LXIV
Saint-Pétersbourg, 19 février/3 mars 1871.
Ma chère madame Viardot,
Je vais vous raconter ce que j'ai fait ces deux jours. Hier, j'ai dîné chez M. P..., une espèce de fin merle pétersbourgeois, qui, ayant épousé la fille naturelle de Stieglitz, le banquier, est devenu énormément riche, habite un palais, donne des dîners raffinés, etc. J'y ai trouvé Frédro radieux et pimpant et la jolie poseuse Mme Z... qui n'est plus aussi jolie qu'elle l'était naguère, mais qui pose toujours. Frédro a naturellement beaucoup parlé de vous, de Weimar, de Wagner; quant à moi, j'ai pu me convaincre que mon Roi Lear des steppes[136] avait eu beaucoup de succès dans le public.
Je suis rentré à la maison et j'ai écrit un article sur ce petit sculpteur de génie Antokolsky. Il faut battre la caisse pour lui et faire en sorte que la commande que la cour lui a faite soit enfin exécutée, et qu'il ait un peu d'argent pour s'en aller en Italie. Ce matin, l'article a paru.
Aujourd'hui étant le jour anniversaire de l'émancipation des paysans, j'ai reçu une invitation au dîner annuel par le comité ayant pris part aux travaux qui ont fait aboutir cette grande réforme. J'ai été le seul invité en dehors des membres du comité, ce qui est un très grand honneur pour moi et le seul de ce genre qui puisse me toucher. Ces messieurs ne se sont pas contentés de cela; ils ont bu à ma santé! J'aurais peut-être dû m'y attendre et préparer un speech, mais n'ayant pas eu cette pensée, j'ai balbutié, avec mon éloquence ordinaire, quelques paroles inintelligibles... Enfin ils ont pu voir que j'étais ému, car je l'étais en effet, et voilà[137].
Beaucoup de personnes viennent me voir; il est évident que si certaines personnes me tiennent pour mort et s'étonnent que je ne me fasse pas enterrer, d'autres ont conservé de l'amitié pour moi, sempre bene!
Ici on est très content que la paix ait été faite; on plaint beaucoup la France, et on s'attend à ce qu'elle montre de l'élasticité et de l'énergie dans sa régénération; on accepte parfaitement la République (je ne parle naturellement que de ceux qui l'aiment).
Mon intendant m'annonce l'assemblée générale des aspirants à prendre mon bien en fermage, pour le 5 mars de notre style; involontairement cela me fait l'effet d'une volée de corbeaux, qui, le bec grand ouvert, attendent leur proie. Je tâcherai de laisser le moins de viande possible, comme dirait Müller.
A demain. Je suis pas mal fatigué, je me porte bien, mais je dors mal dans ce diable de Pétersbourg, dans ces chambres où il fait si chaud. Mille et mille amitiés à tous. Je vous baise les mains avec la tendresse la plus tendre.
Der Ihrige,
IV. TOURGUENEFF.
LXV
Saint-Pétersbourg,
lundi 22 février/6 mars 1871.
Chère madame Viardot,
Avant toute chose, laissez-moi vous dire combien j'ai été heureux de recevoir votre lettre du 25, avec tous les détails sur les deux concerts du 23 et du 24! Vous avez pris une glorieuse revanche, et combien je regrette de n'y pas avoir assisté! Maintenant la mauvaise époque est passée, la voix est en ordre et tout marchera bien. Je suis très heureux et je vous félicite de tout mon cœur.
Passons maintenant à mes faits et gestes depuis vendredi soir.
Ce jour-là, après vous avoir écrit ma lettre, je suis allé à un raout chez une comtesse P...; beaucoup de personnes connues, quelques jolies figures, des conversations peu intéressantes. Samedi matin, visites et courses. A 4 heures, je reçois l'invitation d'aller chez la grande-duchesse Hélène; elle me fait attendre jusqu'à 5 heures un quart; conversation politique. Elle a beaucoup vieilli. Puis dîner littéraire chez mon éditeur. Il me comble de civilités; puis je vais à une réunion du comité pédagogique, où une jeune demoiselle de dix-neuf ans (fille d'un professeur de mes amis, M. K...) défend une thèse d'histoire avec une science, un aplomb et une éloquence rares, devant deux cents personnes. Voilà certes du nouveau, et pas l'ombre de pédantisme, une naïveté d'enfant, une si grande absence de préoccupation personnelle, que cela ôte toute timidité. C'est phénoménal! On l'a applaudie à tout rompre. Il y a eu beaucoup de demoiselles dans l'auditoire, des institutrices.
Hier matin, séance pour mon portrait, mais pas chez M. Gay, chez un autre peintre, du nom de Makovsky[138], qui ne m'en a demandé qu'une, et qui a fait quelque chose de fort remarquable comme peinture. Je suis arrivé à l'âge de cinquante-deux ans sans qu'on ait fait mon portrait à l'huile, et voilà qu'on en fait deux à la fois. Puis concert de Rubinstein à l'assemblée de la noblesse; un monde fou; il joue comme toujours; immenses applaudissements. Auer y a joué aussi, mais j'avoue que j'ai surtout admiré ses yeux et toute sa physionomie. Le morceau pour orchestre intitulé Don Quichotte est assez bien; seulement l'élément comique, le Sancho Pança, manque complètement. Il a introduit des fragments d'airs espagnols, en les choisissant assez vulgaires. Je crois me rappeler qu'il vous les avait demandés ainsi. Puis, dîner tranquille et patriarcal chez Annenkoff, réception de votre bonne et chère lettre... On joue aux cartes le soir, je rentre d'assez bonne heure, et voilà!
Je commence à me lasser de Pétersbourg. J'ai dû y rester pour prendre un peu l'air du pays; maintenant il faut partir et pousser, talonner les affaires, pour revenir au plus vite! Mon intendant doit m'envoyer de l'argent. Borisoff[139] m'attend à Moscou, et nous partirons probablement ensemble pour la campagne.
J'ai dû promettre de faire une lecture publique, très courte, samedi prochain (pour un but de bienfaisance). Lundi, dans une semaine, je file.
Nous sommes en plein dégel. La neige a disparu, ou plutôt elle est devenue noire, et nous pataugeons dans une horrible boue. C'est très laid au soleil.
A demain chère amie...
Der Ihrige,
IV. TOURGUENEFF.
LXVI
Saint-Pétersbourg, hôtel Demouth,
8 mars/21 février 1871.
Chère madame Viardot,
Il y a de cela une heure, au moment de sortir de chez Annenkoff, le postillon est venu à ma rencontre, avec deux lettres, l'une de vous, l'autre des petites. Vous dire le plaisir que cela m'a fait est superflu!
Vous avez chanté hier à Liverpool et vous chanterez demain à Manchester... Je vous accompagne de toute l'intensité de ma pensée, mais je n'ai plus peur pour vous; je suis persuadé que maintenant cela ira comme sur des roulettes.
Je vais vous raconter ma vie pendant hier et aujourd'hui. Règle générale, ma journée commence de très bonne heure par un envahissement de vieux amis, vieilles connaissances, ou bien de personnes qui veulent m'exploiter d'une façon ou d'une autre, ou qui ont affaire à moi. Ce matin il est venu entre autres une vieille mendiante polonaise, qui m'a soutiré cinq roubles. Non, jamais, depuis que le monde est monde, il n'y a eu de figure plus typique dans son genre, et si j'étais peintre je lui donnerais volontiers vingt-cinq roubles pour la faire poser! Ensuite viennent les excursions, qui, par la boue horrible dont toutes les rues sont remplies, et vu que cette fois-ci je ne me permets pas le luxe d'une voiture, présentent des difficultés de locomotion considérables; puis arrive le moment du dîner.
Hier j'ai dîné chez la vieille comtesse Protassoff, une dame très affable et «bon enfant», où j'ai trouvé cinq ou six personnes assez agréables; tout le monde est enragé contre les Allemands, mais à quoi cela a-t-il servi? Le soir je suis allé chez un M. J..., le frère de celui que vous avez vu à Bade et qui est si ennuyeux; celui-ci est encore plus beau—il a volcan de cheveux gris sur la tête—et encore plus ennuyeux! J'y ai trouvé plusieurs adeptes de la nouvelle école musicale russe (pas Cui, malheureusement), mais le grand Balakireff qu'ils reconnaissent pour leur chef; le grand Balakireff a assez mal joué quelques fragments d'une fantaisie à orchestre de Rymsky-Korsakoff (vous vous rappelez, on vous a envoyé quelques jolies romances de lui); cette fantaisie sur un sujet de légende russe, assez bizarre, m'a semblé en effet en avoir, de la fantaisie. Puis le grand Balakireff a assez mal joué des réminiscences de Liszt et de Berlioz, qui, lui surtout, est pour ces messieurs l'Absolu et l'Idéal. Je crois, après tout, que c'est un homme intelligent. Kein talent, doch ein character.
Ce, matin j'ai été plus envahi que jamais, puis j'ai eu ma dernière séance chez M. Gay. J'en dois une encore à M. Makovsky. Le portrait de M. Gay est d'une ressemblance frappante à ce que disent tous les amis et à ce que je crois moi-même. Puis j'ai fait des visites littéraires, c'est-à-dire ennuyeuses, mais il le fa-a-allait, comme dit Bilboquet. Puis j'ai dîné tout seul, pour la première fois depuis mon arrivée ici, dans un petit restaurant sous terre, au-dessous du sol je veux dire, et je suis allé chez papa Annenkoff. Hier, oui, j'ai oublié! j'ai fait une assez longue visite à l'Hermitage[140] où j'ai admiré de nouveau les chefs-d'œuvre dont cette galerie est pleine: les Potter, les Rembrandt, etc., etc. En fait de choses nouvelles, il y a une merveilleuse petite Vierge de Léonard (dans la galerie Litta), des vases admirables de la collection Campana, et surtout un petit sphynx assis (un sujet de lampe) venu des fouilles de Kertch[141] qui est bien une des choses les plus fascinatrices qu'on puisse voir; il est peint et d'une conservation étonnante. J'aurais bien désiré que Viardot eût vu ce sphynx! Puis sont venues les deux lettres chez Annenkoff, et voilà!
Et maintenant, à demain. Mille embrassades à tout le monde.
Der Ihrige,
IV. TOURGUENEFF.
LXVII
Saint-Pétersbourg, vendredi 10 mars 1871.
Chère et bien-aimée madame Viardot,
Je vous avais dit que ma lecture de demain était tombée à l'eau. Malheureusement ce n'était qu'un faux bruit, et je lis en effet, entre Mlle Lovato, chantant: «Ce n'est pas dans le nez que ça me chatouille», et une autre demoiselle de la même force; c'est tout à fait café chantant; mais le but m'étant très sympathique (c'est pour les blessés français, on n'en parle pas sur l'affiche, mais tout le monde le sait...), je passe outre. On a mis mon nom en vedette, et l'on me voit rayonner à côté «d'huîtres fraîches», etc.
J'ai pensé à votre arrivée à Brighton et me suis senti très flatté d'une pareille similitude! Avec tout cela, je crains qu'il n'y ait que fort peu de monde, car le public ici est trop bourré de concerts, tableaux vivants, etc. Demain, je vous dirai le résultat.
Et maintenant parlons de mes faits et gestes. Séance pour les portraits (ils sont achevés maintenant, Dieu merci!), séance pour des photographies (ce n'est pas moi qui paye, je vous prie de le croire!), visites littéraires, pour affaires, visites reçues et rendues; c'est un brouhaha que ma vie ici; et je serai bien content quand je roulerai vers la tranquille Moscou et vers Spasskoïé, plus tranquille encore. Tout cela est nécessaire; mais quand ce sera fini, ce sera bien agriable, comme dit Thérésa.
J'ai dîné hier, jeudi, avec trois jeunes littérateurs, et la conversation a été vive et animée. Nous n'avons bu qu'une bouteille de vin! J'ai dû passer ensuite la soirée chez une femme bien ennuyeuse, que vous connaissez je crois, Mme M..., cette personne qui a de si grosses joues, et elle a été digne de sa réputation. Aujourd'hui, dîner chez un comte A..., pas mal ennuyeux aussi, mais plein de bonnes intentions envers la littérature; il est en train de fonder une vaste entreprise lexico-encyclopédique; il est très riche, et il faut encourager cela (pas la richesse, mais les entreprises). De là, je suis allé dans un autre salon, politico-littéraire aussi, mais d'une couleur un peu plus tranchée, de façon que je me rends compte des différentes nuances de ce qu'on peut appeler l'opinion publique dans la Cara patria. Il y a pas mal de choses que je vous dirai de vive voix.
Samedi soir.
Eh bien, ma chère et bonne madame Viardot, la lecture a eu lieu, mais ça a été autre chose que je n'avais cru. Un peu café chantant, en effet, de la musique exécrable, mais un public énorme, bouillant de jeunesse: apothéose de Garibaldi en tableau vivant, lecture par une dame de Souvenirs d'un séjour parmi les Garibaldiens, déclamation par une grosse dinde, à la voix fêlée, des Deux Grenadiers de Schumann, qui, comme vous vous le rappelez peut-être, se terminent par la Marseillaise; alors explosion de bravos frénétiques, cris de: «Vive la France!» tempête, en un mot, qui a duré dix minutes. Un acteur français a, il est vrai, dit les Deux Gendarmes, mais une actrice française a déclamé les Pigeons de la République, et ce mot a fait courir le frisson habituel.
Quant à moi, je dois avouer que jamais je n'ai été l'objet de pareilles—pardon du mot!—ovations. Je vous le dis parce que je sais que cela vous fera plaisir, et j'ai pensé à vous pendant tout le temps que je me tenais là, confus, rouge, un sourire impassible sur la face, en présence de cette foule qui hurlait... Ça me faisait l'effet d'une grosse pluie d'orage, rapide et violente, qu'on recevrait sur ses épaules nues. J'ai lu le fragment des Mémoires d'un chasseur intitulé Bourmistr; je crois avoir assez bien lu, mes nerfs s'étaient détendus pendant tout ce tapage, et j'étais calme, puis le public était si bienveillant!
Vous voilà revenue de Liverpool; peut-être aurais-je quelque nouvelle de vous demain.
En attendant, mille amitiés. Je vous baise les mains.
IV. TOURGUENEFF.
Saint-Pétersbourg, samedi 11 mars 1871.
Je continue ma lettre, chère madame Viardot.
Après dîner je suis allé au concert de la Société russe. Symphonie nº 3 de Beethoven, assez brutalement jouée, et puis... vous allez vous étonner... et en même temps vous rendrez justice à ma bonne foi: on a donné l'ouverture des Maîtres chanteurs et l'entr'acte, qui m'ont fait le plus grand plaisir! L'entr'acte surtout est grandiose, c'est de la puissante musique, il faut l'avouer. Le public a beaucoup applaudi et l'entr'acte a été redemandé.
Un petit musicien que vous connaissez, et qui se nomme Ch. Lenz, m'a entraîné du concert chez un de nos meilleurs acteurs, M Samoïloff, où je devais rencontrer Rubinstein. Il y était en effet. Il a pris les Allemands (!) en horreur, et veut rester en Russie. Comme il faut toujours qu'il entreprenne quelque chose, il s'est mis en tête de fonder une société, un «Orpheum» ou «Verein», où se réunirait toute l'intelligence artistico-littéraire de Pétersbourg. Cette idée a été longuement débattue, et on a fini par décider qu'on ferait une soirée d'épreuve, jeudi prochain (on a choisi ce jour-là, parce que je pars vendredi), et on a fait des listes d'invitation, des circulaires. J'ai dû signer la circulaire littéraire. Il ne sortira naturellement rien de tout cela; du reste cela ne me regarde pas, puisque je n'habite pas la Russie; mais enfin, cela a amusé Rubinstein, et il est entier en diable et têtu comme un mulet. J'ai rencontré sa femme: elle a très bonne mine; il paraît que son garçon continue à être splendide.
J'ai l'idée de vous envoyer mes textes russes du Gaertner et de Es ist ein schlechtes Wetter. J'ai choisi ces deux-là, comme étant de beaucoup les plus difficiles. Le cheval de la princesse, Blanc de neige, est devenu noir comme l'acier, mais c'est aussi dans la nature.
Faites-vous chanter cela par Mme Gourieff, vous verrez si cela va bien...
J'ai dîné paisiblement chez mon vieux Annenkoff; après dîner, j'ai eu une entrevue avec un monsieur, pour le fermage de mes biens, et peut-être pour la vente de l'un deux. Ce monsieur est un galant homme, que je connais depuis longtemps et qui a de l'argent.
Le tourbillon de Pétersbourg, où je suis tombé et d'où je compte me retirer bien vite, ne me fait oublier un instant ni Londres, ni mon retour, ni tout ce que j'aime au monde, et plus que jamais. Je ne serai heureux que quand j'aurai franchi le seuil de Devonshire Place, 30!
J'ai reçu une lettre de Lewis, qui me parle d'un de vos samedis, auquel il aurait assisté, et d'un autre où il comptait retourner. Il semble vous avoir pris en affection.
A demain, theuerste Freundin. Mille amitiés à tous.
Votre
IV. TOURGUENEFF.
Nous terminons ici la publication des lettres de Tourgueneff à Mme Viardot. L'illustre artiste n'a pas cru possible, pour des motifs divers, de rendre public le reste de la correspondance, plus d'une centaine de lettres se rapportant à la même époque (de 1844 à 1871). Mais les pages publiées—outre leur charme intime—peuvent déjà servir de contribution appréciable à l'étude de la vie intérieure de Tourgueneff qui doit nous intéresser, pour le moins, autant que celle de ses créations.
Des biographes russes ont mis déjà à profit les lettres parues dans mon ouvrage sur Tourgueneff d'après sa correspondance, et ils ont pu élucider certains côtés du problème psychologique et moral que présente l'âme d'un artiste, aussi grand par l'esprit et le cœur, doué d'une aussi rare puissance évocatrice que l'est l'auteur de cette correspondance.
Notre tâche ne fut pas vaine.
E. H.-K.
| Notes sur la transcription |
|---|
| On a effectué les corrections suivantes: |
| Clément Thomas lui-même n'interromptit=>Clément Thomas lui-même n'interrompit |
| le lond du rivage=>le long du rivage |
| que Dieu vons bénisse=>que Dieu vous bénisse |
| Ç'a a été le dernier geste de Socrate mourant=>Ça a été le dernier geste de Socrate mourant |
| elle nous aunonce=>elle nous announce |
| Je viens de m'excercer=>Je viens de m'exercer |
| n'est pas capable de se distraire de sa préoccution=>n'est pas capable de se distraire de sa préoccupation |
| l'engager à aller trouver la tranquilité=>l'engager à aller trouver la tranquillité |
| J'ai donc trentre-quatre ans=>J'ai donc trente-quatre ans |
| Notre voyage est redardé d'un jour=>Notre voyage est retardé d'un jour |
| Voici les quelques lignes que je vous proprose=>Voici les quelques lignes que je vous propose |
| au-desus de la fenêtre=>au-dessus de la fenêtre |
| Mais imaginezvous=>Mais imaginez-vous |
| Wieniaswki a énormément gagné=>Wieniawski a énormément gagné |
| Vanitas vanitum et onmia vanitas!=>Vanitas vanitum et omnia vanitas! |
| A propos, le bruit s'était répaudu ici>=A propos, le bruit s'était répandu ici |
| Je crains bien que mon oncle soit cette muraille et que mes poils chiches vont me sauter au nez.=>Je crains bien que mon oncle soit cette muraille et que mes pois chiches vont me sauter au nez. |
| Avec tout cela, il n'est impossible=>Avec tout cela, il n'est pas impossible |
| Vous voilà donc seul à Bade=>Vous voilà donc seule à Bade |
[1] En septembre 1883.
[2] Voir Ivan Tourgueneff d'après sa correspondance avec ses amis français, par E. Halpérine-Kaminsky (Fasquelle, éditeur).
[3] Poète russe renommé, auteur de Souvenirs sur Tourgueneff.
[4] Terre de Tourgueneff, dans le gouvernement d'Orel.
[5] Le présent recueil contient également les huit lettres que Mme Viardot a bien voulu me communiquer en plus de celles qui constituent le paquet qui lui a été restitué, lettres que j'avais déjà insérées dans le volume: Ivan Tourgueneff d'après sa correspondance avec ses amis français. Toutes les lettres de Tourgueneff à Mme Viardot dont la publication a été autorisée par la destinataire sont donc réunies ici.
[6] M. et Mme Viardot.
[7] L'Opéra de Berlin.
[8] Il s'agit évidemment des compositions de musique de Mme Viardot.
[9] Allusion à la fameuse revue russe le Contemporain, sous la direction du poète Nekrassov et de Panaïev, et dont les principaux collaborateurs étaient, avec Tourgueneff: Tolstoï, Ostrovky, Grigorovitch, le critique Belinsky, etc.
[10] La fille aînée de Mme Viardot, devenue plus tard Mme Heritte.
[11] La langue allemande.
[12] Probablement ses premiers Récits d'un chasseur, parus en 1847 dans le Contemporain.
[13] Mme Garcia, mère de Mme Viardot.
[14] Cousine germaine de Mme Viardot. Cantatrice, élève, je crois, de M. Manuel Garcia, frère de Mme Viardot.
[15] Le frère de Mme Garcia, mère de Mme Viardot.
[16] M. Manuel Garcia.
[17] Fils d'un médecin fameux de l'époque.
[18] L'auteur de: Essence du christianisme, etc.
[19] Critique russe, ami de Tourgueneff et plus tard son exécuteur testamentaire.
[20] Allusion aux superstitions populaires russes qui veulent qu'on crache lorsqu'on constate la bonne santé d'une personne.
[21] M. Garcia, le frère de Mme Viardot, artiste renommé, comme toute la famille Garcia, inventeur du laryngoscope.
[22] Jeu de mots expliqué par les ratures assez nombreuses de cette partie de la lettre.
[23] Romancier, ou plutôt auteur de nouvelles, devenu plus tard célèbre.
[24] Une phrase en espagnol, une en allemand et une en russe contenant le même souhait; la dernière, en caractères russes, signifie: «Portez-vous bien et souvenez-vous de nous.»
[25] La Vie est un songe.
[26] Le Magicien prodigieux.
[27] Louis Viardot traduisit en effet, en collaboration avec l'auteur, plusieurs des nouvelles de Tourgueneff, notamment les Récits d'un chasseur, d'autres sous le titre de Scènes de la vie russe, etc.
[28] Savant naturaliste allemand.
[29] La famille du général comte Serge Kaminsky, fils du maréchal russe qui servit en qualité de volontaire dans l'armée française en 1758 et 1759. Le comte Serge avait habité Orel, ville où est né Tourgueneff.
[30] D'espagnol.
[31] Probablement le Célibataire, comédie en trois actes.
[32] Poète et militant politique allemand qui, sous l'influence des idées de la révolution de Février à Paris, se porta, à la tête d'une colonne d'ouvriers armés, et, à l'aide des révolutionnaires de Bade, pénétra dans la ville, mais fut repoussé par les troupes wurtembergeoises.
[33] En russe: «Je vous en prie.»
[34] Le célèbre écrivain socialiste russe.
[35] On le sait aujourd'hui, le général Lamoricière avait pour mission de conclure une entente entre la République de 1848 et l'empereur Nicolas Ier.
[36] Domestique de M. et Mme Viardot.
[37] Le vieux chien de chasse de M. Viardot.
[38] Il s'agit probablement du romancier russe de ce nom.
[39] Phrase en lettres russes qui signifie: «Comprenez-vous le russe? ou l'avez-vous oublié?»
[40] Cousine germaine de Mme Viardot.
[41] Léonard, célèbre violoniste.
[42] Le frère de Mme Garcia.
[43] Un déjeuner chez le maréchal de la noblesse, la seule comédie en un acte de Tourgueneff, datée de 1849.
[44] Allusion probable à la traduction, faite par l'auteur en collaboration avec Louis Viardot, du Commensal, comédie en deux actes, écrite en 1848, et parue en français sous le titre primitif de le Pain d'autrui dans le volume: Scènes de la vie russe (Paris, 1858).
[45] Critique musical de l'Athenæum de Londres.
[46] Belle-sœur de Mme Viardot.
[47] Gold verdienen, gagner de l'argent (ou de l'or—gold); verdienen—gagner;—dienen—servir.
[48] Le chien de garde.
[49] La vieille cuisinière de Courtavenel.
[50] Petit bois près de Courtavenel.
[51] M. Sitchès.
[52] Général espagnol.
[53] Vieux cheval de M. et Mme Viardot.
[54] Le frère de Mme Viardot.
[55] Un familier de la maison.
[56] A M. Louis Viardot.
[57] La nouvelle de la mort de sa mère a obligé Tourgueneff de partir pour la Russie afin de mettre en ordre les affaires de la succession.
[58] Propriété patrimoniale de Tourgueneff.
[59] La fille de Tourgueneff.
[60] La fille de Tourgueneff confiée par lui à Mme Viardot.
[61] Le célèbre acteur, ami de Gogol et créateur du principal rôle de Revisor (le rôle du maire).
[62] La mère de Mme Viardot.
[63] Le frère et la fille de Mme Viardot.
[64] Nicolas Ier.
[65] Le grand-duc Alexandre Nicolaïevitch, plus tard Alexandre II.
[66] Eugène Vivier, le célèbre corniste improvisateur, homme de beaucoup d'esprit et dont les traits amusaient souvent Tourgueneff et toute la famille Viardot. Les journaux en ont parlé récemment à l'occasion de sa mort.
[67] On sait (voir Tourgueneff d'après sa correspondance, par E. Halpérine-Kaminsky) que Tourgueneff a été exilé dans sa propriété de Spasskoïé à la suite de son article sur la mort de Gogol, en 1852. Cette réclusion a duré jusqu'à la fin de 1854; rendu libre grâce à l'intervention du grand-duc héritier (plus tard Alexandre II), Tourgueneff revint en France.
[68] M. Tutcheff a été un poète d'une rare finesse et de grâce.
[69] Il faut se souvenir que le servage n'était pas encore aboli à cette époque en Russie.
[70] Journal russe, Mme Viardot était à ce moment en représentation à Saint-Pétersbourg.
[71] On se souvient que Tourgueneff a été exilé dans ses terres à la suite de son article sur Gogol.
[72] La fille de Tourgueneff.
[73] Mme Viardot s'était chargée de la surveillance de son éducation.
[74] Roudine, probablement.
[75] Scènes de la vie russe, 2e série, traduite, en collaboration de l'auteur, par Louis Viardot.
[76] A M. Louis Viardot.
[77] L'un des directeurs de la maison d'édition Hachette.
[78] La deuxième série des Scènes de la vie russe.
[79] Xavier Marmier avait traduit un volume des nouvelles de Tourgueneff, sous le même titre de Scènes de la vie russe (1re série).
[80] Un récit de Tourgueneff, qu'il traduisit en commun avec M. Viardot et qui parut dans le recueil: Scènes de la vie russe, en 1858 (2e série).
[81] Autre récit de Tourgueneff.
[82] Idem.
[83] La mort du célèbre peintre Arry Scheffer.
[84] Dans la propriété de Léon Tolstoï, à Yasnaïa Poliana, qui n'est pas très éloignée de Spasskoïé.
[85] Le tableau dont parle Tourgueneff est la fameuse «Apparition du Christ», à laquelle le peintre russe a travaillé pendant plus d'un quart de siècle et qui est son principal titre de gloire.
[86] Représentant russe de l'art académique.
[87] Il s'agit de A la Vielle, roman traduit en français sous le titre de: Un Bulgare.
[88] Les Comités institués par Alexandre II pour préparer la réforme de l'affranchissement des serfs, affranchissement proclamé par l'Empereur le 19 février 1861.
[89] Critique d'art et de littérature allemand.
[90] Pierre Botkine, littérateur et grand ami de Tourgueneff.
[91] Tourgueneff faisait grand cas du jugement littéraire de la comtesse et soumettait parfois à son appréciation ses écrits; bien que portant un nom français, elle est d'origine russe.
[92] Critique littéraire et biographique de Tourgueneff. Il fut plus tard son exécuteur testamentaire.
[93] Le comte Nicolas Milutine, célèbre homme d'État, l'un des principaux artisans de l'affranchissement des serfs et d'autres réformes libérales du règne d'Alexandre II.
[94] Tourgueneff fut accusé de pactiser avec les révolutionnaires russes réfugiés à l'étranger, et il fut mandé par le gouvernement à Saint-Pétersbourg pour se justifier devant une commission du Sénat, érigée pour la circonstance en tribunal suprême.
[95] Les prévisions de Tourgueneff se sont réalisées: Séroff est devenu l'un des plus puissants représentants de l'école musicale russe.
[96] Rognéda est en effet considérée comme le chef-d'œuvre de Séroff.
[97] Pauline Viardot, célèbre cantatrice.
[98] Il s'agit évidemment du récit Assez! le seul publié en 1864.
[99] Chef d'orchestre au Gewandhaus de Leipzig.
[100] La fille de Mme Viardot.
[101] Devenue célèbre depuis.
[102] Titres écrits en caractères russes.
[103] Compositions, sur paroles russes, de Mme Viardot.
[104] Chanteur au théâtre italien.
[105] Fumée.
[106] Publiciste fameux, alors directeur libéral de la revue moscovite le Messager russe. Il devint plus tard réactionnaire et joua un rôle considérable sous le règne d'Alexandre III.
[107] Le public français sait aujourd'hui, par les traductions publiées, la grande valeur de cet écrivain.
[108] Excavations et fondrières de route.
[109] L'oncle paternel de Tourgueneff avait été longtemps l'intendant de ses biens; mais il les avait si mal gérés que Tourgueneff dut, malgré les liens de parenté, confier l'administration de Spasskoïé à un nouveau gérant, tout en indemnisant son oncle d'une forte somme.
[110] Fumée.
[111] Nicolas Rubinstein, frère d'Antoine, également pianiste fameux, et plus tard directeur du conservatoire de Moscou.
[112] Il s'agit de l'Histoire du lieutenant Yergounov.
[113] Les épreuves de Fumée.
[114] L'une des filles de Mme Viardot.
[115] L'héroïne de Fumée.
[116] Tourgueneff; l'architecte en question était un Allemand qui a construit la villa de Tourgueneff à Bade.
[117] Épisodes de Fumée.
[118] De ses œuvres complètes à ce moment.
[119] Christine Nilsson, la célèbre cantatrice, qui avait débuté avec un éclatant succès, en 1864, au Théâtre-Lyrique de Paris.
[120] Le célèbre poète russe, ami de Tourgueneff et de Tolstoï.
[121] En 1838.
[122] Ce Porphyre eut une destinée peu banale: il avait accompagné Tourgueneff en Allemagne en qualité de groom; son jeune maître, s'étant aperçu de ses capacités intellectuelles, le prépara et le fit entrer à la Faculté de médecine de Berlin. Ses études médicales achevées, Porphyre, malgré son titre de docteur, malgré l'invitation pressante de Tourgueneff de rester en Allemagne, où il était amoureux et sur le point d'épouser une Berlinoise,—revint avec Tourgueneff à Spasskoïé et demeura serf de Mme Tourgueneff mère jusqu'à la mort de celle-ci.
[123] Le fils de M. et Mme Viardot.
[124] La chienne.
[125] Guerre et Paix.
[126] Krakamiche le dernier des sorciers, est un des trois contes fantastiques (les deux autres sont: l'Ogre, Conte de fée et Trop de femmes) écrits en français par Tourgueneff, et dont la musique a été composée par Mme Viardot. Pleines de gaieté et d'esprit, ces opérettes ont été représentées à Bade, dans l'intimité de la famille Viardot, et les rôles ont été tenus par les élèves de Mme Viardot, souvent par l'illustre cantatrice, et même par Tourgueneff, qui incarnait l'ogre, le sorcier ou le pacha. Assistaient à ces représentations les nombreux amis ou connaissances de tous les pays qui habitaient à Bade, parfois le roi, plus tard empereur, Guillaume Ier, et la reine de Prusse, ainsi que leur petit-fils, aujourd'hui Guillaume II.
[127] En composant la musique sur un livret de Tourgueneff.
[128] Les deux filles cadettes de M. et Mme Viardot.
[129] «Nous périrons à force de victoires; mais si les Français veulent continuer la guerre... que Dieu leur vienne en aide! la France sera exterminée!»
[130] La famille de Mme Viardot habitait pendant la guerre l'Angleterre.
[131] La femme du grand compositeur russe, auteur de Rognéda, etc.
[132] La fille aînée de Mme Viardot.
[133] Devenue plus tard célèbre.
[134] Opéra de Glinka.
[135] On sait combien la prédiction de Tourgueneff se réalisa: Antokolsky (mort il y a quelques années) est devenu le plus grand sculpteur russe, chef d'une nouvelle école, et sa gloire fut consacrée à l'Exposition universelle de 1878, où, seul parmi les artistes étrangers, il reçut la médaille d'honneur. Plus tard, il fut élu membre étranger de l'Institut de France et eut les plus hautes récompenses en Russie. A rapprocher un autre fait de divination esthétique de Tourgueneff: il avait prédit à Tolstoï sa glorieuse carrière dès le début. En 1854, au moment de l'apparition de l'Adolescence (2e partie de l'ouvrage: Enfance, Adolescence, Jeunesse, traduit en français sous le titre de Mes Mémoires), Tourgueneff écrivit à un ami: «Je me réjouis fort du succès de l'Adolescence. Que Dieu prête longue vie à Tolstoï, et j'en ai le ferme espoir, il vous étonnera tous: c'est un talent de premier ordre.» Voir également, dans la lettre à Mme Viardot du 19 janvier 1864, le jugement de Tourgueneff sur le compositeur Séroff.
[136] Récit de Tourgueneff.
[137] On sait que la publication, en 1847-1850, de ses Récits d'un chasseur avait produit une impression ineffaçable sur le public russe et notamment sur le tzar Alexandre II, libérateur des serfs en 1861. Tourgueneff contribua donc grandement à cet affranchissement.
[138] Depuis, on a connu à Paris ce peintre de réel talent.
[139] Un ami intime de Tourgueneff, mort jeune.
[140] Ermitage, la galerie impériale de tableaux.
[141] Ville en Crimée.
| Extrait du Catalogue de la BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER à 3 fr. 50 le volume | |
|---|---|
| EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 11, RUE DE GRENELLE | |
| ————— | |
| MÉMOIRES—SOUVENIRS—CORRESPONDANCE | |
| CHARLES ALEXANDRE | |
| Souvenirs sur Lamartine. | 1 vol |
| PAUL ALEXIS | |
| Emile Zola. Notes d'un ami. | 1 vol |
| THÉODORE DE BANVILLE | |
| Mes souvenirs. | 1 vol |
| MARIE BASHKIRTSEFF | |
| Journal, | 2 vols |
| ÉMILE BERGERAT | |
| Théophile Gautier. Biographie, entretiens, souvenirs. | 1 vol |
| PHILARÈTE CHASLES | |
| Mémoires, | 2 vols |
| LEON DAUDET | |
| Alphonse Daudet. | 1 vol |
| EUGÈNE DELACROIX | |
| Lettres. | 2 vols |
| ALIDOR DELZANT | |
| Les Goncourt, | 1 vol |
| GUSTAVE FLAUBERT | |
| Correspondance. | 4 vols |
| JULES DE GONCOURT | |
| Lettres. | 1 vol |
| E. ET J. DE GONCOURT | |
| Journal. Mémoires de la Vie litteraire. | 9 vols |
| VICTOR HUGO | |
| Choses vues. | 1 vol |
| PIERRE LANFREY | |
| Correspondance. | 1 vol |
| L. DE MONTLUC | |
| Correspondance de Juarez et de Montluc. | 1 vol |
| PAUL DE MUSSET | |
| Biographie d'Alfred de Musset. | 1 vol |
| HENRI REGNAULT | |
| Correspondance. | 1 vol |
| STENDHAL | |
| Journal, | 1 vol |
| LÉON TOLSTOÏ | |
| Correspondance inédite. | 1 vol |
| IVAN TOURGUENEFF | |
| Correspondance. | 1 vol |
| ÉMILE ZOLA | |
| Correspondance.—LETTRES DE JEUNESSE | 1 vol |
| 4433. — Imp. Motteroz et Martinet, rue Saint-Benoît, 7, Paris. | |