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Lettres à sa fiancée

Chapter 31: Vendredi, 20 décembre.
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About This Book

The volume assembles intimate letters in which Léon Bloy writes to his fiancée with intense spiritual fervor, blending devotional meditation, personal confession of poverty and suffering, and reflections on faith, literature, and friendship. An introductory testimony and a dedication provide a framing voice that evokes the correspondence's religious purpose and familial ties. The letters alternate tender affection and gratitude with sharp critique of social and ecclesiastical failings, offering theological argumentation, autobiographical detail, and literary observation. Together they create a compact portrait of a writer whose love, penitence, and vocation are presented as inseparable elements of his inner life.

Vendredi, 20 décembre.

Ma chère amie, ma bien-aimée,

Hier, mon espérance était vaine, je n’ai pas pu dormir. J’ai passé une nuit horrible et l’abomination des vomissements est à recommencer.

Tout cela est vraiment bien douloureux. Je devrais, aujourd’hui, avoir fini mon travail.

Ne mangeant plus, je m’affaiblis un peu, mais sans souffrir. Ce qui m’est dur, c’est la soif continuelle que je ne puis satisfaire qu’à demi et avec de grandes difficultés. A chaque goutte de liquide, j’ai la sensation d’un coup de couteau dans la gorge.

Quand cela finira-t-il ?

Ma pauvre Jeanne, je crois bien que tu as eu tort, hier soir, avec ton tilleul qui m’a un peu produit l’effet du thé. Je ne suis pas sûr du tout de ce que je dis, mais il me semble que j’aurais eu une nuit meilleure si je n’avais rien pris, comme c’était mon intention.

Ma bien-aimée, je te porte tout au fond de mon cœur et je suis profondément touché de ton dévouement, mais, vois-tu, j’ai eu cet horrible mal deux fois déjà. La première fois, j’ai été, paraît-il, en danger d’en mourir. Eh ! bien, je connais le traitement : boire du lait et vomir, il n’y a pas autre chose.

Au revoir, chérie. J’ai peur de la nuit prochaine, il me semble que ça va moins bien qu’hier.

Elles sont si désespérantes, ces nuits d’insomnie et de douleur !

Ton Léon.

Aide-moi de ta prière.