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Les liaisons dangereuses / Lettres recueillies dans une Société et publiées pour l'instruction de quelques autres cover

Les liaisons dangereuses / Lettres recueillies dans une Société et publiées pour l'instruction de quelques autres

Chapter 3: AVERTISSEMENT DE L’ÉDITEUR
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About This Book

A sustained sequence of letters among members of high society depicts calculated games of seduction, deception, and revenge orchestrated by two cunning correspondents who use charm and confidential exchanges to manipulate lovers and destroy reputations. The epistolary form reveals private strategies and shifting loyalties as targets of intrigue suffer betrayal, shame, and tragic outcomes. Through the intimate documentation of schemes and their aftermath, the work examines power, sexual politics, hypocrisy, and the corrosive effects of using affection as an instrument, offering an unvarnished portrait of moral decay within a socially polished milieu.

AVERTISSEMENT DE L’ÉDITEUR


Nous croyons devoir prévenir le public que, malgré le titre de cet ouvrage et ce qu’en dit le rédacteur dans sa préface, nous ne garantissons pas l’authenticité de ce recueil, et que nous avons même de fortes raisons de penser que ce n’est qu’un roman.

Il nous semble de plus que l’auteur, qui paraît pourtant avoir cherché la vraisemblance, l’a détruite lui-même, et bien maladroitement, par l’époque où il a placé les événements qu’il publie. En effet, plusieurs des personnages qu’il met en scène ont de si mauvaises mœurs qu’il est impossible de supposer qu’ils aient vécu dans notre siècle; dans ce siècle de philosophie, où les lumières, répandues de toutes parts, ont rendu, comme chacun sait, tous les hommes si honnêtes et toutes les femmes si modestes et si réservées.

Notre avis est donc que, si les aventures rapportées dans cet ouvrage ont un fonds de vérité, elles n’ont pu arriver que dans d’autres lieux ou dans d’autres temps, et nous blâmons beaucoup l’auteur qui, séduit apparemment par l’espoir d’intéresser davantage en se rapprochant plus de son siècle et de son pays, a osé faire paraître sous notre costume et avec nos usages, des mœurs qui nous sont si étrangères.

Pour préserver au moins, autant qu’il est en nous, le lecteur trop crédule de toute surprise à ce sujet, nous appuierons notre opinion d’un raisonnement que nous lui proposons avec confiance, parce qu’il nous paraît victorieux et sans réplique: c’est que sans doute les mêmes causes ne manqueraient pas de produire les mêmes effets, que cependant nous ne voyons point aujourd’hui de demoiselle, avec soixante mille livres de rente, se faire religieuse, ni de présidente, jeune et jolie, mourir de chagrin.