément. Elle ne demande pas plus de soins que la capucine, sa compagne ordinaire.—Terre franche. Multiplication par graines semées en place; arrosements fréquents.

COLOQUINTE.—Cette plante annuelle, de la famille des cucurbitacées, n’est remarquable qu’à cause de la bizarrerie de son fruit, qui est fort gros, et affecte la forme d’une bouteille, d’une massue, d’une poire, d’une boule, etc., fruit qui, étant vidé, desséché, peut servir à plusieurs ouvrages domestiques.—Multiplication par graines semées vers le milieu de mars, sur capot et sous cloche; arrosements fréquents. Lorsque la tige a acquis une certaine étendue, on la pince à l’extrémité, afin que le fruit grossisse. Ce fruit doit être recueilli en septembre.

CORBEILLE DORÉE.—Plante à racines fibreuses, donnant, en mai, de petites fleurs réunies en bouquets d’un beau jaune doré.—Terre franche. Multiplication par graines, et mieux par éclats faits en automne.

COURONNE IMPÉRIALE.—Plante à oignons, dont les larges et belles fleurs, ordinairement d’un beau rouge, paraissent en avril, et forment une couronne à un ou deux rangs au sommet de la tige.—Terre franche; beaucoup d’eau. Multiplication par graines, et mieux par caïeux, séparés de l’oignon tous les trois ans, en mai ou juin, et replantés aussitôt.

CROCUS ou SAFRAN PRINTANIER.—Plante à oignons, donnant, en février, des fleurs de diverses couleurs, selon la variété.—Terre franche; arrosements fréquents. Multiplication par caïeux détachés, en mai ou juin, tous les trois ou quatre ans, et replantés sur-le-champ.

CROIX DE JÉRUSALEM.—En juin, jolies fleurs à cinq pétales, ressemblant à une croix de Malte, de diverses couleurs, selon la variété. Plante fibreuse, se multipliant par graines, boutures et marcottes, et mieux par éclats faits au mois de novembre.—Terre franche; arrosements abondants.

CUPIDONE.—En juillet, fleurs d’un beau bleu.—Terre de bruyère; peu d’eau. Multiplication par éclats.

CYTISE.—Arbuste dont les fleurs, qui paraissent en juin, sont d’un très-beau jaune.—Terre légère; très-peu d’eau. Multiplication par graines et par éclats.

D

DAHLIA.—Cette fleur, qui malheureusement n’a aucun parfum, est l’une des plus belles que l’on connaisse. Elle est produite par une plante à racines tubéreuses, d’une culture très-facile, puisqu’il suffit de relever les tubercules avant les grands froids pour les replanter en terre franche au mois d’avril. Les fleurs qui s’épanouissent depuis la fin de juillet jusqu’aux derniers jours d’octobre, ont quelquefois jusqu’à vingt-cinq centimètres de circonférence, et présentent les couleurs les plus belles et les plus variées. Le nombre des variétés de cette belle fleur est de plus de trois cents. On en cultive, au jardin du Luxembourg, à Paris, une des plus belles collections qui se puissent voir. Les tiges ont assez communément d’un mètre à un mètre et demi de haut, et c’est quelque chose d’admirable que l’aspect de cette mer de fleurs de toutes nuances ondulant sous la brise. Il n’y a point aujourd’hui de parterre possible sans dahlias.

On nous apprend que des essais faits récemment à Chambéry, il résulte que les tubercules du dahlia, cuits d’une certaine manière, sont un mets délicieux. Mais nous avons trop de raisons de douter de la capacité culinaire de ces mangeurs de châtaignes pour prendre cela au sérieux.

DALÉA.—Plante à racines fibreuses, donnant en juillet des fleurs en épi, petites, d’un rouge violet.—Terre légère, arrosements modérés. Multiplication par graines semées en avril.

DAPHNÉ.—Arbuste de serre, d’un mètre de haut, donnant en janvier de petites fleurs vertes d’une couleur agréable.—Terre de bruyère mêlée de terre franche; arrosements fréquents, mais peu abondants. Multiplication par graines semées sur capot et sous cloche aussitôt leur maturité, et repiquées en pot.

DATURA.—Très-bel arbrisseau, dont les fleurs d’un blanc de neige s’épanouissent en août et exhalent une odeur des plus agréables.—Terre de bruyère, point d’eau l’hiver, très-peu l’été. Multiplication par marcottes.—Le moindre froid pouvant être fatal à cette jolie plante, il faut la rentrer de bonne heure, ne la sortir qu’en mai, et la placer de manière à ce que la lumière ne lui manque pas.

DIGITALE.—En août, jolies fleurs en épi, de diverses couleurs, selon la variété.—Terre franche mêlée de terreau; arrosements modérés. Multiplication par œilletons, en automne, ou par graines semées aussitôt leur maturité.

E

ÉPI DE LA VIERGE.—Fleurs à oignons, donnant en juin des fleurs blanches en étoiles ou en épi.—Terre franche mêlée de terre de bruyère; arrosements fréquents. Multiplication par caïeux séparés tous les trois ans et replantés en automne.—Plusieurs variétés, même culture.

F

FARAGELLE.—Plante à racines fibreuses. En septembre, fleurs rougeâtres.—Terre de bruyère; peu d’eau.—Multiplication par éclats au printemps.

FLEUR DE LA PASSION ou GRENADILLE BLEUE.—Arbuste dont la tige a communément sept à huit mètres de longueur; il donne, en août, des fleurs bleues d’une forme bizarre, dans lesquelles, l’imagination aidant pour beaucoup, comme il arrive toujours en pareil cas, on a cru voir tous les instruments de la Passion: couronne, lance, clous, marteau, échelle, etc. On peut former avec cet arbuste de très-jolis berceaux.—Terre légère; beaucoup d’eau. Multiplication par marcottes, boutures et rejetons.

FRAGON.—En décembre, petites fleurs blanches surgissant à la surface supérieure des feuilles, qui sont piquantes.—Terre franche, arrosements fréquents. Multiplication par graines et par éclats.

FRAXINELLE.—Plante singulière, exhalant, dans les temps chauds et secs, une sorte de gaz qui s’enflamme lorsqu’on en approche une lumière.—En juillet, de belles et grandes fleurs purpurines en grappes.—Multiplication très-facile par graines semées en août, ou par éclats faits en novembre.

G

GENTIANE.—En mai, grandes fleurs d’un bleu clair. Terre de bruyère; arrosements fréquents et abondants.—Multiplication par graines aussitôt leur maturité, ou par éclats en novembre.

GÉRANIER ou GÉRANIUM.—Joli arbuste dont on cultive un grand nombre de variétés, les unes inodores, d’autres exhalant le parfum le plus suave, et d’autres encore répandant une odeur fétide, mais rachetant ce défaut par des fleurs du plus vif éclat.—Terre franche; beaucoup d’air et de lumière; peu d’eau.—Multiplication par boutures qui demandent de grands soins: elles se font en avril, dans des pots placés sur capot et sous cloche que l’on soulève graduellement, jusqu’à ce que la plante ait acquis assez de force pour supporter l’air libre et être ensuite transplantée.

Il y a des espèces à racines tuberculeuses dont la multiplication est plus facile. On coupe les tubercules de manière à ce que chaque morceau soit pourvu d’un œil; on les plante en pot, et l’on arrose un peu.

GIROFLÉE.—Jolie plante à racines fibreuses, donnant, en juin, de belles fleurs en grappes, jaunes, blanches, rouges ou violettes, selon la variété, et exhalant une odeur très-agréable. Les principales variétés se multiplient par graines semées en terre franche mêlée de terreau; on enlève les sujets quand ils sont assez forts et on les met en place. Arrosements fréquents. Quelques variétés peuvent se reproduire par boutures, particulièrement celle appelée variable, dont les fleurs, d’abord blanches, deviennent jaunes ensuite, puis rouges. Cette dernière variété est vivace.

Nous ne parlerons pas ici de la giroflée des murailles, qui ne demande aucun soin, n’exige aucune culture: un peu de poussière, une goutte d’eau dans la fente d’un vieux mur lézardé, de l’air, du soleil et la rosée du ciel, c’est tout ce qu’il lui faut pour devenir belle et jeter autour d’elle son suave parfum. C’est encore une amie du pauvre qui se trouverait mal à son aise dans un riche parterre.

GLACIALE.—Les grosses tiges de cette plante annuelle sont garnies de globules transparents remplis d’une eau très-limpide, de telle sorte que, pendant les grandes chaleurs, elles semblent couvertes de glace. C’est là, du reste, tout son mérite, les petites fleurs blanches qu’elle donne en août étant insignifiantes.—Multiplication par graine semée en avril sur un terrain bien fumé, pour être repiquées en juin.

GLAIEUL.—Plante à oignons, fleurissant en mai; fleurs roses, blanches ou rouges, selon la variété. On lève les oignons fin de juin; on les garde dans un endroit sec jusqu’aux derniers jours de septembre. On en détache alors les caïeux qu’on replante aussitôt.—Terre franche, mêlée de terre de bruyère; arrosements modérés.

GLOBULAIRE.—En juin, fleurs bleues, petites, mais se réunissant en globe, et d’un assez joli effet. Plantes à racines fibreuses.—Terre légère.—Multiplication par éclats.

GRENADIER.—Belles fleurs rouges en août. Il se cultive en caisse comme les orangers.—Terre franche, arrosements fréquents; en serre d’octobre en avril.—Multiplication par marcottes et boutures.—Plusieurs variétés; même culture.

GUEULE DE LOUP ou MUFLIER.—Plante à racines fibreuses, dont les fleurs, paraissant en mai, sont rouges ou blanches, selon la variété, et sont en forme de mufle.—Terre franche, arrosements modérés.—Multiplication facile par graines semées en mars, ou par éclats en automne.

H

HARICOT D’ESPAGNE.—Deux espèces: l’une donnant en juin de belles fleurs rouges non odorantes; l’autre, en juin également, des fleurs plus grandes et d’une odeur agréable. Toutes deux se sèment au commencement du printemps en terre légère. L’espèce à grandes fleurs se multiplie aussi par marcottes et boutures. Cette espèce étant vivace, doit être semée en pots, afin d’être mise en serre aux premiers froids.

HÉLIOTROPE.—Arbuste donnant, de la fin de juillet en septembre, de petites fleurs violettes en bouquets d’un parfum doux et agréable.—Terre de bruyère, arrosements fréquents en été, peu ou point en hiver.—Multiplication par graines, et mieux par boutures placées sur capot et sous cloche jusqu’à parfaite reprise.

HELLÉBORE.—En février, fleurs jaunes peu odorantes. Cette plante, à racines fibreuses, ne craint pas le froid, et elle demande peu de soins; en outre, elle fleurit au milieu de l’hiver, ce qui suffit pour la faire rechercher.—Deux variétés.—Multiplication par éclats, au commencement de l’hiver.

HÉMÉROCALE.—Charmante fleur qui ressemble au lis et dont l’odeur n’est pas moins suave que celle de ce roi du parterre. Plusieurs variétés, qui, toutes, fleurissent en juin.—Terre de bruyère; arrosements modérés.—Multiplication par caïeux séparés et replantés en automne. En serre jusqu’au printemps.

HORTENSIA.—Charmant arbuste, un des plus beaux ornements d’un parterre, dont les fleurs, roses, rouges ou bleues, selon la variété, s’épanouissent et forment de grosses boules, en août.—Terre légère; beaucoup d’eau.—Multiplication par boutures, au mois d’avril. Cet arbuste ne craint pas le froid, et nous en avons en ce moment sous les yeux un massif superbe en pleine terre, à l’exposition du nord qui, depuis dix ans, n’a fait que croître et embellir. Cependant il est plus sûr de le rentrer pendant les grands froids.

I

IMMORTELLE.—Plante annuelle donnant, en août, des fleurs blanches, violettes, grises ou jaunes, selon la variété. Cette fleur doit son nom à la singulière propriété qu’elle a de conserver sa couleur et son état longtemps après qu’elle a été desséchée; et lorsque, après un certain nombre d’années, elle paraît les avoir perdus, il suffit, pour les lui faire recouvrer, de l’exposer à la vapeur du vinaigre.—Terre légère.—Multiplication par graines semées au printemps.

IRIS.—Il y a deux espèces d’iris bien distinctes, qui comptent chacune un grand nombre de variétés: ce sont l’iris à racines fibreuses et l’iris à racines bulbeuses. La première donne, en mai, de jolies fleurs bleues, roses, blanches, panachées, etc., selon la variété, et qui toutes ont une odeur des plus agréables. Elles se multiplient par éclats de racines faits en octobre.—Terre légère, arrosements fréquents.

Les variétés de l’espèce à racines bulbeuses fleurissent également en mai, et ne sont ni moins belles ni moins odorantes. Ces dernières se multiplient par caïeux détachés de l’oignon, la deuxième année, en automne, et replantés aussitôt.—Terre de bruyère; arrosements modérés.

Quelques amateurs font, des variétés de ces deux espèces, de très-belles collections.

IXIA.—Charmantes fleurs à racines bulbeuses, qui s’épanouissent en mai, et sont de couleurs diverses, selon la variété, depuis le rouge de pourpre jusqu’au blanc de neige.—Terre de bruyère; peu d’eau.—Multiplication par caïeux détachés et replantés en septembre.—En serre de novembre en avril.

J

JACINTHE.—Cette plante à oignons est l’une des plus belles et des premières qui fleurissent au printemps. Fleur d’une odeur suave et de toutes les couleurs, selon les variétés, qui ne sont pas moins nombreuses que celles des tulipes.—Multiplication par caïeux, qu’on détache dès que la plante est fanée, et qu’on laisse sécher à l’ombre pendant deux mois. En septembre, on plante les caïeux dans une bonne terre de bruyère mêlée de terreau et d’un peu de terre franche, et arrosée précédemment avec de l’eau salée; on couvre la terre de paille pendant l’hiver.—Arrosements modérés.

La jacinthe est une des fleurs qui ont la propriété de végéter dans l’eau, et l’on peut, par ce moyen, en avoir en fleurs pendant tout l’hiver dans les appartements. Le procédé est simple: on remplit d’eau légèrement salée des carafes dont le goulot est étroit et l’orifice évasé; on place un oignon de jacinthe sur chaque carafe, de manière que l’oignon se trouve à moitié plongé dans l’eau, et l’on remplit les carafes à mesure que l’eau qu’elles contiennent s’évapore ou est absorbée par la plante. Une chaleur de dix à douze degrés dans l’appartement est suffisante, et en peu de temps, chaque oignon produit une fleur qui n’est ni moins belle ni moins odorante que celle des oignons mis en terre; mais ces oignons ainsi forcés, perdent leur vertu germinative, et dès que la fleur est fanée, il faut les jeter.

JASMIN.—Très-joli arbuste, à fleurs blanches ou jaunes, d’un parfum délicieux, de juillet en septembre.—Terre franche mêlée d’un peu de terre de bruyère. De l’air, du soleil et beaucoup d’eau en été.—Multiplication par boutures, et mieux par marcottes, au printemps.

JOUBARBE.—Plante grasse donnant, en juillet, d’assez jolies fleurs rouges ou jaunes, selon la variété.—Terre légère, très-peu d’eau.—Multiplication par boutures plantées deux ou trois jours après avoir été coupées.

JULIENNE.—Espèce de giroflée donnant, en mai, des fleurs blanches en grappes d’une odeur très-forte et très-agréable. Plante bisannuelle.—Terre franche; arrosements modérés.—Multiplication par éclats, en juin.

Une autre espèce, appelée Julienne de Mahon, compte plusieurs variétés qui sont rouges, violettes, blanches, etc., et qui ont le même parfum que la julienne proprement dite. Cette dernière espèce est annuelle et se multiplie par graines semées en octobre.—Terre légère, peu d’eau.

K

KETMIE.—Il existe deux plantes de ce nom qui sont bien distinctes: l’une, le ketmie des marais, est une plante annuelle donnant, en août, de grandes fleurs blanches à onglet rouge.—Terre légère; peu d’eau.—Multiplication par graines semées au printemps.

L’autre ketmie, appelée ketmie des jardins, est un arbrisseau qui a assez ordinairement deux mètres de haut, et qui donne, en octobre, d’assez jolies fleurs de toutes couleurs, depuis le blanc jusqu’au rouge foncé, selon la variété.—Terre légère; arrosements fréquents mais peu abondants.—Multiplication par marcottes.

L

LAURIER COMMUN.—Joli arbrisseau dont les feuilles et le bois exhalent une odeur aromatique très-forte, et qui donne, en mai, des fleurs peu apparentes.—Terre franche; peu d’eau.—Multiplication par graines, et mieux par marcottes, au printemps.—En serre pendant l’hiver.

LAURIER-ROSE.—Très-joli arbuste, dont on cultive plusieurs variétés, donnant en juin et en juillet de belles fleurs roses, blanches ou jaunes, selon la variété; mais toutes sans parfum, à l’exception de deux variétés, l’une nommée laurier odorant, dont les fleurs, d’un rose très-pâle, exhalent une odeur à peu près semblable à celle de la violette, et l’autre, à fleurs blanches semi-doubles, qui ont le même parfum que l’aubépine. Toutes se cultivent de la même manière—Terre légère, peu d’eau, du soleil.—Multiplication par marcottes et rejetons au printemps.

LAURIER-TIN.—Arbrisseau toujours vert, donnant, en février, de nombreuses fleurs, blanches en dedans et rouges en dehors.—Terre franche mêlée de terre de bruyère; peu d’eau et point de soleil.—Multiplication par boutures en automne.

LILAS.—La plus belle, la plus gaie, la plus gracieuse fleur du printemps. Ce charmant arbrisseau, dont les fleurs embellissent et embaument les derniers jours d’avril et les premiers de mai, et dont le feuillage d’un beau vert ne tombe qu’en octobre, est indispensable dans un jardin, sur une terrasse bien garnie et même sur un balcon, quand ce dernier est d’une certaine étendue. Il se plaît partout, se multiplie de toutes manières, et ne demande presque aucun soin.

On en cultive plusieurs variétés: le lilas commun, grand arbrisseau qui a quelquefois de huit à neuf mètres de hauteur; le lilas varin, de deux à trois mètres de hauteur, dont les fleurs sont plus petites, mais non moins odorantes que celles du lilas commun, et le lilas de Perse, qui diffère peu du lilas varin.

La terre franche est celle qui convient le mieux au lilas.—Arrosements modérés. Lorsque les fleurs sont fanées, il est bon de les couper, à moins qu’on ne veuille recueillir de la graine, et dans ce cas il suffit d’en conserver quelques-unes.

Quelques jardiniers-fleuristes de Paris ont réussi à faire fleurir les lilas deux fois dans la même année, en avril et en août. Pour obtenir ce résultat, il suffit de couper les fleurs en mai, dès qu’elles commencent à se faner, et, vers la fin du même mois, de dépouiller l’arbrisseau de toutes ses feuilles; mais il ne résiste pas longtemps à un pareil régime; il dépérit dès la seconde année, et meurt ordinairement dans le cours de la quatrième.

LILAS DES INDES.—Arbuste toujours vert, donnant en juillet de belles fleurs d’un bleu tendre et d’un parfum doux.—Terre de bruyère mêlée de terreau; en serre pendant l’hiver; le plus d’air et de lumière possible; arrosements modérés.—Multiplication par marcottes et par graines.

LIS.-C’est le roi du parterre, et il suffit de le voir pour comprendre que les souverains de la France aient voulu qu’il figurât dans leurs armes. Beauté, grandeur, majesté, parfum enivrant, sont le partage de cette fleur superbe. On en cultive un grand nombre de variétés, parmi lesquelles nous citerons le lis de Constantinople, le lis à fleurs doubles, l’orangé, le turban, le tigre, le martagon, dont les bulbes, cuites au four, sont un mets très-agréable. Mais de tous, le lis blanc est le plus beau.

La culture de cette belle fleur ne demande que peu de soins. On met l’oignon en terre, en automne ou en mars, à quinze centimètres de profondeur environ.—Terre franche, mêlée d’un peu de terreau; arrosements modérés. Tous les deux ou trois ans, on relève les oignons, et l’on détache les caïeux, qui doivent être replantés sur-le-champ.

En plein air, le parfum du lis est délicieux; dans un appartement il est dangereux; il peut avoir de fâcheuses influences sur l’économie animale, et même causer une asphyxie complète. C’est une ressemblance de plus avec les grands de la terre, dont le contact est si souvent fatal aux petits.

LISERON SATINÉ.—Arbuste dont les fleurs, d’un rose très-tendre, s’épanouissent en août.—Terre de bruyère; peu d’eau. En serre dès les premiers froids.—Multiplication par marcottes, par boutures et par graines. Les marcottes prennent difficilement; les boutures doivent se faire vers la fin d’avril.

LOBÉLIE.—Jolie plante à racines fibreuses donnant, en août, de grandes et belles fleurs en grappes d’un beau rouge.—Terre franche; beaucoup d’eau. En serre pendant l’hiver.—Multiplication par éclats de racines à la fin de septembre, et par boutures en avril.

LUNAIRE.—Plante annuelle. En avril, fleurs en grappes blanches, rouges ou panachées, selon la variété.—Terre franche.—Multiplication par graines semées fin mars.

LUPIN.—On en cultive de deux espèces, le lupin vivace et le lupin annuel. Toutes deux fleurissent en juin. Les fleurs des vivaces, roses d’abord, deviennent bleues quand elles sont entièrement épanouies; celles du lupin annuel sont d’un beau jaune et odorantes. Les deux espèces se multiplient par graines semées fin mars.—Terre franche; arrosements modérés.

M

MARJOLAINE.—Arbuste fleurissant en juin. Fleurs blanches ou roses, selon la variété, et très-odorantes.—Terre de bruyère, peu d’eau. En serre pendant l’hiver.—Multiplication par semences, et mieux par éclats, au printemps.

MATRICAIRE.—Plante vivace, à racines fibreuses, donnant en juin de grosses fleurs blanches.—Terre franche; peu d’eau.—Multiplication par éclats, en automne ou en mars.

MÉLILOT.—En août, fleurs blanches en grappes et odorantes.—Terre franche, arrosements modérés.—Multiplication par graines semées en avril.

MÉLISSE.—En juillet, petites fleurs blanches peu remarquables.—La plante exhale une odeur de citron très-prononcée.—Terre légère; peu d’eau.—Multiplication par graines ou par éclats faits en octobre.

MILLEPERTUIS.—Plante vivace, originaire de la Chine, dont les grandes et belles fleurs jaunes s’épanouissent en octobre.—Terre de bruyère mélangée de terre franche et de terreau; arrosements modérés.—Multiplication par marcottes, boutures, éclats de racines.—En serre l’hiver.

MOURON EN ARBRE.—Petit arbuste donnant, en mai, d’assez jolies fleurs rouges. Terre légère mélangée de terreau, beaucoup d’eau.—Multiplication par marcottes et par boutures.—En serre l’hiver.

MUGUET.—Charmante fleur qui vient parfaitement sans culture dans les bois, qu’elle embaume au mois de mai. Elle ne demande donc que fort peu de soins. Terre franche et fraîche.—Multiplication par éclats de racines. Le muguet du Japon, autre espèce, dont les fleurs sont bleues et s’épanouissent à la même époque, se cultive de la même manière.

MYOSOTIS ou SOUVENEZ-VOUS DE MOI.—En avril, charmantes petites fleurs d’un beau bleu.—Terre franche; arrosements fréquents.—Multiplication par éclats.

MYRTE.—Joli arbuste, symbole de l’amour heureux, aromatique dans toutes ses parties, et donnant en août de petites fleurs blanches. Il y en a de plusieurs variétés, qui se cultivent toutes de la même manière.—Terre franche mêlée de terre de bruyère; exposition du midi; arrosements fréquents.—En serre pendant l’hiver, de manière à recevoir le plus de lumière possible.—Multiplication par rejetons, marcottes et graines.

N

NARCISSE.—Jolie plante à oignons, dont les fleurs, qui répandent un doux parfum, s’épanouissent en mai. Il y en a un assez grand nombre d’espèces, qui toutes ont plusieurs variétés. La culture est la même pour toutes. On relève les oignons vers la fin de juin; on en détache les caïeux que l’on nettoie et laisse sécher à l’ombre, dans une serre, pendant deux ou trois mois. On les replante ensuite à quatre ou cinq centimètres de profondeur.—Terre franche mélangée de terre de bruyère et de terreau; beaucoup d’eau. Les narcisses peuvent végéter dans de l’eau comme les jacinthes. (Voyez Jacinthe.)

NIGELLE.—Plante annuelle dont les fleurs, d’un beau bleu, paraissent en juillet.—Terre franche; arrosements modérés.—Multiplication par graines semées en avril.

O

ŒILLET.—Cette fleur si connue est une des plus belles qui puissent orner un parterre. On en compte un grand nombre d’espèces, et chacune a de nombreuses variétés. Quelques amateurs en font d’admirables collections.—Terre franche, mélangée de terre de bruyère et de terreau; arrosements fréquents. Toutes les espèces d’œillets se multiplient par marcottes, qui reprennent très-facilement. Mais pour obtenir des variétés, il faut avoir recours à la graine qu’on sème au printemps. On relève les plants dès qu’ils sont assez forts, et on les met en place.

De même que le lis et la violette, l’œillet a joué un rôle important dans nos discordes civiles. En 1815, par exemple, peu de jours après l’accomplissement de la seconde Restauration, l’œillet rouge devint le signe de reconnaissance des partisans de Napoléon. Par opposition, les royalistes, et particulièrement les gardes-du-corps, les pages, avaient adopté l’œillet blanc. Il y eut souvent des rencontres terribles entre les deux partis. Ils se livrèrent à Paris, sur les boulevards, des combats sérieux, et il en résulta plus d’une déplorable catastrophe. En voici une qui produisit une bien vive sensation.

Un jeune page de Louis XVIII, Jules de Saint-P..., avait pour tante la comtesse de C..., une des dames d’honneur de la duchesse d’Angoulême.

Un jour du mois d’août, le jeune page était venu voir sa tante, dans les appartements de la duchesse.

—Eh quoi! chevalier, s’écria Mme de C..., vous n’avez point d’œillet à votre boutonnière?... Les bonapartistes vous font-ils donc peur?

Comme elle achevait de prononcer ces paroles, la duchesse parut; elle avait entendu le reproche que Mme de C... venait d’adresser à son neveu, et voyant le jeune homme la rougeur sur le front, elle prit en souriant un œillet blanc dans un des beaux vases de Sèvres qui ornaient la cheminée, et le présenta à Jules.

—Votre tante vient de se montrer injuste, chevalier, lui dit-elle; nous savons bien qu’il n’y a dans votre famille que de bons Français, et que les Saint-P... sont sans peur comme sans reproche.

Le page s’inclina respectueusement, et prit la fleur:

—Merci, madame, répondit-il d’une voix fortement émue, et que votre Altesse Royale soit assurée que je m’efforcerai toujours de mériter la bonne opinion qu’elle veut bien avoir de moi.

Une heure après, le jeune page, en habit de ville, était sur le boulevard des Italiens, appelé alors boulevard de Gand, avec plusieurs de ses amis, portant tous l’œillet blanc et ayant à la main une canne à épée. Ils ne tardèrent pas à se trouver en face d’un groupe d’officiers à la demi-solde, décorés de l’œillet rouge.

—Prenez garde, messieurs, dit un de ces derniers, vous portez là une couleur qui se salit aisément.

—Et c’est pour cela que les gens de votre sorte font bien de ne pas la porter, répondit vivement le chevalier.

Des sarcasmes aux menaces la transition fut prompte; on n’avait pas échangé quatre phrases, que les épées étaient tirées. Jules s’attaqua à celui des officiers qui, le premier, l’avait apostrophé, et par malheur c’était le plus rude joûteur de tous: sang-froid, coup d’œil d’aigle, poignet de fer, rien ne lui manquait. Mais le jeune page était trop animé pour s’apercevoir de son infériorité, et s’en fût-il aperçu, qu’il n’eût pas rompu d’une semelle. Comme cela se passait en plein jour, une foule nombreuse entourait les combattants. Tout à coup une voix s’écria: «Voici les gendarmes!»

L’autorité, en effet, avait pris des mesures pour réprimer ces troubles, et une patrouille accourait pour séparer les combattants.

—Nous ne pouvons pourtant nous quitter ainsi, dit l’adversaire du chevalier; tenez, monsieur le chevalier, à l’œillet!

Le coup fut porté avec la rapidité de l’éclair. Jules, atteint en pleine poitrine, tomba sur les genoux. En ce moment les gendarmes n’étaient plus qu’à deux pas des combattants. Les officiers se retirèrent promptement, et le jeune chevalier, relevé par ses amis, plus heureux que lui, fut mis dans une voiture et conduit à l’hôtel des pages. Comme il venait de mettre pied à terre, une calèche passait; une dame seule l’occupait: c’était la comtesse de C... qui, sans faire attention à la pâleur de Jules, soutenu par ses amis, s’écria avec l’accent de l’indignation:

—Un œillet rouge!... Le malheureux nous déshonore!...

Jules, qui n’avait pas perdu connaissance, abaissa son regard sur la fleur placée à sa boutonnière, et répondit d’une voix mourante:

—Oui, madame, rouge, mais toujours pur, car c’est mon sang qui l’a teint!

La calèche s’était arrêtée; la comtesse s’élança vers son malheureux neveu.

—Mon Dieu! mon Dieu! disait-elle éperdue, c’est moi qui l’ai tué!

Et elle disait vrai, car la blessure était mortelle, et le jeune page expirait le soir même, après avoir demandé qu’on mît avec lui dans sa tombe l’œillet, présent si funeste qu’une main royale lui avait fait.