WeRead Powered by ReaderPub
Les manieurs d'argent à Rome jusqu'à l'Empire cover

Les manieurs d'argent à Rome jusqu'à l'Empire

Chapter 42: Section première. Exposé et chronologie des faits de l’histoire romaine concernant les publicains.
Open in WeRead

Explore more books like this:

About This Book

L'étude retrace l'essor et l'organisation des financiers et des sociétés d'action qui assurèrent adjudications, impôts, transports et fournitures pour l'État romain durant les derniers siècles de la République et jusqu'à l'Empire. En s'appuyant sur les textes anciens et les travaux modernes, l'auteur décrit les mécanismes du marché financier romain, les réseaux de publicains et d'actionnaires, et la façon dont la richesse privée infiltra la législation, les mœurs et les institutions publiques. L'ouvrage examine les fortunes colossales évoquées par les contemporains, le jeu politique et économique autour des contrats publics, et propose une lecture de l'influence corruptrice des grandes fortunes sur la transformation sociale et constitutionnelle de Rome.

Section première.
Exposé et chronologie des faits de l’histoire romaine concernant les publicains.

L’histoire, avons-nous dit, ne parle des publicains que depuis l’époque des guerres Puniques ; et cependant l’ordo publicanorum existait déjà à cette époque ; les publicains constituaient dès lors, on ne sait depuis quand, un ordre dans l’État[356].

[356] Mommsen le dit à plusieurs reprises dans son Traité sur le droit public romain. Voy. notamment le t. VI, 2e partie, p. 109, note 2, de la traduction Girard. Paris, 1889.

Jusque-là, certains impôts avaient déjà été donnés en adjudication ; c’était par le même procédé de la mise aux enchères que les travaux publics avaient été, sans doute, exécutés sous la République. Il en était ainsi des mines, des salines, des carrières. « Hi qui salinas et cretifodinas et metalla habent publicanorum loco sunt », dit Cicéron. La loi 1 du titre Quod cujuscumque universitatis, de Gaius, au Digeste, fait le même rapprochement pour les mines d’or et d’argent. Mais, nous le savons, il n’y avait rien là que de très ordinaire ; l’adjudication était le procédé employé partout où il était praticable, dans la vie privée aussi bien que dans la vie publique.

Nous allons rattacher naturellement notre étude aux grandes périodes de l’histoire romaine.