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Les manieurs d'argent à Rome jusqu'à l'Empire cover

Les manieurs d'argent à Rome jusqu'à l'Empire

Chapter 36: § 4. — Attributions ayant un caractère public.
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L'étude retrace l'essor et l'organisation des financiers et des sociétés d'action qui assurèrent adjudications, impôts, transports et fournitures pour l'État romain durant les derniers siècles de la République et jusqu'à l'Empire. En s'appuyant sur les textes anciens et les travaux modernes, l'auteur décrit les mécanismes du marché financier romain, les réseaux de publicains et d'actionnaires, et la façon dont la richesse privée infiltra la législation, les mœurs et les institutions publiques. L'ouvrage examine les fortunes colossales évoquées par les contemporains, le jeu politique et économique autour des contrats publics, et propose une lecture de l'influence corruptrice des grandes fortunes sur la transformation sociale et constitutionnelle de Rome.

§ 4. — Attributions ayant un caractère public.

Les argentarii exercèrent, outre la banque proprement dite, des délégations qui les rapprochent de certains de nos officiers ministériels ; ils étaient chargés des ventes aux enchères, par exemple ; on les appelait alors argentarii auctionatores. On a trouvé récemment, dans les fouilles de Pompéi[303], quelques indications curieuses à cet égard. Ils liquidaient les successions ou arbitraient les situations pécuniaires embrouillées.

[303] Nous avons cité plus haut l’étude faite par M. Caillemer sur ce texte. Supra, p. 159.

Sous le nom de mensarii, c’est eux surtout qu’on employa, très probablement, dans certaines crises monétaires ou financières de l’État. Ils facilitent alors officiellement la circulation des valeurs, liquident, en vertu d’une délégation spéciale de l’État, les affaires des citoyens. Nous retrouverons ces faits en étudiant les banquiers dans leurs rapports avec les événements de l’histoire. Mais, de même que nous n’avions pas d’intérêt, ici, à les considérer dans leurs fonctions de contrôleurs ou d’orfèvres, argentarii fabri, vascularii, probatores, monetales, de même, nous laisserons de côté ces sortes d’offices qui ne touchent qu’indirectement au maniement ordinaire des affaires, et à la circulation normale des richesses. C’est dans ces dernières opérations seulement que nous les étudierons ; c’est là qu’ils ont joué un rôle considérable. Là, ils étaient de véritables banquiers, avec la diversité des fortunes et des chances qui se rattachent aux affaires d’argent, dans tous les temps et dans tous les pays.