WeRead Powered by ReaderPub
Les voix intimes: Premières Poésies cover

Les voix intimes: Premières Poésies

Chapter 121: TABLE
Open in WeRead

Explore more books like this:

About This Book

A collection of early French poems blending pastoral description, religious devotion, and patriotic reflection. The verses celebrate seasonal renewal, rural labor, conjugal happiness, and attachment to homeland while recalling founding figures and civic origins. Stylistically the pieces range from polished lyricism to plainer lines, but recurrent motifs—nature's cycles, piety, honest toil, and communal memory—produce a cohesive, intimate voice that balances personal feeling with public sentiment.

Le ciel, à travers la tempête,

Guida nos pas vers le succès.

O patrie, en ce jour nous célébrons ta fête!

O saint Jean, protégez (bis) le Canada français!


24 juin 1880.



CHANT DE L'OUVRIER

Musique de M. R. Lyonnais.

1er COUPLET

Quel est ce Canadien

Qui passe dans la vie

En prêchant l'harmonie

Et pratiquant le bien?

C'est l'ouvrier,

C'est l'ouvrier!

REFRAIN:

Reposons-nous, joyeux confrères,

De nos labeurs, de nos efforts.

Amusons-nous comme nos pères,

Soyons unis pour être forts!

En vrais lurons,

Sur tous les tons,

Chantons, chantons!

2ème COUPLET

Qui donc, à dix-huit ans,

Sans crainte entre en ménage,

N'ayant pour tout partage

Que ses deux bras vaillants?

C'est l'ouvrier,

C'est l'ouvrier!

REFRAIN:

Reposons-nous, joyeux confrères,

De nos labeurs, de nos efforts.

Amusons-nous comme nos pères,

Soyons unis pour être forts!

En vrais lurons,

Sur tous les tons,

Chantons, chantons!

3ème COUPLET

Au temple du Seigneur,

Quel est celui qui prie

Pour sa chère patrie

Avec plus de ferveur?

C'est l'ouvrier,

C'est l'ouvrier!

REFRAIN:

Reposons-nous, joyeux confrères,

De nos labeurs, de nos efforts.

Amusons-nous comme nos pères,

Soyons unis pour être forts!

En vrais lurons,

Sur tous les tons,

Chantons, chantons!

4ème COUPLET

Qui marche au premier rang,

La tête haute et fière,

Et porte la bannière

Le jour de la Saint-Jean?

C'est l'ouvrier,

C'est l'ouvrier!

REFRAIN:

Reposons-nous, joyeux confrères,

De nos labeurs, de nos efforts.

Amusons-nous comme nos pères,

Soyons unis pour être forts!

En vrais lurons,

Sur tous les tons,

Chantons, chantons!

5ème COUPLET

Qui supporte toujours

Avec joie et courage

L'humble et pénible ouvrage

Et le fardeau des jours?

C'est l'ouvrier,

C'est l'ouvrier!

REFRAIN:

Reposons-nous, joyeux confrères,

De nos labeurs, de nos efforts.

Amusons-nous comme nos pères,

Soyons unis pour être forts!

En vrais lurons,

Sur tous les tons,

Chantons, chantons!

6ème COUPLET

Qui a fait le Canada

Si riche et si prospère?

Ce n'est point l'Angleterre

A qui l'on nous céda--

C'est l'ouvrier,

C'est l'ouvrier!

REFRAIN:

Reposons-nous, joyeux confrères,

De nos labeurs, de nos efforts.

Amusons-nous comme nos pères,

Soyons unis pour être forts!

En vrais lurons,

Sur tous les tons,

Chantons, chantons!

7ème COUPLET

Où donc est la vigueur,

L'espoir et l'allégresse,

L'amour et la tendresse

Et surtout le bonheur?

C'est l'ouvrier,

C'est l'ouvrier!

REFRAIN:

Reposons-nous, joyeux confrères,

De nos labeurs, de nos efforts.

Amusons-nous comme nos pères,

Soyons unis pour être forts!

En vrais lurons,

Sur tous les tons,

Chantons, chantons!


Septembre 1891.



CHANSON DES NOCES D'OR

DÉDIÉE AU VIEUX PATRIOTE, M. J. SAUVIAT.


1er COUPLET

Nous accourons ici, bien-aimés père et mère,

Avec nos fiers enfants pour fêter ce beau jour

Où le ciel, exauçant notre ardente prière,

Bénit vos cinquante ans de bonheur et d'amour.

REFRAIN:

Nos coeurs reconnaissants

Débordent d'allégresse,

De voeux et de tendresse

Pour vous, noble parents! (Bis)

2ème COUPLET

Vous auriez pu peut-être acquérir la richesse

Et même les honneurs que rêve l'orgueilleux,

Mais vous avez compris, dans votre humble sagesse,

Que l'honnête labeur rend l'homme plus heureux.

REFRAIN:

Ah! vive le labeur!

Car l'ouvrier modèle

Est la brebis fidèle

Du céleste Pasteur! (Bis)

3ème COUPLET

Que dire en terminant cette pâle romance

Écrite en votre honneur, vénérables parents!

Puisse, dans sa bonté, la sainte Providence

Vous accorder des jours nombreux et consolants!

REFRAIN:

Votre lune de miel

Qui désormais scintille

Aux yeux de la famille,

Reluira dans le ciel! (Bis)



LA CAPRICIEUSE


Musique de M. Édouard Vincelette.

I

Quand je vous vois, petite,

Sur moi fixer les yeux,

Alors mon coeur palpite,

Et je me sens heureux.

Mais si j'ose, méchante,

Vous dire un mot d'amour

Vous prenez l'épouvante (bis)

En me criant: bon jour! (bis)

II

Quand je cause et ricane

Avec un beau minois,

Vous m'engendrez chicane

Et m'appelez: sournois!

Mais si j'entre en colère,

Un instant, contre vous,

Votre bouche profère (bis)

Aussitôt des mots doux! (bis)

III

Quand je pleure et soupire,

Vous riez aux éclats;

Et quand je ris, c'est pire:

Vous pleurez comme un glas!

Quand je dis: «Je désire

Vous entendre chanter,»

Vous vous mettez à lire (bis)

Ou bien à méditer! (bis).

IV

Je subis ces caprices

Depuis longtemps, hélas!

Mais de vos artifices

Aujourd'hui je suis las.

Moi, je veux une amante

Au coeur noble et pieux:

Vous êtes trop changeante (bis)

Pour rendre un homme heureux! (bis).


20 août 1886.



LA CHANSON DU PETIT PORTEUR


Air:«Dis-moi soldat, t'en souviens-tu?»

I

Vous qui coulez une douce existence

Dans cette ville où tant de malheureux

Mangent le pain amer de l'indigence,

En ce beau jour, ah! soyez généreux!

Entendez-vous frapper à votre porte?

Allez ouvrir à l'enfant matinal

Qui, plein d'espoir, fidèlement vous porte,

Avec ses voeux, la chanson du journal.

II

Il n'est pas grand, néanmoins il est homme

Par le courage et surtout par l'honneur.

En le voyant, l'abonné le surnomme

Le messager de joie et de bonheur.

Mais il est pauvre, et s'en fait une gloire,

Voulant sans doute imiter le Sauveur!

En quelques mots il conte son histoire

Dont le récit émeut tout noble coeur!

III

Regardez-le: son petit corps frissonne

Sous les baisers de la neige et du vent;

Hélas! il n'a, pour l'hiver et l'automne,

Qu'un mince habit raccommodé souvent!

Malgré le froid, il marche sans relâche

Pour obéir à la voix du devoir;

Et rien ne peut le ravir à sa tâche

Tant qu'il lui reste un souscripteur à voir!

IV

Ah! n'est-il pas (douloureuse pensée)

Le seul appui d'un infirme vieillard,

Qui, sous le toit de sa hutte glacée,

Souffre en levant vers le ciel son regard?...

Et ce vieillard--sublime prolétaire--

Jadis peut-être a vaillamment lutté

Contre les fils de la fière Angleterre

Pour notre langue et notre liberté...

V

O Canadiens, en ce jour d'allégresse,

Prêtez l'oreille aux soupirs du porteur!

De ses parents soulagez la détresse,

Il vous supplie au nom du Créateur!

Donnez-lui donc cette part du bien-être

Qui sert parfois à votre vanité;

Et dans vos coeurs alors Dieu fera naître

Les purs rayons de sa félicité.


1er de l'an 1887.



ROSE, ÉCOUTE-MOI


Musique de M. N. Crépault

I

Pourquoi, ma mignonne,

Ne souris-tu pas

Quand ma main couronne

Ton front de lilas?

Tu fais la pleureuse,

C'est folie à toi;

Sois jonc plus joyeuse (bis)

Rose, écoute-moi! (bis)

II

Lorsque la nature

Se pare de fleurs,

Toute créature

Doit cacher ses pleurs.

Ah! ta bouche chante,

C'est gentil à toi!

Ne sois plus méchante: (bis)

Rose, écoute-moi! (bis).

III

Depuis deux mois, Rose,

Mon coeur est en feu;

Je t'adore et j'ose

T'en faire l'aveu

Quoi! cela t'offense?

Tu ris de ma foi?

C'est trop d'insolence: (bis)

Rose, écoute-moi! (bis).

IV

Un jour, ma coquette,

Tu désireras

L'amoureux poète

Et ses doux lilas;

Mais d'une autre reine

Il sera le roi,

Et dira sans peine: (bis)

Rose, éloigne-toi! (bis).


12 février 1882.



RAYONS ET OMBRES

Musique de M. N. Crépault

I

J'avais cru que la vie,

Dans ma simple candeur,

N'était qu'une série

De jours pleins de bonheur;


Que les mortels, sur cette terre,

Buvaient le miel de l'amitié,

Et que le riche au prolétaire

Prodiguait l'or et la pitié.

REFRAIN:

Hélas! hélas! ces rêves roses,

Sous la faux du destin,

Comme les belles roses,

Tombèrent un matin!...

II

Depuis ce jour, mon âme pleure

Et ne croit plus à la gaîté.

Et le dirais-je? à certaine heure,

Je doute de la vérité!

REFRAIN:

Sans cesse en proie à la souffrance,

Rien ne me semble beau.

Et la désespérance

Me conduit au tombeau!

III

Oh! qu'ai-je dit? mon Dieu, pardonne

A ma faiblesse, et ma douleur!

En me plaignant, je déraisonne,

Car n'es-tu pas mon protecteur?

REFRAIN:

Du ciel écoute ma prière

Qui s'élève vers toi;

Sois toujours ma lumière,

Mon esprit et ma foi!


1er avril 1880.



LES CANADIENS


Musique de M. Joseph Vézina.

I

Les Canadiens ont pour les fêtes

Un goût qu'ils tiennent des aïeux;

Les charmes des plaisirs honnêtes

Séduisent leurs coeurs généreux.

Ils ont bravé tous les orages

Sans jamais perdre leur fierté,

Et cultivé sur nos rivages

La fleur de l'hospitalité.

II

Ils fêtent Dieu, reine, patrie,

Par les concert mélodieux,

Pratiquent la galanterie

Envers le sexe gracieux.

Ils chôment les anniversaires

Des jours où leurs braves soldats,

A de terrible adversaires,

Livraient de glorieux combats!

III

La chicanière politique

Les divise presque au berceau,

Mais le souffle patriotique

Les rassemble sous le drapeau.

Contre l'outrage ou l'injustice,

Ensemble ils s'élèvent la voix

Et s'imposent tout sacrifice

Pour le triomphe de leurs droits.

IV

Ils sont les vrais fils de la France

Par le caractère et le coeur,

Car ou milieu de la souffrance

Ils conservent leur belle humeur!

Oui, toujours gais comme leurs pères,

Mais plus heureux en vérité,

Ils vivent désormais, prospères,

Dans la paix et la liberté!


Septembre 1891.



UNE GERBE D'ACROSTICHES



A M. VICTOR BILLAUD

Secrétaire de l'Académie des Muses Santones, à Royan, France.


Asile du poète, ô belle Académie,

Congrès où siège seul le talent reconnu,

Ah! tu daignes offrir, trop généreuse amie,

Dans ton temple un fauteuil à moi, barde inconnu!

Eh! que pourrais-je faire au milieu de confrères

Mûris par la science et le rude labeur,

Imberbe que je suis?--J'oubliais: leurs lumières

Eclaireront la voie de mon esprit rêveur.


Du reste, pour avoir un titre à leur estime

Et le droit précieux de suivre leurs leçons,

Souvent je leur dirai dans le langage intime:

Ma lyre pour la France aura toujours des sons!

Unissant mes accords à ceux de nos poètes,

Sulte, Gingras, Gauvreau, Fréchette et Beauchemin,

En choeur nous chanterons ses brillantes conquêtes,

Sa grandeur, sa richesse et son heureux destin!


Sait-elle assez comment nous l'aimons, cette France?

Ah! nous le lui dirons avec un fier accent.

Nous avons partagé sa gloire et sa souffrance,

Terrassé ses rivaux, lutté vingt contre cent...

Oui, j'accepte, Monsieur, vos offres gracieuses!

Nos muses désormais franchiront l'océan;

Et voyageant ensemble elles diront, joyeuses:

Succès, gloire à Québec! Succès, gloire à Royan!


10 avril 1886.



LA CANADIENNE

N'oubliez pas l'héroïque gardienne

De nos berceaux et de notre foyer:

Chantons en choeur la femme canadienne;

Et couronnons sa tête de laurier!

PHILÉAS HUOT.


Le touriste qui foule un instant nos rivages

Autrefois habités par des hordes sauvages,

Craint-il de rencontrer au bord du Saint-Laurent,

Armé d'un long poignard, quelque barbare errant?

Non, car il nous connaît, admire nos victoires,

Aime à venir rêver sur nos fiers promontoires

D'où son regard embrasse un féerique tableau,

Image suspendue entre le ciel et l'eau!

Et lorsqu'il aperçoit la femme canadienne--

Noble coeur, que le ciel nous donna pour gardienne--

Nul autre objet ne peut désormais le ravir,

Et son plus grand bonheur serait de la servir!

Eh bien, nous qui vivons sous l'attrait de ses charmes,

Nous, que sa douce voix console en nos alarmes,

Gravissons le Parnasse où fleurissent les vers,

Et pour elle cueillons mille bouquets divers.

Ne disons pas de mal contre les autres femme,

Elle nous cribleraient de fines épigrammes!

Rimer en leur honneur, tel n'est pas mon désir,

A leurs bardes je laisse aisément ce plaisir...

La femme canadienne: oh! quel nom poétique!

Et comme il fait vibrer l'âme patriotique!

Sulte, Poisson, Fréchette et Legendre ont chanté

Tour à tour sur leur luth ce nom si respecté!


Blonde ou brune, ses yeux brillant d'intelligence

Eclairent sa figure aux traits pleins d'indulgence;

L'incarnat de sa bouche aux roses fait affront

L'éclat de ses cheveux pare son joli front;

En un mot, d'une reine elle a l'air, l'élégance!

Incapable de vivre au sein de l'ignorance--

N'ayant pour cet état que glace et que froideur--

Son esprit au travail se livre avec ardeur,

Tourmente la science, et, durant des années,

Recueille des moissons de choses raisonnées.

Un matin, franchissant la porte du couvent,

Instruite et graduée, elle dit: en avant!

Travaillant derechef sous le toit domestique,

Elle acquiert un art agréable et pratique.


Modestie, ô sublime et trop rare vertu!

Où donc te retrouver? dis-nous, où loges-tu?

Dix mille voix pourraient me répondre, attendries:

Elle est dans tous les coeurs de vos femmes chéries.

Silence, il ne faut pas blesser l'humilité;

Taisons sur ce sujet, même la vérité,

Et que sa modestie envahisse notre âme!


Douce autant que modeste, elle souffre le blâme

Ou parfois le relève avec habileté--

Unissant la finesse à la franche gaîté--

Chasse de nos foyers la folle zizanie

Et fait régner partout la joie et l'harmonie.


C'est pour elle un bonheur d'assister l'indigent,

Hélas! abandonné par le riche souvent.

Au chevet du malade, elle accourt la première,

Ramène l'espérance au seuil de la chaumière,

Inculque dans l'esprit des jeunes et des vieux

Tout principe qui doit rendre l'homme pieux.

Aux kermesse du pauvre, elle dresse la table,

Badine en déployant un courage indomptable;

Le riche avec plaisir lui donne à pleine main;

Et grâce à son bon coeur, le pauvre aura du pain!

Honneur lui soit rendu! car aux jours de souffrance,

Escortant le superbe étendard de la France,

Riante, elle volait toujours au premier rang.

Offrant à son pays son courage et son sang...

Ils ne sont plus ces jours où l'humble Canadienne

Quelquefois ripostait à la balle indienne.

Un autre saint devoir occupe son esprit:

Enseigner à ses fils la loi de Jésus-Christ!


Sa voix--sa douce voix à nulle autre pareille--

Inspire le respect et charme notre oreille;

L'orateur, le poète et le vieil érudit

Ecoutent cette voix que ma muse applaudit...

Pour savoir la raison du respect qu'elles inspire,

Allons consulter ceux qui sont sous son empire,

Et tous nous répondront avec de fiers accents:

Nous savons que son coeur est pur comme l'encens!

Qui de nous oserait contester à cet être

Une telle vertu, la plus grande peut-être?

Il serait, celui-là (j'en appelle au lecteur)

Honni de tous les siens comme un vil imposteur!

Oui, la Canadienne est l'honneur de notre race;

Nous sommes très heureux de marcher sur sa trace.

Or, le vingt-quatre juin, dans le temple avec nous,

Recueillie en son âme, elle prie à genoux.

Après avoir longtemps, pour sa chère patrie,

Imploré les faveurs de la Vierge-Marie,

Triomphante, elle vient voir ses fils, orgueilleux,

Déroulant des combats les drapeaux glorieux!

Elle les suit des yeux, à l'ombre de l'érable.

Sourit à leur bonheur qui semble inénarrable.

Ils sont heureux vraiment ces rejetons gaulois,

Défenseurs, au besoin, du pays de ses lois!

Oh! Dieu, qu'elle est contente et qu'elle est empressée!

L'amour de la patrie enflamme sa pensée!

Elle voudrait pouvoir--bénissant le Seigneur--

S'élancer dans les rangs, marcher avec honneur!

Ah! mais la convenance (arbitre tyrannique

Voulant que l'homme seul, sur ce sol britannique,

Ait droit de s'affirmer à la face des cieux),

Interdit à la femme un rôle aussi pieux.

Tandis que nous faisons ce doux pèlerinage,

Cher au pauvre artisan comme au grand personnage,

Optant pour sa demeure, elle y vole... et bientôt

N'a plus pour la patrie une pensée, un mot!

Non! car elle contemple une enfant caressante:

Une enfant pour son coeur vaut la patrie absente...

L'on exalte partout son hospitalité,

Autant que ses vertus et sa noble beauté;

Car son logis (parfois une humble maisonnette

Abritant une blonde ou gentille brunette),

Ne saurait contenir ceux qui veulent, le soir

Avides de bonheur, à son foyer s'asseoir.

Déesse par la grâce et par la courtoisie--

Ignorant du flatteur la tendre hypocrisie--

Elle sait plaire à tous; même les inconnus

Ne l'approchent jamais sans être bien venus.

Nos ancêtres, comme elle, abhorraient l'étiquette

Et savaient s'amuser à la bonne franquette.

Ils modulaient gaîment et redisaient en choeur

Les modestes refrains qui font battre tout coeur:


Vive la Canadienne,

Vole, mon coeur, vole! etc.


La femme canadienne à pour titre de gloire

Une fécondité que vantera l'histoire:

Immense privilège offert par l'Éternel

A celle qui comprend le devoir maternel.


Utile à son pays, cette mère admirable

Remplit au Canada son rôle incomparable

Avec un héroïsme inflexible, enchanteur,

Inspiré par l'amour divin du Créateur.

Tendre pour ses enfants, mais tendre sans faiblesse--

Désirant éloigner le vice qui les blesse--

Rébecca d'un autre âge, elle veille sur eux,

Et fait naître en leur coeur des germes vigoureux...

Ses enfants ont prouvé déjà qu'ils sont des hommes;

Soldats, prêtres, tribuns, artisans, agronomes,

En mille endroits ils ont--je le dis fièrement--

Défendu notre honneur en luttant vaillamment.

Et de nos jours encore, ils combattent ensemble

Sur un autre théâtre où la foi les rassemble.

Adorant l'Éternel, ils défendent ses droits,

Unissent leurs talents dans des combats adroits.

Touché de leur amour, Dieu les immortalise

En voulant que l'un d'eux soit prince de l'Église...[8]

Louons la Canadienne! exaltons sa beauté.

Sa gloire, ses vertus et son urbanité!


Juin 1889.

[Note 8: Son Éminence le cardinal E.-A. Taschereau.]


A MES POÉSIES


C'en est fait maintenant, pareil aux hirondelles,

Partez; qu'un même but vous retrouve fidèles.

Et moi, pourvu qu'en vos combats

De votre foi nul coeur ne doute,

Et qu'une âme en secret écoute

Ce que vous lui direz tout bas...

***


Ah! mes pauvres oiseaux que j'élevais en cage,

Mésanges dont les chants dissipaient ma douleur!

En essaim vous volez vers un riant bocage

Sans savoir que l'aspic se cache sous la fleur...


Pourquoi donc avez-vous ainsi quitté ma chambre

Où le mil et l'amour vous étaient prodigués?

Et votre nid moelleux toujours chaud quand décembre

Saccage la ramure où trônaient vos aînés?

Ivres de liberté, de gloire d'aventure:

Eh! oui, voilà l'appât qui fascine et capture

Si souvent les oiseaux... et même les humains!


1er Avril 1892.



TABLE

POÉSIES DIVERSES


Sujet: Les Voix intimes.

Préface.

Le bonheur.

Renouveau.

Samuel de Champlain.

Envoi.

La presse canadienne.

La nuit de Noël.

L'hirondelle.

A mon père.

Bouquet de violettes

La St.-Jean-Baptiste.

Le faubourg St-Roch.

Octave Crémazie.

La cité de Champlain.

Un orphelin.

Le mauvais artisan.

Qu'est-ce que la vie?

Adieu à la Nouvelle-Écosse.

Louis Fréchette.

Le mois des morts.

Sachons lutter.

La misère

Aux politiciens.

A mon ami M. W. Chapman.

Elle est morte!

Beauport.

Le jour de l'An.

Élégie.

Au peuple canadien.

L'automne.

Aux célibataires.

Sur l'album de Mlle D. M.

A Madame B., cantatrice.

Sur l'album de Mlle R. D.

Sur l'album de Mlle J. M. F.

Sur l'album de Mme Dr. M. F.

Sur l'album de Mlle A. H. T.

Un héros de 1870.


SONNETS


Montréal.

Québec.

Rose fanée.

A M. E. Aubé, journaliste.

A l'amiral Thomasset.

A M.-C. Beaulieu.

Le lac Beauport.

A M. C.

Réponse.

Le printemps.

A l'auteur.

Réponse.

A l'amiral Cavelier de Cuverville.

Un nom glorieux.


HYMNES, ROMANCES, ET CHANSONNETTES


La crèche de Noël.

La Canadienne.

Aux raquetteurs de Sherbrooke.

Chant d'adieu.

Blanche, te souvient-il?

Chant du club de raquette «Le Frontenac».

Hymne à St-François-d'Assise.

France et Canada.

Chant de l'Ouvrier.

Chanson des noces d'or.

La Capricieuse

La chanson du petit porteur.

Rose, écoute-moi.

Rayons et ombres.

Les Canadiens.


UNE GERBE D'ACROSTICHES


A M. V. Billaud, de l'Académie des Muses Santones.

La femme canadienne.

A mes poésies.




____________________


TYPOGRAPHIE DE L.-J. DEMERS ET FRÈRE
30--Rue de la Fabrique, Québec--30
____________________