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Les incertitudes de l'heure présente cover

Les incertitudes de l'heure présente

Chapter 50: II LE POUVOIR DES CROYANCES
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About This Book

The author offers a series of concise reflections on the social and political consequences of recent upheavals, arguing that scientific and economic interdependence clashes with inherited emotional and mystical impulses. He analyzes the instability of institutions, alliances, and moral beliefs after major conflict, the erosion of traditional habits, and the emergence of precarious, theory-built arrangements. Emphasizing psychological and structural causes, he surveys law, morality, religion, and political alignments, and proposes that understanding a few fundamental social principles can illuminate contemporary uncertainties and guide reconstruction.

II
LE POUVOIR DES CROYANCES

L’homme dominé par une croyance voit son énergie notablement accrue. La foi constitua toujours un très puissant mobile d’action. On a dit justement qu’elle peut soulever des montagnes.


La force d’une croyance telle que l’islamisme ou le bolchevisme ne dépend pas des dogmes qu’elle enseigne, mais de l’énergie des convictions qu’elle inspire.


L’unité de pensée, qui confère une grande force à un peuple, ne fut guère fondée jusqu’ici que sur des croyances religieuses. La raison seule n’a pas encore réussi à solidariser les hommes.


C’est surtout quand une religion est morte ou va mourir que son utilité apparaît. Plusieurs peuples ont vu leur civilisation périr ou se transformer avec la mort de leurs dieux.


Alors même que l’usure du temps fait disparaître une croyance, elle conserve longtemps encore dans les âmes une influence assez forte pour devenir mobile d’action. La haine de certains diplomates anglais puritains à l’égard des Musulmans n’a probablement pas d’autres causes.


La faim et l’amour ne suffiraient pas à soutenir la vie du monde, comme l’affirmait un grand poète. Il faut y ajouter l’espoir créé par les croyances.


Les dieux vindicatifs condamnant leurs créatures à des supplices éternels pour des fautes légères eurent une utilité certaine aux âges de grande barbarie. A une époque éclairée, leur férocité n’est plus défendable.