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Les Romanesques: comédie en trois actes en vers cover

Les Romanesques: comédie en trois actes en vers

Chapter 27: SCÈNE V
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About This Book

A three-act comic play in verse follows two young lovers who meet and court across a mossy garden wall that separates the estates of their quarrelling fathers. They read romantic poetry, plot secret engagements and imagine theatrical means to overcome family hostility, while parents and neighbors supply comic obstacles. The piece playfully parodies romantic conventions and stage effects, contrasting youthful idealism and imagination with social pettiness, and uses witty verse and staged incidents to explore how performance, fantasy and contrivance can both complicate and ultimately aim to reconcile entrenched enmity.

SYLVETTE.
Non certe…
PERCINET.
Et fit-il donc, dans la Nuit de Printemps,
Dis-moi, que nous étions deux enfants de vingt ans,
Et que nous nous aimions, car ce fut là le charme,
Tout le charme!
SYLVETTE.
Tout le… c'est vrai, mais…
PERCINET.
Une larme?
Il est donc pardonné, le méchant qui partit?
SYLVETTE.
Je t'ai toujours aimé, va, mon pauvre petit.
PERCINET.
J'ai retrouvé ton front, sa puérile frange,
Et ton jeune parfum qui fait un fin mélange
Avec tous les parfums des cytises voisins…
Ah! les Anges, ce soir, ne sont pas mes cousins!
Il joue avec le voile de Sylvette.
Oh! laisse-moi baiser le liséré frivole
Du voile aérien qui de ton front s'envole!
Comme il me rafraîchit les lèvres, ce tissu,
Ce tendre et clair tissu, pour qui je n'ai pas su
Vous dédaigner, satins et velours équivoques!
SYLVETTE.
Quels satins? Quels velours?
PERCINET, vivement.
Oh! rien, rien, rien,—des loques.
Oh! jeune fille, enfant, mousseline est ton nom!
Oh! que j'aime ce voile frais!…
SYLVETTE.
C'est du linon.
PERCINET, s'agenouillant.
Je l'aime et suis tremblant que mon baiser le souille,
Car ce voile devant lequel je m'agenouille…
Ce léger linon
Qui vous emmitoufle,
Mais à la façon
D'un souffle;
Ce linon léger
Dont la candeur frêle
A le voltiger
D'une aile;
Ce léger linon,
Assez diaphane
Pour qu'un seul rayon
Le fane;
Ce linon, léger
Comme un fil de berge
Que fait voyager
La Vierge;
Ce léger linon,
C'est votre pensée
Que les choses n'ont
Froissée!
Ce linon léger,
C'est, neigeuse flamme
Qu'un rien fait bouger,
Votre âme!
Ce léger linon,
Ce linon que j'aime,
Ce n'est rien sinon
Vous-même!
SYLVETTE, dans ses bras.
Vois-tu, la poésie est au cœur des amants:
Elle n'émane pas des seuls événements.
PERCINET.
C'est vrai: ceux dont je sors, quoique très authentiques,
Ne furent pas du tout, Sylvette, poétiques…
SYLVETTE.
Et ceux par nos papas machiavels arrangés
Le furent, Percinet, encor que mensongers.
PERCINET.
Car elle peut broder, lorsqu'elle aime, notre âme,
De véritables fleurs sur une fausse trame.
SYLVETTE.
La poésie, amour, mais nous fûmes des fous
De la chercher ailleurs lorsqu'elle était en nous!
Straforel apparaît, ramenant les deux pères, et leur montre Sylvette et Percinet dans les bras l'un de l'autre.

SCÈNE V

Les Mêmes, STRAFOREL, BERGAMIN, PASQUINOT.
STRAFOREL.
Refiancés!…
BERGAMIN.
Mon fils!
Il embrasse Percinet.
STRAFOREL.
Me paierez-vous ma note?
PASQUINOT, à sa fille.
Tu l'aimes derechef?
SYLVETTE.
Oui.
PASQUINOT.
Tête de linotte.
STRAFOREL, à Bergamin.
Palperai-je mon or?
BERGAMIN.
Vous palperez votre or!
SYLVETTE, qui a tressailli.
Mais au fait… cette voix!… le marquis d'As-ta-fior…
STRAFOREL, saluant.
Quercita? C'était moi, chère Mademoiselle,
Moi, Straforel!… Daignez me pardonner mon zèle;
Le moyen que j'ai pris était bon en ceci,
Qu'il vous a fait connaître—en vous laissant ici,—
Tout ce qu'ont d'ennuyeux ces aventures vraies
Dont les femmes toujours sont tôt désenivrées.
Sans doute vous pouviez…
Montrant Percinet.
comme ce citoyen,
Vous même les courir; mais, dame! le moyen
Pour une jeune fille étant trop énergique,
Je vous en ai fait voir la lanterne magique.
PERCINET.
Qu'est-ce?
SYLVETTE, vivement.
Rien, rien,—je t'aime!…
BERGAMIN, montrant le mur commencé.
Et demain même, pan!
D'un coup de pioche on va redémolir ce pan…
PASQUINOT.
Enlever ce ciment, ces pierres et ce sable!…
STRAFOREL.
Non, construisez le mur, il est indispensable!
SYLVETTE, réunissant autour d'elle tous les acteurs.
Et maintenant, nous quatre,—et Monsieur Straforel—
Excusons ce que fut la pièce, en un rondel.
Elle descend vers le public.
Des costumes clairs, des rimes légères,
L'Amour, dans un parc, jouant du flûteau…
BERGAMIN.
Un florianesque et fol quintetto,
PASQUINOT.
Des brouilles… d'ailleurs toutes passagères.
STRAFOREL.
Des coups de soleil, des rayons lunaires,
Un bon spadassin en joyeux manteau…
SYLVETTE.
Des costumes clairs, des rimes légères,
L'Amour, dans un parc, jouant du flûteau…
PERCINET.
Un repos naïf des pièces amères,
Un peu de musique, un peu de Watteau,
Un spectacle honnête et qui finit tôt,
Un vieux mur fleuri,—deux amants,—deux pères…
SYLVETTE, dans une révérence.
Des costumes clairs, des rimes légères!

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