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Les technologies et le livre pour tous

Chapter 33: 2001: CREATIVE COMMONS
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About This Book

The author traces a chronological history of digital and publishing technologies across forty years, outlining thirty-eight milestones from early character-encoding and bibliographic standards through the emergence of the internet, the web, universal character sets, portable reading devices, digital formats and archives, online catalogs and marketplaces, collaborative reference projects, open-access and licensing innovations, and large-scale digitization efforts; each entry summarizes technical origins, institutional developments, and consequences for access, multilingualism, metadata, publishing practices, pedagogy and librarianship, highlighting how standards, formats and community projects reshaped creation, distribution and preservation of written knowledge.

2000: PUBLIC LIBRARY OF SCIENCE

[Résumé]

La Public Library of Science (PLoS) est fondée en octobre 2000 par un groupe de chercheurs des universités de Stanford et de Berkeley, en Californie. Son premier objectif est de contrer les publications spécialisées aux prix prohibitifs en regroupant tous les articles scientifiques et médicaux au sein d'archives en ligne en accès libre. Mais la réponse des éditeurs concernés n'est guère enthousiaste, et ce projet n'aboutit pas. La Public Library of Science met ensuite en oeuvre son deuxième objectif, et devient un éditeur non commercial de périodiques scientifiques et médicaux en ligne, selon un nouveau modèle d'édition en ligne basé sur la diffusion libre du savoir. Le premier numéro de PLoS Biology sort en octobre 2003. PLoS Medicine est lancé en octobre 2004. Trois nouveaux titres voient le jour en 2005: PLoS Genetics, PLoS Computational Biology et PLoS Pathogens. Ils sont suivis par PLoS Clinical Trials en mai 2006 et PLoS Neglected Tropical Diseases en octobre 2007.

[En détail]

A l'heure de l'internet, il paraît assez scandaleux que le résultat de travaux de recherche - travaux originaux et demandant de longues années d'efforts - soit détourné par des éditeurs spécialisés s'appropriant ce travail et le monnayant à prix fort. L'activité des chercheurs est souvent financée par les deniers publics, et de manière substantielle en Amérique du Nord. Il semblerait donc normal que la communauté scientifique et le grand public puissent bénéficier librement du résultat de ces recherches.

Dans le domaine scientifique et médical par exemple, 1.000 nouveaux articles sont publiés chaque jour, en ne comptant que les articles révisés par les pairs. Se basant sur ce constat, la Public Library of Science (PLoS) est fondée en octobre 2000 à San Francisco à l'initiative de Harold Varmus, Patrick Brown et Michael Eisen, enseignants-chercheurs dans les universités de Stanford et de Berkeley, en Californie. Le but de PLoS est de contrer les pratiques de l'édition spécialisée en regroupant tous les articles scientifiques et médicaux au sein d'archives en ligne en accès libre. Au lieu d'une information disséminée dans des millions de rapports et des milliers de périodiques en ligne ayant chacun des conditions d'accès différentes, un point d'accès unique permettrait de lire le contenu intégral de ces articles, avec moteur de recherche multi-critères et système d'hyperliens entre les articles.

Pour ce faire, PLoS fait circuler une lettre ouverte demandant que les articles publiés par les éditeurs spécialisés soient distribués librement dans un service d'archives en ligne, et incitant les signataires de cette lettre à promouvoir les éditeurs prêts à soutenir ce projet. La réponse de la communauté scientifique internationale est remarquable. Au cours des deux années suivantes, la lettre ouverte est signée par 30.000 chercheurs de 180 pays différents. La réponse des éditeurs est nettement moins enthousiaste, mais plusieurs éditeurs donnent leur accord de principe pour une distribution immédiate des articles publiés par leurs soins, ou alors une distribution dans un délai de six mois. Dans la pratique, toutefois, même les éditeurs ayant donné un accord de principe formulent nombre d'objections au nouveau modèle proposé, si bien que le projet d'archives en ligne ne voit finalement pas le jour.

Un autre objectif de la Public Library of Science est de devenir elle-même éditeur. PLoS fonde donc une maison d'édition scientifique non commerciale qui reçoit en décembre 2002 une subvention de 9 millions de dollars US de la part de la Moore Foundation. Une équipe éditoriale de haut niveau est constituée en janvier 2003 pour lancer des périodiques de qualité selon un nouveau modèle d'édition en ligne basé sur la diffusion libre du savoir. Le premier numéro de PLoS Biology sort en octobre 2003, avec une version en ligne gratuite et une version imprimée au prix coûtant (couvrant uniquement les frais de fabrication et de distribution). PLoS Medicine est lancé en octobre 2004. Trois nouveaux titres voient le jour en 2005: PLoS Genetics, PLoS Computational Biology et PLoS Pathogens. PLoS Clinical Trials voit le jour en 2006. PloS Neglected Tropical Diseases est lancé en octobre 2007 en tant que première publication scientifique consacrée aux maladies tropicales négligées. Ces maladies affectent les populations pauvres aussi bien dans les zones rurales que dans les zones urbaines.

Tous les articles de ces périodiques sont librement accessibles en ligne, sur le site de PLoS et dans PubMed Central, le service public et gratuit d'archives en ligne de la National Library of Medicine (Etats-Unis), avec moteur de recherche multi-critères. Les versions imprimées sont abandonnées en 2006 pour laisser place à un service d'impression à la demande proposé par la société Odyssey Press. Ces articles peuvent être librement diffusés et réutilisés ailleurs, y compris pour des traductions, selon les termes de la licence Creative Commons, la seule contrainte étant la mention des auteurs et de la source. PLoS lance aussi PLoS ONE, un forum en ligne permettant de publier des articles sur tout sujet scientifique et médical.

Le succès est total. Trois ans après les débuts de PLoS en tant qu'éditeur, PLoS Biology et PLoS Medicine ont la même réputation d'excellence que les grandes revues Nature, Science ou The New England Journal of Medicine. PLoS reçoit le soutien financier de plusieurs fondations tout en mettant sur pied un modèle économique viable, avec des revenus émanant des frais de publication payés par les auteurs, et provenant aussi de la publicité, de sponsors et d'activités destinées aux membres de PLoS. PLoS oeuvre aussi pour que ce modèle économique incide d'autres éditeurs à créer des revues du même type ou à mettre les revues existantes en accès libre.

2001: WIKIPEDIA

[Résumé]

Lancée en janvier 2001 à l'initiative de Jimmy Wales et Larry Sanger (Larry quitte ensuite l'équipe), Wikipedia est une encyclopédie gratuite écrite collectivement et dont le contenu est librement réutilisable. Elle est immédiatement très populaire. Sans publicité, et financée par des dons, cette encyclopédie coopérative est rédigée par des milliers de volontaires (appelés Wikipédiens), avec possibilité de corriger et de compléter les articles. Les articles restent la propriété de leurs auteurs, et leur libre utilisation est régie par la licence GFDL (GNU free documentation license). En décembre 2004, Wikipedia compte 1,3 million d'articles rédigés par 13.000 contributeurs dans 100 langues. Deux ans après, en décembre 2006, elle compte 6 millions d'articles dans 250 langues, et elle est l'un de dix sites les plus visités du web. En mai 2007, la version francophone fête ses 500.000 articles. A la même date, Wikipedia compte 7 millions d'articles dans 192 langues, dont 1,8 million en anglais, 589.000 en allemand, 260.000 en portugais et 236.000 en espagnol.

[En détail]

Créée en janvier 2001 à l'initiative de Jimmy Wales et Larry Sanger (Larry quitte ensuite l'équipe), Wikipedia est une encyclopédie gratuite écrite collectivement et dont le contenu est librement réutilisable.

Wikipedia est non seulement une encyclopédie mais aussi un wiki. Un wiki - terme hawaïen signifiant: vite, rapide - est un site web permettant à plusieurs utilisateurs de collaborer en ligne sur un même texte. A tout moment, ces utilisateurs peuvent contribuer à la rédaction du contenu, modifier ce contenu et l'enrichir en permanence. Le wiki est utilisé par exemple pour créer et gérer des dictionnaires, des encyclopédies ou encore des sites d'information sur un sujet donné. Le programme présent derrière l'interface d'un wiki est plus ou moins élaboré. Un programme simple gère du texte et des hyperliens. Un programme élaboré permet d'inclure des images, des graphiques, des tableaux, etc.

Wikipedia est immédiatement très populaire. Sans publicité et financée par des dons, cette encyclopédie coopérative est rédigée par des milliers de volontaires - appelés Wikipédiens, et qui s'inscrivent en prenant un pseudonyme - avec possibilité de corriger ou compléter les articles. Les articles restent la propriété de leurs auteurs, et leur libre utilisation est régie par la licence GFDL (GNU free documentation license). En décembre 2004, Wikipedia compte 1,3 million d'articles rédigés par 13.000 contributeurs dans 100 langues. En décembre 2006, elle compte 6 millions d'articles dans 250 langues, et elle est l'un de dix sites les plus visités du web. En avril 2007, Wikipedia publie pour la première fois un CD payant avec une sélection de 2.000 articles en anglais. En mai 2007, la version francophone fête ses 500.000 articles (un CD est également prévu). A la même date, Wikipedia compte 7 millions d'articles dans 192 langues, dont 1,8 million en anglais, 589.000 en allemand, 260.000 en portugais et 236.000 en espagnol.

Fondée en juin 2003, la Wikimedia Foundation gère non seulement Wikipedia mais aussi Wiktionary, dictionnaire et thésaurus multilingue lancé en décembre 2002, puis Wikibooks (livres et manuels en cours de rédaction) lancé en juin 2003, auxquels s'ajoutent ensuite Wikiquote (répertoire de citations), Wikisource (textes du domaine public), Wikimedia Commons (sources multimédias), Wikispecies (répertoire d'espèces animales et végétales), Wikinews (site d'actualités) et enfin Wikiversity (matériel d'enseignement), lancé en août 2006. La fin 2007 voit le lancement d'un moteur de recherche dénommé Wiki Search, qui utilise le réseau de contributeurs de Wikipedia pour classer les sites en fonction de leur qualité.

Les précurseurs de Wikipedia sont WebEncyclo (disparu depuis) et Britannica.com, lancés tous deux en décembre 1999 sur le web. WebEncyclo, publié par les éditions Atlas, est la première grande encyclopédie francophone en accès libre. La recherche est possible par mots-clés, thèmes, médias (cartes, liens internet, photos, illustrations) et idées. Un appel à contribution incite les spécialistes d'un sujet donné à envoyer des articles, qui sont regroupés dans la section WebEncyclo contributif. Après avoir été libre, l'accès est ensuite soumis à une inscription préalable gratuite. La version web de l'Encyclopaedia Universalis est mise en ligne à la même date, soit un ensemble de 28.000 articles signés par 4.000 auteurs. Si la consultation est payante sur la base d'un abonnement annuel, de nombreux articles sont en accès libre.

Le site Britannica.com - mis en ligne lui aussi en décembre 1999 - propose en accès libre l'équivalent numérique des 32 volumes de la 15e édition de l'Encyclopaedia Britannica, parallèlement à la version imprimée et à la version CD-Rom, toutes deux payantes. Le site web offre une sélection d'articles issus de 70 magazines, un guide des meilleurs sites, un choix de livres, etc., le tout étant accessible à partir d'un moteur de recherche unique. En septembre 2000, le site fait partie des cent sites les plus visités au monde. En juillet 2001, la consultation devient payante sur la base d'un abonnement mensuel ou annuel. Fin 2008, Britannica.com annnonce l'ouverture prochaine de son site à des contributeurs extérieurs, avec inscription obligatoire pour écrire et modifier des articles.

2001: CREATIVE COMMONS

[Résumé]

Lancée en 2001 à l'initiative de Lawrence Lessig, professeur de droit en Californie, la licence Creative Commons est destinée à favoriser la diffusion d'oeuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur. L'organisme du même nom propose des licences-type, qui sont des contrats flexibles de droit d'auteur compatibles avec une diffusion sur l'internet. Simplement rédigées, ces autorisations non exclusives permettent aux titulaires des droits d'autoriser le public à utiliser leurs créations tout en ayant la possibilité de restreindre les exploitations commerciales et les oeuvres dérivées. L'auteur peut par exemple choisir d'autoriser ou non les reproductions et les rediffusions de ses oeuvres. Ces contrats peuvent être utilisés pour tout type de création: texte, film, photo, musique, site web, etc. Finalisée en février 2007, la version 3.0 des Creative Commons instaure entre autres une licence internationale et la compatibilité avec d'autres licences similaires, dont le copyleft et la GPL (general public license).

[En détail]

Lancée en 2001 à l'initiative de Lawrence Lessig, professeur de droit en Californie, la licence Creative Commons est destinée à favoriser la diffusion d'oeuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur. L'organisme du même nom propose des licences-type, qui sont des contrats flexibles de droit d'auteur compatibles avec une diffusion sur l'internet. Simplement rédigées, ces autorisations non exclusives permettent aux titulaires des droits d'autoriser le public à utiliser leurs créations tout en ayant la possibilité de restreindre les exploitations commerciales et les oeuvres dérivées. L'auteur peut par exemple choisir d'autoriser ou non les reproductions et les rediffusions de ses oeuvres. Ces contrats peuvent être utilisés pour tout type de création: texte, film, photo, musique, site web, etc. Finalisée en février 2007, la version 3.0 des Creative Commons instaure entre autres une licence internationale et la compatibilité avec d'autres licences similaires comme le copyleft et la GPL (general public license).

Qui utilise la licence Creative Commons? O'Reilly Media par exemple. Fondé par Tim O'Reilly en 1978, O'Reilly Media est un éditeur réputé de manuels informatiques et de livres sur les technologies de pointe. O'Reilly dispose d'abord d'une formule de "copyright ouvert" pour les auteurs qui le souhaitent, ou alors pour des projets collectifs. A partir de 2003, il privilégie le Creative Commons Founders' Copyright permettant d'offrir des contrats flexibles de droit d'auteur à ceux qui veulent également diffuser leurs oeuvres sur le web. La Public Library of Science (PLoS) utilise elle aussi la licence Creative Commons. Les articles de ses périodiques en ligne peuvent être librement diffusés et réutilisés ailleurs, y compris pour des traductions, la seule contrainte étant la mention des auteurs et de la source.

Une licence Creative Commons est utilisée pour un million d'oeuvres en 2003, 4,7 millions d'oeuvres en 2004, 20 millions d'oeuvres en 2005, 50 millions d'oeuvres en 2006, 90 millions d'oeuvres en 2007 et 130 millions d'oeuvres en 2008.

En complément, Science Commons est fondé en 2005 pour définir les stratégies et les outils nécessaires à la diffusion sur le web de la recherche scientifique, et ccLearn est fondé en 2007 dans le même but, mais pour l'enseignement.

2002: COURS DU MIT GRATUITS

[Résumé]

Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) décide de publier le contenu de ses cours en ligne, avec accès libre et gratuit, pour les mettre à la disposition de tous, enseignants, étudiants et autodidactes. L'initiative est menée avec le soutien de la Hewlett Foundation et de la Mellon Foundation. Mise en ligne en septembre 2002, la version pilote du MIT OpenCourseWare (MIT OCW) offre en accès libre le matériel d'enseignement de 32 cours représentatifs des cinq facultés du MIT. Ce matériel d'enseignement comprend les textes des conférences, les travaux pratiques, les exercices et corrigés, les bibliographies, les documents audio et vidéo, etc. Le lancement officiel du site a lieu en septembre 2003, avec accès à quelques centaines de cours. En mars 2004, les 500 cours disponibles couvrent 33 disciplines. En mai 2006, les 1.400 cours disponibles couvrent 34 disciplines. La totalité des cours dispensés par le MIT, soit 1.800 cours, est disponible en novembre 2007, avec actualisation régulière.

[En détail]

Basé comme son nom l'indique dans le Massachusetts, un Etat des Etats-Unis, le MIT (Massachusetts Institute of Technology) a toujours été à la pointe de la recherche dans de nombreux domaines. En avril 1997, par exemple, ce sont des chercheurs du Media Lab du MIT qui créent la société E Ink pour développer une technologie d'encre électronique, elle aussi appelée E Ink.

Professeur à l'Université d'Ottawa (Canada), Christian Vandendorpe salue en mai 2001 "la décision du MIT de placer tout le contenu de ses cours sur le web d'ici dix ans, en le mettant gratuitement à la disposition de tous. Entre les tendances à la privatisation du savoir et celles du partage et de l'ouverture à tous, je crois en fin de compte que c'est cette dernière qui va l'emporter." Le MIT décide en effet de publier le contenu de ses cours en ligne, avec accès libre et gratuit, une initiative menée avec le soutien financier de la Hewlett Foundation et de la Mellon Foundation.

Lancée en septembre 2002, la version pilote du MIT OpenCourseWare (MIT OCW) offre en accès libre le matériel d'enseignement de 32 cours représentatifs des cinq facultés du MIT. Ce matériel d'enseignement comprend des textes de conférences, des travaux pratiques, des exercices et corrigés, des bibliographies, des documents audio et vidéo, etc. Le lancement officiel du site a lieu un an plus tard, en septembre 2003, avec accès à quelques centaines de cours. En mars 2004, les 500 cours disponibles couvrent 33 disciplines. En mai 2006, les 1.400 cours disponibles couvrent 34 disciplines. La totalité des 1.800 cours dispensés par le MIT est en ligne en novembre 2007, avec actualisation régulière. Parallèlement, certains cours sont traduits en espagnol, en portugais et en chinois avec l'aide d'autres organismes.

Le MIT espère que cette expérience de publication électronique - la première du genre - va permettre de définir un standard et une méthode de publication, et inciter d'autres universités à créer un "opencourseware" pour la mise à disposition gratuite du contenu de leurs propres cours. Un "opencourseware" peut être défini comme la publication électronique en accès libre du matériel d'enseignement d'une université donnée. A cet effet, le MIT lance l'OpenCourseWare Consortium (OCW Consortium) en décembre 2005, avec accès libre et gratuit au matériel d'enseignement de cent universités dans le monde un an plus tard.

2004: PROJET GUTENBERG EUROPE

[Résumé]

Dans la lignée du Projet Gutenberg, grande bibliothèque numérique de livres du domaine public, le Projet Gutenberg Europe est lancé en janvier 2004 par le Projet Rastko (Belgrade, Serbie), en même temps que Distributed Proofreaders Europe (DP Europe), calqué sur le site original de Distributed Proofreaders (qui opère aux Etats-Unis). Le concept est un site web qui permet la correction partagée en fragmentant les livres en pages pouvant être relues par des correcteurs différents. La présence de plusieurs langues reflète la diversité linguistique prévalant en Europe. La norme utilisée pour définir le domaine public est l'équation "décès de l'auteur + 50 ans", selon le copyright en vigueur en Serbie. Quand il aura atteint sa vitesse de croisière, le Projet Gutenberg Europe devrait se répartir en plusieurs bibliothèques numériques nationales et/ou linguistiques, avec respect du copyright en vigueur dans le pays donné. 100 livres sont numérisés en juin 2005, et 500 livres en octobre 2008.

[En détail]

En 2004, le multilinguisme devient l'une des priorités du Projet Gutenberg, tout comme l'internationalisation. Michael Hart prend son bâton de pèlerin vers l'Europe, avec des étapes à Bruxelles, Paris et Belgrade. Le 12 février 2004, il donne une conférence au siège de l'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) à Paris. Le lendemain, toujours à Paris, il anime un débat à l'Assemblée nationale. La semaine suivante, il s'adresse au Parlement européen à Bruxelles. Puis il rend visite à l'équipe du Projet Rastko à Belgrade (Serbie), pour soutenir la création du Projet Gutenberg Europe et de Distributed Proofreaders Europe.

Quand il aura atteint sa vitesse de croisière, le Projet Gutenberg Europe devrait alimenter plusieurs bibliothèques numériques nationales et/ou linguistiques, par exemple le Projet Gutenberg France pour la France. Chaque pays ou région aurait son propre accès réseau autorisé (respectant la législation en vigueur dans le pays donné), qui serait un accès local au sein d'un réseau continental (dans le cas de la France, le réseau européen) et d'un réseau global (à l'échelle de la planète).

Basé à Belgrade, en Serbie, le Projet Rastko s'est porté volontaire pour un pari aussi fou, catalysant du même coup les bonnes volontés européennes à l'est comme à l'ouest. Fondé en 1997, le Projet Rastko est une initiative non gouvernementale à vocation culturelle et pédagogique. L'un de ses objectifs est la mise en ligne de la culture serbe. Il fait partie de la Balkans Cultural Network Initiative, un réseau culturel régional couvrant la péninsule des Balkans, située au sud-est de l'Europe.

La règle utilisée pour définir le domaine public est l'équation "décès de l'auteur + 50 ans", qui correspond à la législation en vigueur en Serbie. Le Projet Gutenberg Europe utilise l'Unicode pour pouvoir traiter des livres dans un grand nombre de langues. Créé en 1991 et largement répandu à partir de 1998, l'Unicode est un système d'encodage qui attribue un code unique à chaque caractère pour être en mesure de traiter toutes les langues, contrairement à l'ASCII qui ne peut traiter que l'anglais et quelques langues européennes. Le Projet Gutenberg atteint 100 livres en mai 2005 et 500 livres en octobre 2008.

2004: GOOGLE BOOKS

[Résumé]

En octobre 2004, Google lance la première partie de son programme Google Print, établi en partenariat avec les éditeurs pour consulter à l'écran des extraits de livres, puis commander les livres auprès d'une librairie en ligne. En décembre 2004, Google lance la deuxième partie de son programme Google Print, cette fois à destination des bibliothèques, le but étant de numériser 15 millions de livres, à commencer par ceux des bibliothèques de plusieurs universités partenaires (Harvard, Stanford, Michigan, Oxford) et de la ville de New York. La version bêta de Google Print est mise en ligne en mai 2005. En août 2005, le programme est suspendu pour cause de conflit avec les associations d'auteurs et d'éditeurs de livres sous droits. Il reprend en août 2006 sous le nom de Google Books (Google Livres). La numérisation des fonds de grandes bibliothèques se poursuit, tout comme le développement de partenariats avec des éditeurs. En octobre 2008, Google clôt le conflit avec les associations d'auteurs et d'éditeurs en signant un accord avec eux.

[En détail]

En 2004, le moteur de recherche Google met son expertise au service du livre. En octobre 2004, Google lance la première partie de son programme Google Print, établi en partenariat avec les éditeurs pour consulter à l'écran des extraits de livres, puis commander les livres auprès d'une librairie en ligne. En décembre 2004, Google lance la deuxième partie de son programme Google Print, cette fois-ci à destination des bibliothèques. Il s'agit d'un projet de bibliothèque numérique de 15 millions de livres, qui consisterait à numériser en quelques années les livres de plusieurs grandes bibliothèques partenaires. Les premières bibliothèques participantes sont celles des universités du Michigan (dans sa totalité: 7 millions d'ouvrages), de Harvard, de Stanford et d'Oxford, et la New York Public Library. Le coût estimé se situe entre 150 et 200 millions de dollars US (environ 10 dollars par livre) et la durée prévue est de dix ans. La version bêta de Google Print est mise en ligne en mai 2005. En août 2005, ce programme est suspendu pour un temps indéterminé pour cause de conflit avec les associations d'auteurs et d'éditeurs de livres sous droits. Le programme reprend en août 2006 sous le nouveau nom de Google Books (Google Livres).

Google Book Search, le moteur de recherche de Google Books, permet chercher les livres par date, titre ou éditeur. La numérisation des fonds de grandes bibliothèques se poursuit, en étant cette fois axée sur les livres libres de droit, et sur le développement de partenariats avec les éditeurs qui le souhaitent. Les livres libres de droit sont consultables à l'écran et leur texte copiable, avec possibilité d'impression page à page. Ils sont téléchargeables sous forme de fichiers PDF et imprimables dans leur entier.

A l'exception de la New York Public Library, les bibliothèques participantes sont des bibliothèques universitaires (Harvard, Stanford, Michigan, Oxford, California, Virginia, Wisconsin-Madison, Complutense de Madrid). S'y ajoutent début 2007 les bibliothèques des Universités de Princeton et du Texas (Austin), ainsi que la Biblioteca de Catalunya (Catalogne, Espagne) et la Bayerische Staatbibliothek (Bavière, Allemagne). En mai 2007, Google annonce la participation de la première bibliothèque francophone, la Bibliothèque cantonale et universitaire (BCU) de Lausanne (Suisse), rejointe ensuite par la Bibliothèque municipale de Lyon (France). Google scannerait 3.000 livres par jour, ce qui représenterait un million de livres par an.

Pour les livres sous droits, Google fournit la fiche du livre et des extraits incluant les mots-clés recherchés, en invoquant le droit de citation. De ce fait, le conflit avec les éditeurs et les auteurs se poursuit lui aussi, puisque Google continue de numériser des livres sous droits sans l'autorisation préalable des éditeurs, en invoquant là aussi le droit de citation qu'il procure en aval. L'Authors Guild et l'Association of American Publishers (AAP) invoquent pour leur part le non respect de la législation relative au copyright pour attaquer Google en justice et réitérer leurs plaintes pendant deux ans. Ce conflit prend fin en octobre 2008 avec la signature d'un accord prévue en 2009 entre Google et les parties plaignantes.

2005: OPEN CONTENT ALLIANCE

[Résumé]

Lancé en octobre 2005 à l'instigation de l'Internet Archive, l'Open Content Alliance (OCA) est un projet public et coopératif de bibliothèque numérique mondiale. Le but est de créer un vaste répertoire libre et multilingue de livres numérisés et de documents multimédia pour consultation et téléchargement sur n'importe quel moteur de recherche. L'OCA regroupe de nombreux partenaires: bibliothèques, universités, organisations gouvernementales, associations à but non lucratif, organismes culturels, sociétés informatiques (Adobe, Hewlett Packard, Microsoft, Yahoo!, Xerox, etc.). Les premiers participants sont les bibliothèques des universités de Californie et de Toronto, l'European Archive, les Archives nationales du Royaume-Uni, O'Reilly Media et Prelinger Archives. L'OCA souhaite s'inspirer de l'initiative de Google tout en évitant ses travers, à savoir la numérisation des livres sous droits sans l'accord préalable des éditeurs, tout comme la consultation et le téléchargement impossibles sur un autre moteur de recherche.

[En détail]

Lancé en octobre 2005 à l'instigation de l'Internet Archive, l'Open Content Alliance (OCA) est un projet public et coopératif de bibliothèque numérique mondiale. Le but est de créer un vaste répertoire libre et multilingue de livres numérisés et de documents multimédia pour consultation et téléchargement sur n'importe quel moteur de recherche. L'OCA regroupe de nombreux partenaires: bibliothèques, universités, organisations gouvernementales, associations à but non lucratif, organismes culturels, sociétés informatiques (Adobe, Hewlett Packard, Microsoft, Yahoo!, Xerox, etc.). Les premiers participants sont les bibliothèques des universités de Californie et de Toronto, l'European Archive, les Archives nationales du Royaume-Uni, O'Reilly Media et Prelinger Archives. L'OCA souhaite s'inspirer de l'initiative de Google tout en évitant ses travers, à savoir la numérisation des livres sous droits sans l'accord préalable des éditeurs, tout comme la consultation et le téléchargement impossibles sur un autre moteur de recherche.

L'Open Content Alliance (OCA) franchit la barre des 100.000 livres numérisés en décembre 2006, avec un rythme de 12.000 nouveaux livres par mois. Ces livres sont disponibles dans la collection Text Archive de l'Internet Archive. A la même date, l'Internet Archive reçoit une subvention d'un million de dollars de la Sloan Foundation pour numériser cinq collections historiques appartenant à des établissements réputés (Metropolitan Museum of Art, Boston Public Library, Getty Research Institute, John Hopkins University, Université de Californie à Berkeley). La barre des 200.000 livres numérisés est franchie en mai 2007. La barre du million de livres numérisés est franchie en décembre 2008.

2006: WORLDCAT GRATUIT

[Résumé]

WorldCat, grand catalogue collectif mondial, voit le jour dès 1971. A cette date, l'association OCLC (Online Computer Library Center) lance un catalogue collectif permettant un catalogage partagé entre les bibliothèques universitaires de l'Ohio, un Etat des Etats-Unis. En 2006, 73 millions de notices provenant de 10.000 bibliothèques dans 112 pays permettent de localiser un milliard de documents. Une notice type contient non seulement la description du document mais aussi des informations sur son contenu: table des matières, résumé, couverture, illustrations et courte biographie de l'auteur. Toujours en 2006, WorldCat migre progressivement sur le web, tout d'abord en rendant la consultation des notices possible par le biais de plusieurs moteurs de recherche (Yahoo!, Google et d'autres), puis avec le lancement en août 2006 de la version web (bêta) de WorldCat en accès libre. Les bibliothèques membres y proposent non seulement leur catalogue mais aussi un accès direct (gratuit ou payant) à leurs documents électroniques: livres du domaine public, articles, photos, vidéos, musique et livres audio.

[En détail]

L'ancêtre de WorldCat est créé dès 1971 par l'association OCLC (Online Computer Library Center) pour permettre un catalogage partagé entre les bibliothèques universitaires de l'Ohio, un Etat des Etats-Unis. Renommé OCLC Online Union Catalog puis WorldCat, il devient au fil des ans l'un des deux grands catalogues collectifs mondiaux, l'autre étant le RLG Union Catalog (RLG: Research Library Group). En 1998, WorldCat est disponible sur abonnement payant et comprend 38 millions de notices en 370 langues, auxquelles s'ajoutent 2 millions de nouvelles notices par an. WorldCat utilise huit formats bibliographiques (livres, périodiques, documents visuels, cartes et plans, documents mixtes, enregistrements sonores, partitions, documents informatiques). En 2005, 61 millions de notices bibliographiques produites par 9.000 bibliothèques et centres de documentation sont disponibles dans 400 langues, avec translittération des notices pour les caractères non romains des langues JACKPHY (japonais, arabe, chinois, coréen (Korean), persan, hébreu et yiddish).

En 2006, 73 millions de notices provenant de 10.000 bibliothèques dans 112 pays permettent de localiser un milliard de documents. Une notice type contient non seulement la description du document mais aussi des informations sur son contenu: table des matières, résumé, couverture, illustrations et courte biographie de l'auteur. A la même date, WorldCat migre progressivement sur le web, tout d'abord en rendant la consultation des notices possible par le biais de plusieurs moteurs de recherche (Yahoo!, Google et d'autres), puis avec le lancement en août 2006 de la version web (bêta) de WorldCat en accès libre. Les bibliothèques membres y proposent non seulement leur catalogue mais aussi un accès direct (gratuit ou payant) à leurs documents électroniques: livres du domaine public, articles, photos, vidéos, musique et livres audio.

Deux ans auparavant, le catalogue RedLightGreen fait figure de pionnier en tant que premier catalogue collectif mondial librement disponible sur le web. Lancé au printemps 2004 par le RLG (Research Libraries Group) suite à une phase pilote débutée en automne 2003, RedLightGreen est issu du RLG Union Catalog, lancé dès 1980, et qui est le deuxième grand catalogue collectif mondial après WorldCat. La mise en ligne de RedLightGreen inaugure une ère nouvelle. C'est en effet la première fois qu'un catalogue de cette importance est mis en accès libre sur le web. RedLightGreen est particulièrement destiné aux étudiants du premier cycle universitaire, préparant à la licence. Il comprend 130 millions de notices (livres, cartes, manuscrits, films, bandes sonores, etc.), avec des liens vers des informations spécifiques aux bibliothèques d'un campus donné (cote, version en ligne si celle-ci existe, etc.). RedLightGreen cesse après trois ans d'activité, en novembre 2006, et les usagers sont invités à utiliser WorldCat, dont la version web (bêta) est en accès libre depuis août 2006. A la même date, le RLG est intégré à OCLC.

2007: CITIZENDIUM

[Résumé]

Citizendium (qui se veut l'abrégé de "The Citizens' Compendium") est une grande encyclopédie collaborative en ligne conçue en novembre 2006 et lancée en mars 2007 (en version bêta) par Larry Sanger, co-fondateur de Wikipedia en janvier 2001, mais qui quitte ensuite l'équipe de Wikipedia suite à des problèmes de qualité de contenu. Citizendium est basé sur le même modèle que Wikipedia (collaborative et gratuite) tout en évitant ses travers (vandalisme et manque de rigueur). Les auteurs signent les articles de leur vrai nom et les articles sont édités par des experts ("editors") titulaires d'une licence universitaire et âgés d'au moins 25 ans. De plus, des "constables" sont chargés de la bonne marche du projet et du respect du règlement. Le jour de son lancement officiel le 25 mars 2007, Citizendium comprend 1.100 articles, 820 auteurs et 180 éditeurs. 9.800 articles sont disponibles en décembre 2008.

2007: ENCYCLOPEDIA OF LIFE

[Résumé]

Projet débuté en mai 2007, l'Encyclopedia of Life sera une vaste encyclopédie collaborative en ligne rassemblant les connaissances existantes sur toutes les espèces animales et végétales connues (1,8 million), y compris les espèces en voie d'extinction, avec l'ajout de nouvelles espèces au fur et à mesure de leur identification (il en existerait de 8 à 10 millions). Il s'agira d'une encyclopédie multimédia permettant de ressembler textes, photos, cartes, bandes sonores et vidéos, avec une page web par espèce, et permettant aussi d'offrir un portail unique à des millions de documents épars en ligne et hors ligne. Outil d'apprentissage et d'enseignement pour une meilleure connaissance de notre planète, elle sera à destination de tous: scientifiques, enseignants, étudiants, scolaires, médias, décideurs et grand public. Ce projet collaboratif est mené par plusieurs grandes institutions (Field Museum of Natural History, Harvard University, Marine Biological Laboratory, Missouri Botanical Garden, Smithsonian Institution, Biodiversity Heritage Library).

[En détail]

Projet débuté en mai 2007, l'Encyclopedia of Life sera une vaste encyclopédie collaborative en ligne rassemblant les connaissances existantes sur toutes les espèces animales et végétales connues (1,8 million), y compris les espèces en voie d'extinction, avec l'ajout de nouvelles espèces au fur et à mesure de leur identification (il en existerait de 8 à 10 millions). Il s'agira d'une encyclopédie multimédia permettant de ressembler textes, photos, cartes, bandes sonores et vidéos, avec une page web par espèce, et permettant aussi d'offrir un portail unique à des millions de documents épars en ligne et hors ligne. Outil d'apprentissage et d'enseignement pour une meilleure connaissance de notre planète, elle sera à destination de tous: scientifiques, enseignants, étudiants, scolaires, médias, décideurs et grand public. Ce projet collaboratif est mené par plusieurs grandes institutions (Field Museum of Natural History, Harvard University, Marine Biological Laboratory, Missouri Botanical Garden, Smithsonian Institution, Biodiversity Heritage Library).

A la date de son lancement, ce projet est estimé à 100 millions de dollars US, sur une durée de dix ans, avant de pouvoir s'autofinancer. Le financement initial est assuré par la MacArthur Foundation (10 millions de dollars) et la Sloan Foundation (2,5 millions de dollars). La réalisation des pages web débute courant 2007. L'encyclopédie devrait faire ses débuts à la mi-2008, être opérationnelle dans trois à cinq ans et être complète (c'est-à-dire à jour) dans dix ans. En tant que consortium des dix plus grandes bibliothèques des sciences de la vie (d'autres suivront), la Biodiversity Heritage Library a d'ores et déjà débuté la numérisation des 2 millions de publications des bibliothèques partenaires. En mai 2007, on compte 1,25 million de pages traitées dans les centres de numérisation de Londres, Boston et Washington DC, et disponibles sur le site de l'Internet Archive.

Copyright © 2008 Marie Lebert

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